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Carole Pulcherie-Modestin : le long chemin d’une retraitée vers son héritage guyanais

Née à Paris d'un père Guyanais et d'une mère Française, Carole grandit sans explication sur son métissage. Ce n'est qu'à l'âge de 11 ans qu'elle comprend seule son histoire, dans le silence paternel. Aujourd'hui âgée de 63 ans, retraitée et fière de sa triple culture qu'elle a toujours revendiquée, elle vit à Paris en famille, comme elle en a envie.

Par  Pierre Cisse

" Un jour le frère de mon père qui vivait en Guyane est venu en vacances à la maison avec des produits de là-bas, du rhum, des mangues .... C'est ainsi que j'ai découvert toute une partie de ma famille que je ne connaissais pas parce que mon père n'en parlait pas, il ne parlait pas créole non plus ", c'est donc seule que la jeune Carole âgée de 11 ans se lance dans une découverte de la Guyane à travers les livres de la bibliothèque de son quartier. Elle se risque même à faire un exposé sur le pays de son père en classe de 5ème, histoire de s'approprier cette culture qui l'attire, qu'elle a même l'occasion de découvrir de plus près quelques années plus tard lorsque son père décide de rentrer en Guyane. Elle le suit, elle a 16 ans, elle est émerveillée. Ce n'est qu'une fois le bac en poche que Carole revient à Paris pour travailler.  

" J'ai eu plein de tranches de vie à la RATP, j'ai passé des concours en interne et en 41 ans je suis passée de vendeuse de tickets en station à cadre au service financier ", aujourd'hui retraitée Carole prend enfin le temps de vivre comme elle a toujours aimé le faire, à faire ce qu'elle aime quand elle en a envie, avec son mari maintenant que leurs enfants sont grands et volent de leurs propres ailes.  Elle n'est jamais bien loin d'eux pour leur rappeler de revendiquer haut et fort leur métissage, comme elle l'a toujours fait, n'hésitant pas si nécessaire à remettre les pendules à l'heure : " J'ai l'avantage d'avoir une triple culture, amérindienne et noire du côté de mon père, blanche du côté de ma mère. Je me sens donc légitime pour recadrer aussi bien les blancs que les noirs ". 

Dans le silence d'un père replié sur lui-même, Carole a su trouver le chemin jusqu'à ses racines Guyanaises. Dans ce métissage, elle a su trouver sa vérité, l'affirmer haut et fort, l'assumer, la transmettre à ses enfants. C'est sa plus belle victoire !!! 

Par  Pierre Cisse

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