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Corps non réclamés du CHU : le point sur l’enquête après la garde à vue du gérant de l’espace funéraire du Gosier

L'affaire dite des cadavres du CHU rebondit. Bruno Manco, le gérant de l'espace funéraire Duhamel au Gosier a été placé en garde à vue la semaine dernière. L'enquête préliminaire ouverte par le Parquet de Pointe-à-Pitre pour atteinte à l'intégrité des cadavres s'est étoffée. Elle porte également sur des faits présumés d'escroquerie aggravée, de travail clandestin et d’exercice de pompes funèbres sans habilitation préfectorale.

Par  Eric Stimpfling Carole Petit

Les pompes funèbres Duhamel au Gosier, où étaient entreposés une quinzaine de corps, de personnes décédées du Covid-19 et non réclamées. · ©Eric Stimpfling - Guadeloupe la 1ère
Les pompes funèbres Duhamel au Gosier, où étaient entreposés une quinzaine de corps, de personnes décédées du Covid-19 et non réclamées. · ©Eric Stimpfling - Guadeloupe la 1ère

L’histoire débute le 9 décembre dernier par un signalement du préfet à la procureure de la République de Pointe-à-Pitre. Thierry Devimeux indique à Caroline Calbo que les activités de l’espace funéraire Duhamel au Gosier seraient susceptibles de constituer une atteinte à l’intégrité de cadavres.

Un protocole non respecté par le gérant

Le 28 novembre 2023, cette entreprise avait en effet signé un protocole d’accord transactionnel avec le CHU prévoyant la prise en charge de l’inhumation de 20 personnes contre un paiement de 720 921 euros et 74 centimes. Si le CHU a bien versé l’argent le 18 janvier 2024, Bruno Manco, le gérant de l’espace funéraire, lui n’a jamais respecté sa part du contrat.

Bruno Manco, le gérant des pompes funèbres Duhamel au Gosier. · ©Eric Stimpfling - Guadeloupe la 1ère
Bruno Manco, le gérant des pompes funèbres Duhamel au Gosier. · ©Eric Stimpfling - Guadeloupe la 1ère

De fait, les cadavres de ces personnes indigentes n’ont jamais été inhumés. Pire, leur conservation aurait souffert de plusieurs pannes électriques. À tel point que le 22 octobre 2024, une salariée de l’espace funéraire avait alerté l’Agence régionale de santé d’une odeur de décomposition. Alerte restée sans effet.

L’intervention du préfet et l’ouverture de l’enquête préliminaire

Ce n’est qu’un an plus tard, le 30 novembre 2025 que l’ARS se saisit du dossier à la demande du préfet. Mais le directeur de la sécurité sanitaire se voit alors refuser l’accès à la chambre froide de l’établissement funéraire Duhamel.

Le blocage sera finalement levé le 24 février dernier lors d’une perquisition effectuée par les gendarmes de la brigade de recherche du Moule. 15 cadavres seront découverts au Gosier et 5 autres à Sainte Anne.

Entretemps, le dossier s’est sérieusement étoffé. L’enquête préliminaire est désormais également ouverte pour des faits présumés d’escroquerie aggravée, de travail clandestin et d’exercice de pompes funèbres sans habilitation préfectorale. Des faits pour lesquels Bruno Manco a été interrogé la semaine dernière dans le cadre d’une garde à vue.

Contacté hier soir, ce dernier n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Pourtant au-delà de ce volet juridique, le sort des 51 cadavres n’est lui toujours pas réglé.

En effet, qu’il s’agisse des 20 corps de l’espace funéraire Duhamel ou encore des 31 du CHU, dont 22 enfants, aucune de ses dépouilles n’a pour l’heure été inhumée ou incinéré. La mairie des Abymes continue obstinément de ne pas vouloir appliquer la loi et ce malgré plusieurs relances faites par la Préfecture.

Par  Eric Stimpfling Carole Petit

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Émission du mardi 23 juin 2026
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