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Crise de l'eau en Guadeloupe : entre débrouille et ras-le-bol, les habitants s'organisent face aux interdictions

Après Sainte-Rose, c'est au tour de Lasserre à Morne-à-l'Eau d'être frappé par une interdiction de consommer l'eau du robinet. Des alertes sanitaires à répétition, qui poussent les habitants à adopter des stratégies de survie au quotidien. En toile de fond : un réseau d'eau vieillissant, inadapté aux aléas climatiques.

Par  Alexandre Houda Carole Petit

Joseline, habitante de Morne-à-l'Eau doit utiliser de l'eau en bouteille pour faire la cuisine. 14/09/2025 · ©Bruno Pansiot-Villon - Guadeloupe La 1ère
Joseline, habitante de Morne-à-l'Eau doit utiliser de l'eau en bouteille pour faire la cuisine. 14/09/2025 · ©Bruno Pansiot-Villon - Guadeloupe La 1ère

Vendredi 12 septembre, l'Agence régionale de santé (ARS) a déclaré l'eau impropre à la consommation dans le secteur de Lasserre, à Morne-à-l'Eau. Un nouvel épisode de pollution, qui s'ajoute à une série noire pour les usagers du service public de l'eau en Guadeloupe.

Cette fois encore, les habitants ont dû s'adapter en urgence. Francis, résident du quartier, explique : « On a toujours des packs d'eau en réserve au cas où. Là, j'en ai acheté plusieurs ». Avec sa femme Joseline, ils ont depuis longtemps pris l'habitude de ne plus faire confiance au robinet.

« Je rapporte de l'eau de chez ma fille à Baie-Mahault, et on utilise de l'eau en bouteille pour le brossage des dents, la cuisine. »

Joseline, riveraine

La "débrouille" en guise de réponse locale

Dans d'autres foyers, la situation génère stress et fatigue. « C'est compliqué, surtout avec une enfant en bas âge », souffle Betty, habitante du quartier. Jacqueline, elle, pointe le manque d'anticipation.

« Comme on est dimanche, la mairie n'a rien pu organiser. J'ai dû acheter des packs d'eau. J'espère que lundi, des mesures seront prises. »

Jacqueline, riveraine

Entre solidarité familiale, achats en urgence et systèmes D, les résidents jonglent avec des solutions de fortune, souvent coûteuses et inégalement accessibles.

Un réseau défaillant sous pression climatique

Mais pourquoi ces interdictions se multiplient-elles ? Il y a quelques jours encore, c'était à Sainte-Rose que l'ARS annonçait une eau impropre à la consommation. En toile de fond : un réseau vieillissant et sous-dimensionné, selon Jacques Davila, ancien lauréat national dans le domaine de l'eau potable.

« Le dysfonctionnement chronique du SMGEAG est en cause. Les ouvrages sont obsolètes, inadaptés à l'augmentation des eaux pluviales. Le personnel, insuffisamment formé, n'arrive pas à faire face. »

Jacques Davila, ancien lauréat national de la station d’épuration et de l’eau potable

Les fortes pluies récentes aggravent la situation, provoquant une hausse de la turbidité de l'eau, parfois accompagnée de pics de pollution, comme des taux d'aluminium trop élevés dans les canalisations. Des analyses sont en cours, mais aucune solution pérenne ne semble encore en vue.

D'ici là, la population continue de s'adapter. Tant bien que mal.

Par  Alexandre Houda Carole Petit

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