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Crise de l’eau en Guadeloupe : Jocelyn Sapotille appelle Guy Losbar à mettre en place une régie unique

Dans un courrier adressé au président du Conseil départemental, Jocelyn Sapotille, chef du groupe des élus de Gwadloup Plurielle et Solidaire (GPS), plaide pour la création rapide d’une régie unique de l’eau. Selon lui, seule cette solution permettra de rétablir la confiance des Guadeloupéens et d’assurer un service efficace face à une crise qui fragilise l’archipel depuis trop longtemps.

Par  Carole Petit

Jocelyn Sapotille (à gauche) et Guy Losbar (à droite) lors d'une assemblée politique. · ©Éric Rayapin
Jocelyn Sapotille (à gauche) et Guy Losbar (à droite) lors d'une assemblée politique. · ©Éric Rayapin

La crise de l’eau qui secoue la Guadeloupe dépasse aujourd’hui les seules pannes techniques ou l’usure du réseau. Elle menace la confiance des citoyens envers leurs institutions, estime Jocelyn Sapotille. Dans une lettre datée du 1er septembre 2025, le président du groupe Gwadloup Plurielle et Solidaire (GPS) au Conseil départemental interpelle directement Guy Losbar, président de l’assemblée départementale, et l’invite à engager une réforme décisive.

« Restaurer la confiance des Guadeloupéens »

Pour l’élu, la population est de plus en plus désabusée face aux pénuries récurrentes. Certains en viennent même à penser qu’il faudrait retirer aux élus la gestion de l’eau. Une idée dangereuse, selon lui :

« Éloigner les élus de Guadeloupe des décisions stratégiques reviendrait à livrer notre territoire à des injonctions de la Chambre régionale des comptes : hausse brutale du prix de l’eau, fiscalisation des impayés, affaiblissement du pouvoir d’achat. »

Jocelyn Sapotille, président du GPS et maire de Lamentin

Le risque, ajoute-t-il, serait une double faillite : financière et politique.

La régie unique comme solution « crédible et rapide »

Jocelyn Sapotille propose de s’appuyer sur un dispositif déjà prévu dans les statuts du SMGEAG : la régie unique.Selon lui, ce modèle permettrait :

  • une gouvernance politique sous contrôle des élus guadeloupéens, garants des orientations et de la stratégie ;
  • une exploitation confiée à des professionnels avec un directeur général responsable juridiquement et financièrement devant les élus et révocable en cas d'absence des résultats ;
  • une séparation nette entre l'opérateur chargé du fonctionnement et l'opérateur en charge des investissements, afin de sécuriser l'usage des subventions et des financements publics.

Il souligne que dans certaines communes de Guadeloupe, ce système fonctionne déjà : « Là où la gestion est rigoureuse et transparente, l’eau coule dans les robinets. »

Un appel à l’unité politique

Au-delà des clivages, le président du groupe GPS appelle majorité et opposition à s’asseoir ensemble autour de la table pour « apporter aux Guadeloupéens ce qu’ils attendent : une eau de qualité, disponible chaque jour, dans leurs foyers, leurs écoles, leurs entreprises ».

Alors que la rentrée scolaire s’ouvre dans un climat d’incertitude, Jocelyn Sapotille met en garde : « Laisser familles et élèves dans l’angoisse de la pénurie d’eau serait un échec collectif. »

Par  Carole Petit

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