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Démission de Sébastien Lecornu : Les réactions en Guadeloupe

Après l'annonce de la démission du Premier ministre, Sébastien Lecornu, 14 heures après avoir annoncé son gouvernement, en Guadeloupe, responsables politiques de tous bords y voient le symptôme d’une crise institutionnelle majeure et s’inquiètent de ses répercussions sur le pays.

Par  Rédaction Guadeloupe La 1ère

Sébastien Lecornu, Premier ministre depuis le 9 septembre dernier, a donné sa démission, ce lundi 6 octobre 2025 · ©STEPHANE MAHE / POOL
Sébastien Lecornu, Premier ministre depuis le 9 septembre dernier, a donné sa démission, ce lundi 6 octobre 2025 · ©STEPHANE MAHE / POOL

C'est une déflagration politique... Quelques heures à peine après avoir formé son gouvernement, Sébastien Lecornu a remis lundi (6 octobre) sa démission à Emmanuel Macron, sous le feu des critiques et fragilisé de l'intérieur par la fronde des Républicains de Bruno Retailleau.

Le locataire de Matignon, nommé le 9 septembre et qui devait tenir son premier Conseil des ministres à la tête du gouvernement dans l'après-midi, s'est rendu aux premières heures de la matinée à l'Élysée pour remettre sa démission au président, qui l'a acceptée, selon un communiqué de la présidence.

"Les conditions n'étaient plus remplies" pour rester Premier ministre, a-t-il déclaré un peu plus tard dans la cour de Matignon, regrettant "les appétits partisans" qui ont conduit à sa démission, une allusion claire à Bruno Retailleau, qui dimanche soir a précipité sa chute en remettant en cause la participation des Républicains au gouvernement à peine celui-ci formé.

Les partis politiques "continuent d'adopter une posture comme s'ils avaient tous la majorité absolue", a déploré Sébastien Lecornu, reconnaissant que son offre de renoncer au 49.3 pour redonner la main au Parlement n'avait "pas permis ce choc de se dire qu'on peut faire différemment".

Il s'agit du gouvernement le plus bref de la Ve République, à peine plus d'une douzaine d'heures. Sa chute plonge la France dans une crise politique sans précédent depuis des décennies.

En Guadeloupe, les réactions ne se sont pas fait attendre.

Pour Olivier Nicolas, Premier secrétaire de la fédération socialiste de Guadeloupe, la responsabilité du chef de l'Etat est engagée.

« Le président de la République a pris une lourde responsabilité en plongeant le pays dans l'instabilité gouvernementale et, depuis lors, son refus obstiné d'accepter le verdict populaire et de modifier le cours de la politique en nommant un premier ministre de gauche fait qu'aujourd'hui, le macronisme est à l'os. »

Olivier Nicolas, premier secrétaire de la fédération socialiste de Guadeloupe

Même constat du Parti communiste guadeloupéen. Son secrétaire, Félix Flemin y voit la confirmation d'une crise plus profonde.

« Le président est dans sa logique; il représente une classe. Il est le chef de l'État, il représente la classe des possédants, la classe des capitalistes, et il fait son job au service de ceux qui l'ont élu. »

Félix Flémin, secrétaire du PCG

Pour Christian Baptiste, député, cette démission illustre un effondrement du pouvoir en place.

« La démission de Lecornu, c'est la Macronie effondrée. La responsabilité n'est pas uniquement celle de la Macronie, mais aussi celle de LR, à travers Retailleau qui s'est construit dans cette bordélisation. Il faut trouver des solutions... Je crois que les Français ont besoin qu'on leur apporte des solutions. Et aujourd'hui, je crois que les forces progressistes et humanistes sont disponibles pour pouvoir exercer ce pouvoir. »

Christian Baptiste, député

Michel Tola, représentant de La France Insoumise en Guadeloupe se dit surpris par la rapidité des événements, tout en appelant à un retour aux urnes.

« Je ne m'attendais à ce que ce soit aussi rapide. Il a été censuré lui-même, alors que le mouvement de La France Insoumise comptait déposer la motion de censure dès lors qu'il présenterait son discours de politique générale. C'est soit comme le demande la France Insoumise, que la motion de destitution soit examinée par le bureau de l'Assemblée nationale, ou que M. Macron puisse de lui-même, en étant un peu gaulliste, démissionner et permettre au peuple de revenir aux urnes, afin que la politique que cette population souhaite puisse s'exprimer à travers les élections présidentielles. »

Michel Tola, représentant de LFI

Le député Max Mathiasin, quant à lui, appelle les élus guadeloupéens à prendre leurs responsabilités face à l’incertitude politique hexagonale.

« Quand je vois la situation de la France, je vois la situation de la Guadeloupe. Cela m'amène à une réflexion, me disant que, dans la période que nous allons vivre, nous allons passer par des tumultes extraordinaires et c'est la raison pour laquelle je n'hésite pas à dire non seulement aux Guadeloupéens mais surtout aux élus guadeloupéens : région, départements, maires, nous ne devons pas rester inactifs. »

Max Mathiasin, député

Enfin, du côté des Républicains de Guadeloupe, Dune Férus estime que la situation actuelle impose une réponse institutionnelle forte.

« Maintenant, il appartiendra au président de la République de tirer les conséquences de ses propres inconséquences, à savoir dissoudre l'Assemblée nationale, activer l'article 12. Il l'a fait en 2024, à un moment où cela ne s'imposait pas politiquement, mais l'obligation aujourd'hui de le faire, puisque la situation politique l'exige, faute de quoi, je le dis, il faudra et il devra envisager la démission. Nos institutions sont aujourd'hui bloquées. Pour les débloquer, il faut, à mon avis, retourner devant les électeurs. »

Dune Férus, président LR Guadeloupe

Par  Rédaction Guadeloupe La 1ère

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