L’exercice repose uniquement sur les données de 2023, ce qui implique un décalage avec la situation actuelle vécue par les Guadeloupéens. Pour autant, le rapport permet d’établir un état des lieux chiffré précis.
Pour la première fois depuis 2014, les prélèvements d’eau dans le milieu naturel reculent de 4 %, soit 4,8 millions de mètres cubes. Une baisse qui pourrait traduire les premiers effets des chantiers de réparation engagés sur le réseau, même si cette tendance doit être confirmée dans le temps.
Autre évolution notable : Petit-Bourg fournit désormais près d’un tiers de l’eau distribuée sur le territoire, devenant de facto le nouveau "château d’eau" de la Guadeloupe, en lieu et place de Capesterre-Belle-Eau.
Des pertes toujours massives sur le réseau
Le rapport souligne également une amélioration du rendement du réseau du SMGEAG, avec une baisse de 11 % du taux de pertes. Un progrès réel, mais à nuancer fortement puisque 58 % de l’eau mise en distribution est encore perdue, soit plus d’un litre sur deux qui s’échappe dans la nature avant d’arriver au robinet. Un chiffre qui illustre l’ampleur des investissements encore nécessaires pour moderniser un réseau vieillissant.
Des impayés en forte hausse
Parmi les indicateurs les plus préoccupants figure celui des impayés, en nette augmentation en 2023. 38,2 % des abonnés du SMGEAG ne règlent pas leurs factures, un niveau sans commune mesure avec celui observé dans l’Hexagone, où le taux d’impayés n’excède pas 2 %. Une situation qui fragilise lourdement l’équilibre financier du service public de l’eau.
L’assainissement, une bombe à retardement
C’est sur le volet de l’assainissement collectif et non collectif que le constat est le plus alarmant. En 2023, la situation s’est encore dégradée : 11 des 18 stations d’épuration de Guadeloupe ne sont pas conformes à la réglementation.
Certaines infrastructures héritées lors du transfert de compétences au SMGEAG étaient à l’arrêt ou en état de délabrement avancé. "Il faut pratiquement reconstruire certaines stations", reconnaît Dominique Laban, directeur général par intérim du SMGEAG. La programmation pluriannuelle des investissements (PPI) est en cours de réexamen afin de rééquilibrer les financements, jusque-là largement orientés vers la distribution de l’eau, au détriment de l’assainissement.
Des milieux naturels menacés
Pour Sylvie Gustave dit Duflo, présidente du comité de l’eau et de la biodiversité, la dégradation des milieux aquatiques est désormais inexorable. "Il n’y a plus aucun cours d’eau en très bonne qualité", alerte-t-elle, évoquant des atteintes écologiques parfois irréversibles.
Au-delà de l’environnement, les enjeux sanitaires et économiques sont considérables. La qualité des rivières, des cascades et des eaux côtières conditionne directement les usages, la baignade et l’attractivité touristique de la Guadeloupe.
Comparant la situation de la Guadeloupe à celle du Guyana, le préfet Thierry Devimeux a tenu à souligner l’ampleur du chemin restant à parcourir. Le rapport 2025 met en lumière une crise structurelle de l’eau, qui nécessite des investissements massifs, une gouvernance renforcée et une mobilisation collective. Car au-delà des chiffres, c’est le devenir même du territoire et de ses ressources naturelles qui est aujourd’hui en jeu.
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