Les sargasses sont présentes aux quatre coins de l'archipel guadeloupéen et, par endroits, la situation devient intenable.À Saint-François, dans un large périmètre qui entoure la plage des Raisins Clairs, les riverains, les commerçants et les autres usagers vivent difficilement une situation qui, au fil des mois, empire. Non loin d’eux, des sargasses sont stockées à ciel ouvert. En effet, après leur ramassage, ces algues sont entreposées par tonne sur le littoral. Or, on le sait, elles deviennent particulièrement nuisibles deux jours après leur échouement : des gaz toxiques (H2S et NH3) s’en dégagent et constituent un risque sanitaire au détriment des populations, sans compter l’impact également néfaste sur l’environnement.
Par exemple, dans la boulangerie du coin, les émanations nauséabondes des sargasses se mêlent à l’odeur du pain et des croissants sortis du four. C’est ainsi 24h/24, nous a confié la gérante. À côté de sa caisse, une pétition a été placée en évidence ; elle est titrée "Pétition contre le dépôt illégal de sargasses sur la plage de Raisins Clairs (Saint-François) ". Les clients signent le document sans hésiter.La sentence est la même dans les autres commerces du petit centre commercial de Crystal Beach.
« C'est un enfer. Tout simplement, c'est un enfer. C'est une horreur. Le soir, on termine, on a les sinus qui brûlent, la gorge qui gratte, les poumons... c'est la totale. C'est horrible. C'est une horreur. »
Séverine Davant, gérante d'une supérette
Quant aux habitants, c’est nuit et jour qu’ils subissent cette pollution.
« Tous mes voisins, tous les habitants de la proximité, nous sommes dans une grande souffrance. »
Riverain
« Autour, il y a quand même des écoles, il y a le stade, des infrastructures sportives. C'est vraiment nocif pour la population. Il faut faire quelque chose ! »
Riveraine
Le maire de Saint-François est venu à la rencontre des personnes spontanément mobilisées à côté de l’amas de sargasses. Justement, les usagers voulaient des éclaircissements : pourquoi entreposer toutes ces sargasses si près des habitations, des commerces et des installations sportives, ont-ils demandé ? D’où cet échange :
« En France, en Bretagne, s’il y a un problème d'algues, on règle ça en huit jours, en quinze jours et on fait la Une tous les journaux. »
Riveraine
« Le stockage et la gestion des sargasses, c'est la responsabilité de l'État. Donc ce n'est pas le maire de Saint-François qui a décidé unilatéralement de stocker ici. »
Jean-Luc Périan, maire de Saint-François
Promesse a été faite : il s’agit de trouver un nouveau lieu de stockage, qui respecte les recommandations de l’Etat, dans les plus brefs délais.Jean-Luc Périan va plus loin : une solution pérenne serait dans les tuyaux.
« Le 25 septembre, le sous-préfet et le BRGM viennent en maire, lors de mon conseil municipal, pour nous présenter un projet innovant. Saint-François sera un site pilote, ce sera une expérience unique. Il y aura une solution de ramassage, de stockage et de traitement. »
Jean-Luc Périan, maire de Saint-François
Cette information n’est pas tombée dans l’oreille de sourds...
REPORTAGE/Reporteur : Patrice GonfierReporteur d’images : Christian DanquinMontage : Thierry GayadineMixeur : Teddy Artis
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Par Nadine Fadel , Patrice Gonfier
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