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Les Etats-Unis frappent un nouveau bateau de "narcoterroristes" vénézuéliens

Au nom de la lutte contre le narcotrafic, les Etats-Unis frappent des navires vénézuéliens accusés de transporter de la drogue, dans la Caraïbe. Trois personnes auraient encore été tuées, lundi, dans une telle attaque américaine. Caracas menace de riposter, accusant Washington d’ "agression". Les tensions montent dangereusement entre les deux pays...

Par  Nadine Fadel , AFP

La tension monte entre Nicolas Maduro et Donald Trump, sur fond de frappes américaines sur des navires vénézuéliens supposés appartenir à des narcotraficants. · ©Jesus Vargas / Alex Brandon / AP
La tension monte entre Nicolas Maduro et Donald Trump, sur fond de frappes américaines sur des navires vénézuéliens supposés appartenir à des narcotraficants. · ©Jesus Vargas / Alex Brandon / AP

L'armée américaine a à nouveau frappé, hier (lundi 15 septembre 2025), un bateau dans la Caraïbe. L’annonce a été faite par Donald Trump, pour qui le navire était utilisé par des "narcoterroristes" vénézuéliens, pour transporter de la drogue vers les Etats-Unis. Cette information tombe alors que Caracas accuse Washington de préparer une "agression" à "caractère militaire" contre le Venezuela.

Trois "narcoterroristes" tués

Une première frappe américaine, contre un bateau présenté comme appartenant à des trafiquants, avait, selon le président des Etats-Unis, fait onze morts, le 2 septembre dernier, dans les Caraïbes. Cela, dans un contexte où des forces militaires américaines sont déployées dans la zone, au nom de la lutte contre les cartels de la drogue.

Donald Trump a précisé, sur sa plateforme Truth Social, que la nouvelle frappe s'était produite lundi matin, "dans la zone de responsabilité du Southcom", le commandement militaire des Etats-Unis pour l'Amérique du Sud et les Caraïbes. Elle a tué trois "narcoterroristes" vénézuéliens, a-t-il affirmé dans un message accompagné d'une vidéo montrant un bateau se transformer en boule de feu.

Image tirée d'une vidéo diffusée le 15 septembre 2025, d'un navire qui brûle suite à une frappe militaire américaine, contre un navire supposé appartenir à un cartel de la drogue vénézuélien faisant route vers les États-Unis. · ©Truth Social / Reuters
Image tirée d'une vidéo diffusée le 15 septembre 2025, d'un navire qui brûle suite à une frappe militaire américaine, contre un navire supposé appartenir à un cartel de la drogue vénézuélien faisant route vers les États-Unis. · ©Truth Social / Reuters

Dans des remarques devant la presse, le président américain a affirmé avoir "les preuves" que le bateau transportait de la drogue.

« Tout ce qu'il y a à faire, c'est regarder le chargement [du bateau], éparpillé dans l'océan, des gros sacs de cocaïne et de fentanyl [un puissant opioïde de synthèse responsable d'une grave crise sanitaire aux Etats-Unis] de partout. »

Donald Trump, président des Etats-Unis d’Amérique

Hausse des tensions

Les tensions entre Washington et Caracas ont redoublé, ces dernières semaines, après que l'armée américaine a déployé sept navires de guerre dans les Caraïbes et un autre dans le Pacifique.Les Etats-Unis accusent le président vénézuélien Nicolas Maduro d'être à la tête d'un réseau de trafic de drogue, le Cartel des Soleils, dont l'existence est sujette à débats. Ils ont doublé la récompense offerte pour sa capture à 50 millions de dollars.Il y a "une agression en cours à caractère militaire et le Venezuela est habilité par les lois internationales à y répondre", a lancé Nicolas Maduro, lors d'une conférence de presse, lundi. Le pays exercera son "droit légitime à se défendre", a-t-il prévenu.Il a qualifié les accusations américaines de "mensonges", affirmant que la cocaïne exportée vers les Etats-Unis, premier consommateur mondial, transitait principalement par le Pacifique et les ports d'Equateur.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro montre une carte des Amériques, lors d'une conférence de presse, à Caracas, pour démontrer que la drogue n'afflue pas majoritairement de son pays - 15/09/2025. · ©Jesus Vargas / AP
Le président vénézuélien Nicolas Maduro montre une carte des Amériques, lors d'une conférence de presse, à Caracas, pour démontrer que la drogue n'afflue pas majoritairement de son pays - 15/09/2025. · ©Jesus Vargas / AP

Des frappes américaines au Venezuela possibles ?

Le président vénézuélien a également accusé les Etats-Unis de vouloir "provoquer un changement de régime pour s'emparer des immenses richesses pétrolières et gazières du Venezuela".Les spéculations selon lesquelles l'administration Trump se préparerait à mener des frappes ciblées contre des cartels de la drogue latino-américains, y compris au Venezuela, vont bon train.Le milliardaire républicain s'est refusé à les démentir dimanche. "On va voir ce qui passe", a répondu Donald Trump aux journalistes qui lui demandaient si des frappes en territoire vénézuélien étaient possibles.

« Le Venezuela nous envoie ses membres de gangs, ses dealers et ses drogues. Ce n'est pas acceptable. »

Donald Trump, président des Etats-Unis d’Amérique

Dans une interview sur Fox News, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a, quant à lui, défendu la première frappe contre le bateau, qui se trouvait dans les eaux internationales, soulevant des questions sur sa légalité.

« Nous sommes certains à 100% que ce bateau était impliqué dans le trafic de drogue (...). Certains de ces bateaux doivent se faire pulvériser. »

Marco Rubio, secrétaire d'Etat américain

Marco Rubio affirme que le nombre de navires transportant de la drogue destinée aux Etats-Unis avait nettement reculé depuis cette première frappe.

Nicolas Maduro a déclaré que les communications avec Washington étaient rompues, du fait de "l'agression" américaine, mettant particulièrement en cause Marco Rubio, un fervent détracteur, qualifié de "seigneur de la mort et de la guerre". Le président vénézuélien a appelé, ces dernières semaines, la population à s'enrôler dans la milice, un corps très politisé créé par l'ex-président Hugo Chavez (1999-2013). Il a aussi annoncé le déploiement de 25.000 membres des forces armées aux frontières.

Par  Nadine Fadel , AFP

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Émission du mardi 01 septembre 2026

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