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Lutte contre les sargasses : le maire de Basse-Terre propose l’instauration d’une opération d’intérêt national (OIN)

Dans une tribune parue la semaine dernière, le maire de Basse-Terre évoque la gestion des algues sargasses en Guadeloupe. Selon André Atallah, il s’agirait de déclarer la lutte contre ces algues comme étant une opération environnementale d’intérêt national. Il en appelle à l’Etat.

Par  Peggy Robert Nadine Fadel

Bateau complètement englué par les sargasses au port de pêche de Sainte-Marie de Capesterre-Belle-Eau. · ©Ronhy Malety
Bateau complètement englué par les sargasses au port de pêche de Sainte-Marie de Capesterre-Belle-Eau. · ©Ronhy Malety

"Aux grands maux les grands remèdes" ! Dans une tribune datée du 14 août 2025, le maire de Basse-Terre propose de "déclarer la lutte contre l’invasion des sargasses aux Antilles comme Opération environnementale d’intérêt national".Le fait est que le préjudice des échouements, de la décomposition et des émanations toxiques des algues est considérable, tant au détriment de la biodiversité locale, que de l’environnement, de l’économie locale, de l’attractivité touristique, ou encore de la santé des populations. Ainsi, André Atallah appelle l’Etat à instituer un dispositif, inspiré d’une Opération d’intérêt national (OIN), qui existe déjà dans le code de l’urbanisme.

« Lorsque vous avez un projet qui dépasse le périmètre d'une commune ou d'une intercommunalité et qu'on considère que c'est quelque chose d'assez important, on peut passer par ce dispositif qui s'appelle "opération d'intérêt national". Il y a un décret pour la mettre en place et je l'ai un tout petit peu modifié en y mettant le côté environnemental ; c'est-à-dire que ça serait une opération environnementale d'intérêt national, comme des dispositifs ont déjà été mis en place en France sur des projets structurants. Ça fait plus de dix ans que nous sommes envahis par les sargasses. Ce n'est pas lié à une activité locale, ce ne sont pas des déchets, etc. Ça nous arrive dessus ! Et, vu les conséquences que ça a (à la fois au niveau environnemental, au niveau santé, au niveau financier), je pense qu'effectivement il faut y mettre les gros moyens. »

André Atallah, maire de Basse-Terre

Plus que des moyens financiers

Les sargasses échouent sur les côtes de Guadeloupe depuis 2011 ; depuis 14 ans donc.En plus des dégâts et des nuisances qu’elles génèrent, les collectivités territoriales s’échinent à ramasser ces algues au fur et à mesure qu’elles envahissent les littoraux ; ces opérations sont très coûteuses et sans fin, tant les volumes sont conséquents, tandis que les échouements sont aléatoires et récurrents.

Dans ce contexte, le maire de Basse-Terre vante le dispositif OIN, qui présente des avantages au-delà de l’aspect financier.

« Des soutiens financiers, il y en a. L'État vient de mettre, sur les trois ans qui arrivent, près de 30 millions sur cette affaire, pour soutenir les communes et les collectivités majeures. Mais on voit bien que le dossier nécessite un projet. Le dispositif OIN sera beaucoup plus large, beaucoup plus ambitieux. Non seulement il y a la partie financière et logistique, mais il y a également une coopération, une coordination à instaurer. »

André Atallah, maire de Basse-Terre

Une coopération à l’échelle de la Caraïbe

André Atallah estime qu’une coopération internationale, avec les autres pays de la Caraïbe impactés par les sargasses, s’impose. Les "gros moyens" qu’il appelle de ses vœux iraient notamment à la recherche.

« Ça dépasse juste le côté local. À l'image de certains dispositifs qui ont été mis en place, vu l'importance de ce dossier, je propose aux parlementaires de voir si ce dispositif de lutte contre l'invasion des sargasses ne pourrait pas rentrer dans ce dispositif OIM. »

André Atallah, maire de Basse-Terre

L’élu s’appuie, pour sa proposition, sur quelques exemples d’opérations existantes.

« Il y a eu déjà des dispositifs, donc ce n'est pas quelque chose de nouveau. Lorsque l'État considère des projets comme étant structurants ou importants, ils peuvent faire l'objet d’une OIM. Par exemple, un dispositif ultramarin qui rentre dans ce cadre est l'opération Guyane Territoire d'Avenir en Outre-mer ; il s’agit d’un aménagement prévu à réaliser. Il y a également le dispositif Paris-Sarclay, il y a eu l'écho-vallée à Nice, il y a eu Eure Atlantique à Bordeaux. C'est vrai que ce sont surtout des dispositifs en termes d'aménagement du territoire. Cette fois, je propose qu’on ait cette ambition environnementale. Un décret le permet ; appliquons-le pour la Guadeloupe et je le sollicite pour la Martinique, dont les élus sont partants. »

André Atallah, maire de Basse-Terre

L’OIN est surtout vue comme un dispositif d’aménagement et d’urbanisme. Il est adapté pour des réalisations complexes sur des sites à fort potentiel. Dans ce cadre, l’Etat s’engage à faire émerger des projets d’envergure nationale, autour d’une gouvernance partenariale.

Par  Peggy Robert Nadine Fadel

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