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Manque de moyens humains et matériels, épuisement, absence de dialogue social... deux syndicats de police se mobilisent en Guadeloupe

Les policiers nationaux de Guadeloupe, affiliés à Unité 971 et Alliance, prennent la population à témoin : ils ne peuvent assurer la sécurité des citoyens dans les conditions actuelles, ont-ils affirmé, ce lundi matin, lors de deux rassemblements organisés à Capesterre-Belle-Eau et aux Abymes. Ils manquent de moyens et, pour remplir leur mission, ils s’épuisent, selon les deux syndicats. De plus, rien n’aurait été anticipé pour l’arriver des renforts de l’OFAST.

Par  Nadine Fadel Olivier Duflo

Mobilisation du syndicat de police Unité 971, au rond-point de la Kassaverie, à Capesterre-Belle-Eau - 29/09/2025. · ©Unité 971
Mobilisation du syndicat de police Unité 971, au rond-point de la Kassaverie, à Capesterre-Belle-Eau - 29/09/2025. · ©Unité 971

Les policiers nationaux étaient mobilisés sur deux fronts, ce lundi matin (29 septembre 2025). Ces personnels, censés être les garants de la sécurité des citoyens en Guadeloupe, dénoncent les conditions de travail dans lesquelles ils remplissent leur mission, sans moyens et quelque peu mis sous pression par leur direction, selon deux syndicats.

Deux rassemblements pour dénoncer le manque de moyens

Des policiers affiliés au syndicat Unité 971 se sont mobilisés aux aurores, sur la RN1, au niveau du rond-point de la Kassaverie, à Capesterre-Belle-Eau. Ils distribuaient des tracts, pour sensibiliser la population aux mauvaises conditions dans lesquelles ils travaillent. Ils ont ensuite défilé jusqu'à la mairie de la commune, dans le bourg.

Mobilisation du syndicat de police Unité 971, entre le rond-point de la Kassaverie et la mairie de Capesterre-Belle-Eau - 29/09/2025. · ©Unité 971
Mobilisation du syndicat de police Unité 971, entre le rond-point de la Kassaverie et la mairie de Capesterre-Belle-Eau - 29/09/2025. · ©Unité 971

Les acteurs d’Unité 971 pointent la responsabilité du directeur général de la police nationale, accusé d’infliger, à leur corps de métier, de "mauvais traitements".

« Nos effectifs sont insuffisants, nos moyens matériels dérisoires et nos conditions de travail ne cessent de se dégrader. Cette situation met en danger les policiers, mais aussi la sécurité de la population guadeloupéenne. »

Unité 971 (extrait de communiqué de presse)

Dans le même temps, d’autres collègues, affiliés eux à Alliance police nationale, se sont positionnés à l’entrée du site du Morne Vergain, aux Abymes, où siège la Direction territoriale de la police nationale (DTPN). Ces fonctionnaires se sont eux aussi rassemblés pour dénoncer le manque de moyens humains et matériels dont ils disposent pour assurer pleinement leur mission : protéger les Guadeloupéens.

Mobilisation du syndicat Alliance police nationale, au morne Vergain, aux Abymes - 29/09/2025. · ©Olivier Duflo
Mobilisation du syndicat Alliance police nationale, au morne Vergain, aux Abymes - 29/09/2025. · ©Olivier Duflo

Comme l’autre syndicat, Alliance estime que la police nationale est en "grand danger en Guadeloupe", car "sans effectifs, ni moyens, la sécurité de tous est menacée".

« Nos conditions actuelles ne nous permettent pas de traiter vos plaintes avec l’attention qu’elles méritent. »

Alliance police nationale (extrait d’un tract)

Des conditions d’accueil de renforts décriées

Alliance dénonce aussi l’accueil réservé aux nouveaux agents venus en Guadeloupe pour renforcer les effectifs de l’office anti-stupéfiants (OFAST) ; ces derniers doivent prendre leurs fonctions mercredi, le 1er octobre. Ces moyens humains doivent contribuer à la lutte contre la délinquance, le trafic de drogue et la circulation d’armes à feu dans l’archipel.Seulement voilà : rien n’aurait été prévu, par la DTPN, pour qu’ils soient pleinement opérationnels dès leur arrivée.

« On dénonce l’action brutale de la DTPN, qui veut mettre en place une réorganisation des services, à l’arrivée des effectifs de l’OFAST. Ils vont arriver dans le département alors que la DTPN n’a pas mis en œuvre les conditions d’accueil de ces personnels, que ce soit au niveau logistique, ou de locaux. Ces effectifs ne seront pas opérationnels. Pourquoi ? Parce que la DTPN n’a pas anticipé les conditions d’accueil de ces arrivants. »

Claude Jeannet, secrétaire départemental d’Alliance police nationale Guadeloupe/Saint-Martin
Claude Jeannet, secrétaire départemental d’Alliance police nationale Guadeloupe/Saint-Martin · ©Olivier Duflo
Claude Jeannet, secrétaire départemental d’Alliance police nationale Guadeloupe/Saint-Martin · ©Olivier Duflo

Alliance explique que des agents déjà en poste sont arbitrairement déplacés, afin de libérer des bureaux, par exemple ; certains seraient même affectés à d’autres services, du jour au lendemain. Pour les officiers de police judiciaire mobilisés, faute de moyens suffisants, les renforts de l’OFAST ne pourront agir.

D’une manière générale, la DTPN est accusée d’instaurer un climat néfaste, au sein de la police nationale en Guadeloupe. Les agents et officiers se plaignent d’absence de dialogue, d’être en souffrance, de souffrir d’épuisement ; cela, au sein de tous les services (PAF, PJ, commissariats de Pointe-à-Pitre et de Capesterre, etc.).

Par  Nadine Fadel Olivier Duflo

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