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Air Antilles, à la croisée des chemins : sous licence temporaire jusqu'au 30 septembre, elle joue sa survie

Confrontée à une licence d’exploitation renouvelée au fil des mois seulement, Air Antilles se trouve dans une situation critique. Son avenir dépend désormais de l’arrivée de nouveaux investisseurs — une mission que porte notamment Louis Mussington, président de la collectivité de Saint‑Martin, principale actionnaire. La société a jusqu'à demain pour obtenir l'autorisation de voler et trouver de nouveaux capitaux.

Par  Carole Petit Erick Bagassien

 ATR d'Air Antilles Express sur la piste de l'aéroport Princess Juliana à St Martin · ©Jean-Claude Samyde
ATR d'Air Antilles Express sur la piste de l'aéroport Princess Juliana à St Martin · ©Jean-Claude Samyde

Depuis la reprise de ses vols, Air Antilles n’a cessé d’osciller entre espoirs et fragilités. La compagnie aérienne est certes repartie, mais elle opère sous une licence temporaire, renouvelée à court terme — une situation instable qui inquiète ses futurs partenaires financiers.

Louis Mussington, président du conseil d’administration d’Air Antilles et de la collectivité de Saint‑Martin, multiplie les allers-retours Paris–Saint-Martin pour trouver des investisseurs prêts à injecter entre 10 et 15 millions d’euros. C’est l’unique façon, selon lui, de consolider le capital de la compagnie et de convaincre les autorités de lui accorder une licence permanente. Jusqu’à présent, plusieurs groupes auraient manifesté leur intérêt — mais aucun ne s’est engagé formellement face à l’incertitude réglementaire.

Le pari des investisseurs : interrogations et opportunités

La collectivité de Saint-Martin, actionnaire majoritaire, a déjà investi plus de 20 millions depuis la relance de la compagnie, mais elle ne peut porter seule l’effort financier. Le contexte antillais rend la compagnie stratégique pour le désenclavement des îles, ce qui confère un statut sensible à l’équilibre entre soutien public et exigences financières.

Quelques investisseurs privés seraient sur les rangs. Mais la signature d’un accord dépendra de la capacité d’Air Antilles à sécuriser sa licence, à présenter un plan industriel crédible, et à garantir une gouvernance stable.

« Nous poursuivons effectivement le travail avec des investisseurs sérieux qui ont manifesté leur intérêt. Le president Mussington est fortement impliqué et nous travaillons de concert à faire aboutir les perspectives qui s’offrent à nous. »

Samuel Braconnier, DG Air Antilles

En parallèle, des options comme la vente d’avions via des mécanismes de sale & leaseback — c’est-à-dire céder la propriété pour en conserver l’usage — ont été évoquées. Mais Louis Mussington y est farouchement opposé : « Si nous vendons nos avions, nous les perdons, et cela fragilise notre autonomie. »

L’enjeu de la licence permanente : clef de la crédibilité

Sans licence définitive, la crédibilité d’Air Antilles reste fragile. Les investisseurs hésitent à s’engager dans un transporteur aérien sans visibilité réglementaire à moyen terme.

La direction indique qu’une communication officielle aura lieu dès que les choses se préciseront. En attendant, le temps joue contre Air Antilles : son avenir repose désormais sur deux piliers indissociables, la délivrance d’une licence permanente et l’entrée dans son capital d’investisseurs solides.

Par  Carole Petit Erick Bagassien

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