Voilà un avis qui nuira aux activités des professionnels du tourisme des pays de la Caraïbe et de l’Amérique latine, en pleine haute saison touristique : l’organisation non gouvernementale (ONG) ACLED* déconseille aux voyageurs de se rendre dans cette zone. Davantage de violence y est à prévoir en 2026, selon cet opérateur, dans un contexte de pression américaine sur le narcotrafic notamment. L’insécurité va se répandre dans une partie de l'Amérique latine et les Caraïbes l’an prochain, sous le double effet de l'augmentation des activités criminelles et du durcissement de la réponse des États, entraînés par les États-Unis, affirme l’ACLED dans son étude sur les conflits à surveiller en 2026.
« Les réponses militarisées au crime organisé sont susceptibles de se généraliser à mesure que les gouvernements adoptent des mesures répressives et que les États-Unis exercent une pression accrue. »
ONG ACLED
Le fait est que, sous l’impulsion de Washington, la lutte contre le crime organisé change d’échelle et l’Amérique latine se militarise.
Une présence américaine qui met le feu aux poudres ?
Pour l'administration du président américain Donald Trump, sécuriser l'hémisphère américain est désormais la priorité absolue. Immigration clandestine, trafic de drogue, rivalité stratégique... les États-Unis veulent verrouiller leur zone d'influence.
Sur le terrain, la stratégie se durcit. Présence militaire renforcée dans la Caraïbe, pression accrue sur les réseaux criminels, mais aussi sur certains États jugés hostiles, comme le Venezuela de Nicolás Maduro. Surtout, Washington franchit un cap, en qualifiant certains groupes criminels d'organisations terroristes, élargissant ainsi son arsenal sécuritaire.
Selon l’ACLED, ce changement de doctrine américaine fait tache d'huile.
Une zone qui se militarise
La pression croissante des États-Unis a renforcé la diffusion de politiques et de discours sécuritaires militarisés dans toute la région, note l'organisation, dans un contexte de violences accrues et de criminalités de plus en plus transnationales. Déjà à l'œuvre en Jamaïque, au Honduras, au Salvador, les politiques répressives gagnent du terrain. L'Argentine, l'Équateur ou encore la République dominicaine emboîtent le pas, requalifiant à leur tour certains groupes criminels.
Mais ACLED alerte : à l'approche d’échéances électorales, les tentations sécuritaires pourraient encore s'intensifier. Avec un risque majeur : voir les États deviennent eux-mêmes des acteurs centraux de la violence, au prix de graves dérives, comme des exécutions extrajudiciaires ou des disparitions forcées.
Les Antilles françaises, pour l’heure, semblent loin de ces difficultés et tirent leur épingle du jeu. La clientèle qui boude les autres destinations, pour cause d’insécurité et ou de tensions politiques, se tourne volontiers vers la Guadeloupe et la Martinique.
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*ACLED est une ONG américaine fondée en 2005, spécialisée dans la collecte et l'analyse des données chiffrées et géographiques dans les zones de conflits. Ces données documentent les conflits violents et les manifestations dans tous les pays et territoires du monde.
Par Chantal Horn , Nadine Fadel , AFP
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