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L’école d'Abriba Balata porte désormais le nom de Jean Moomou, un hommage vibrant à un intellectuel de Guyane

Originaire de Papaïchton, Jean Moomou, docteur en histoire et professeur des universités, donne désormais son nom à l'une des écoles élémentaires de Balata, à Matoury. Une reconnaissance qui célèbre la réussite d’un enfant du pays et la richesse multiculturelle de la Guyane.

Par  Audrey Virassamy

La dénomination de l'école a eu lieu en présence de Jean Moomou · ©A.V.
La dénomination de l'école a eu lieu en présence de Jean Moomou · ©A.V.

« Fierté. » C’était le mot sur toutes les lèvres ce vendredi 4 juillet, en début d’après-midi, à l’école élémentaire Abriba Balata de Matoury. Parents, enseignants et élus étaient réunis pour assister au dévoilement de la plaque officialisant le nouveau nom de l’établissement : école élémentaire Jean Moomou.

Sous le préau de l'école, décorée avec soin pour la circonstance, tous les regards étaient tournés vers Jean Moomou, docteur en histoire et civilisations, professeur des universités. Son nom a été choisi à l’unanimité par le conseil municipal de Matoury.

Serge Smock, maire de Matoury, et Jean Moomou · ©A.V.
Serge Smock, maire de Matoury, et Jean Moomou · ©A.V.

« C’est un exemple de notre pays, salue le maire, Serge Smock. Cette multiculturalité, cette Guyane plurielle avec des langues différentes, cet amalgame d’identités… Et malgré tout, arriver au sommet intellectuel, Jean Moomou incarne cette réussite. . Il y en peut-être d'autres, mais pour moi c'était la personnalité la plus remarquable aujourd'hui qui représente la Guyane dans sa diversité. »

Un hommage personnel et émouvant

Après plusieurs discours retraçant son parcours, Jean Moomou a pris la parole, visiblement ému. Il a tenu à remercier des figures marquantes de sa vie, en commençant par sa mère : « Elle m’a appris un savoir-faire, un savoir-dire, un savoir-être. Elle m’a appris à donner, à recevoir et à rendre. Elle m’a transmis le sens du silence, de l’oubli et du pardon. »

La cérémonie de dénomination · ©Franck Fernandes
La cérémonie de dénomination · ©Franck Fernandes

Il a aussi évoqué Jean Laquitaine, qu’il a remercié pour lui avoir transmis le goût des livres et l’avoir aidé à obtenir la nationalité française la veille de son bac de français en 1997. L'occasion d'adresser un mot d'encouragement aux jeunes confrontés aux difficultés d'obtention de papiers. Jean Moomou n’a pas manqué de saluer également son épouse, Valérie : « Ses conseils sont un phare dans la nuit... »

Le parcours d’un homme 

Né à Papaïchton en 1977, Jean Moomou a été scolarisé dans sa commune natale avant de rejoindre le collège Gran Man Difou à Maripasoula, puis le collège Eugène Nonnon à Cayenne à partir de la 4ème. Il a ensuite poursuivit ses études au lycée Félix Éboué, avant de rejoindre l’université des Antilles. 

Devenu maître de conférences, professeur des universités, il enseigne pendant plus de dix ans en Guadeloupe avant de revenir en Guyane. Lors de son discours, Jean Moomou a rappelé l’importance de la visibilité des cultures présentes en Guyane, souvent évoquée, mais encore trop peu incarnée dans l’espace public.  

« Vous avez osé le faire. C’est un symbole fort. Et je sais que la rue qui mène à l’école porte le nom d’Emmanuel Tolinga. C’est lui qui a amené l’école à Papaïchton. Je sais ce que je lui dois »

Jean Moomou, s'adressant aux élus de Matoury

Une source d’inspiration pour les élèves

À l’issue du discours, l’assemblée lui a offert une standing ovation. Pour Christine Kanamma, directrice de l’école, c’est un moment marquant. 

« Jean Moomou est un enfant du pays qui a accompli de grandes choses. Je suis fière d’être la directrice d’un établissement qui porte son nom. Dans le quartier, il y a beaucoup d’enfants businengé et c’est un exemple fort pour eux »

Christinne Kanamma, directrice de l'école Jean Moomou

La directrice se félicite aussi du changement d’image de l’école : « A une époque, il y avait une image de ghetto dans le quartier. Personne ne voulait envoyer ses enfants ici. Aujourd'hui, c'est totalement l’inverse ! »

Ingrid Kecke, enseignante dans l’école, partage cet enthousiasme  « Je ressens de la fierté parce que c'est un homme inspirant, un intellectuel, un professeur d'université...Cela ne peut être que bénéfique pour les élèves du quartier.»

Donner une âme aux établissements scolaires

Plusieurs écoles de Matoury ont récemment changé de nom. Pour le maire Serge Smock, cette démarche vise à mettre en lumière des personnalités ayant contribué à l’histoire du territoire : « Qu’elles soient connues ou non, ces figures méritent d’être reconnues. Nous voulions donner une identité, une âme vivante à nos écoles. » Outre la mise en lumière de personnalités qui font rayonner leur territoire l'objectif de ces baptêmes est égalament de contribuer à l'élevation des élèves en leur offrant des modèles auxquels s'identifier.

Par  Audrey Virassamy

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Émission du mercredi 24 juin 2026
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