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Ils rêvent de le voir mais à quel prix ? Le chemin de croix des catholiques ultramarins pour la visite du Pape Léon XIV en France

J-23 avant l'arrivée du Pape à Paris. La visite de Léon XIV en France suscite un immense espoir chez les catholiques ultramarins, prêts à traverser l'océan pour l'apercevoir. Cependant, face au coût exorbitant du voyage et aux défis logistiques, ce rêve pourrait se transformer en un véritable parcours du combattant pour de nombreux fidèles.

Par  Jean-Michel MAZEROLLE

Pape Léon XIV. · ©Alessandra Tarantino / AP
Pape Léon XIV. · ©Alessandra Tarantino / AP

505 jours après son élection, le pape Léon XIV effectuera son premier voyage en France du 25 au 28 septembre 2025. Au programme, Paris les 25 et 26 septembre, Lourdes le 27 septembre et Metz le 28 septembre.

Si les catholiques de l'Hexagone se mobilisent massivement, les fidèles des territoires d'outre-mer, eux, peinent à rejoindre l'événement.

Plusieurs freins expliquent cette situation : le coût élevé des billets d'avion, une date en pleine rentrée scolaire et universitaire, un système de réservation obligatoire sur le site officiel de l’Église de France et aussi un séjour papal de courte durée.

"Il n'y a pas de groupes organisés pour se rendre en Hexagone", confie Monseigneur David Macaire, archevêque de Fort-de-France, à La 1ère.

Du côté de la Polynésie française, le diocèse de Papeete confirme : "Nous avons quelques pèlerins dont le voyage en France était déjà prévu de longue date, qui se rendront à la messe sur les Champs-Élysées ou à Lourdes."

Les Ultramarins de l'Hexagone bien présents

"Si les fidèles venus directement des DOM-TOM sont peu nombreux, les Ultramarins installés en métropole répondront présents, mais principalement via leur diocèse d'accueil et non sous la bannière de leur diocèse d'origine outre-mer", précise ainsi Mgr Philippe Guiougou, évêque de Basse-Terre.

Parmi les figures ultramarines de cet événement historique, le maître de chœur martiniquais et responsable des jeunes à l'ANAG (Aumônerie Nationale Antilles-Guyane) à Paris. Ludovic Celma vivra un moment exceptionnel puisqu'il sera présent lors de la messe sur les Champs-Élysées et il chantera en solo devant le Saint-Père.

« C'est une grande joie et surtout une grande fierté. Je vais représenter les outre-mer et porter avec moi tout un peuple. »

Ludovic Celma

"Ma voix va servir à permettre à tous ces chrétiens qui viennent d'horizons différents de s'unifier autour du Pape" ajoute-t-il.

Ludovic Celma, maître de chœur et responsable des jeunes à l'ANAG à Paris. · ©Jean-Michel MAZEROLLE
Ludovic Celma, maître de chœur et responsable des jeunes à l'ANAG à Paris. · ©Jean-Michel MAZEROLLE

Ludovic Celma s'est également vu confier, par l'épiscopat français, la coordination des chorales liturgiques pour l'ensemble des rassemblements parisiens, dont la veillée des jeunes au Stade de France le 25 septembre. "Compte tenu de toutes les mutations que subit notre société, la venue du Pape Léon n'est pas anodine. Différentes lois ou projets de loi, comme celui sur la fin de vie, nous interpellent. On attend beaucoup des paroles du Pape", souligne-t-il.

90 000 jeunes au Stade de France : les Ultramarins aussi

90 000 jeunes sont attendus à la veillée du Stade de France. Parmi eux, Alysée Torrent, jeune institutrice guadeloupéenne en banlieue parisienne : "J'ai hâte d'être à ses côtés et d'être au milieu de tous ces jeunes. On attend beaucoup de choses du Seigneur au travers des paroles de Léon XIV. Comme enseignante, j'attends des paroles qui puissent nous encourager. On se dit : où va notre avenir ? Et les enfants, c'est encore pire. J'attends de lui un message d'espoir."

Église Saint Jean baptiste, Paris. · ©Jean-Michel MAZEROLLE
Église Saint Jean baptiste, Paris. · ©Jean-Michel MAZEROLLE

Au-delà des jeunes, les catholiques ultramarins adultes expriment eux aussi des attentes profondes. C’est le cas de Patrick, un père de famille antillais : "J'attends du Pape des paroles de paix, d'union, de partage, de bienveillance. La foi se perd et il faut que nous nous rapprochions."

Anne-Marie, paroissienne guyanaise de Marne-la-Vallée témoigne également : "Un pape est là pour réunir. Il représente Dieu auquel nous croyons. Il doit nous redonner la force de croire et d'espérer dans un monde qui doute."

À sa façon, Marlène Ephestion Alger, présidente de l'Association culturelle Amicale des Ressortissants de l'outre-mer ne dit pas autre chose. "J'attends de lui qu'il nous amène la paix, l'union, et que grâce à sa venue la pauvreté se réduise. L'Église, c'est le lieu commun, un lieu où chacun vient retrouver un peu d'espoir, la santé, la force et le réconfort."

Ludovic Celma lance un appel aux évêques des diocèses des Outre-mer. · ©Jean-Michel MAZEROLLE
Ludovic Celma lance un appel aux évêques des diocèses des Outre-mer. · ©Jean-Michel MAZEROLLE

La quasi-totalité des évêques des diocèses des Outre-mer n'ont toutefois pas prévu de faire le déplacement. Une situation que Ludovic Celma juge regrettable : "Je trouve dommageable que les évêques d'outre-mer ne soient pas présents. Cette venue du Pape est aussi la nôtre. Nous faisons partie de la France. Leur absence enverrait un signal qui n'est pas le bon : vous n'êtes pas soutenus. Nous représentons une des très grosses diasporas de notre pays, très présente et très engagée dans l’Église de France. J'espère qu'à travers ce message les évêques changeront d'avis."

Comment participer à la visite du Pape Léon XIV ?

Le Stade de France affiche déjà complet pour la veillée des jeunes du 25 septembre. Des places restent disponibles pour la messe sur les Champs-Elysées le samedi 26 septembre, la messe à Lourdes le lendemain et le 28 septembre à Metz. L’inscription est obligatoire sur le site officiel dédié au premier voyage du Pape Léon XIV en France.

Estelle, étudiante parisienne originaire de Martinique, confie : "je me suis inscrite la semaine dernière avec une amie pour le Stade de France et je suis sur liste d'attente. J'ai peur de ne pas avoir de place."

Par  Jean-Michel MAZEROLLE

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