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Les mangroves de Wallis et de Nouvelle-Calédonie menacées d'effondrement

Les mangroves de Wallis sont en danger critique, le dernier stade avant l'effondrement, et celles de Nouvelle-Calédonie sont évaluées comme vulnérables, selon un rapport publié le 11 décembre. En cause : le changement climatique et l'urbanisation.

Par  Julie Postollec

Vue aérienne d'une mangrove à Unyee, une des îles Loyauté en Nouvelle-Calédonie. · ©Sylvain Corbel
Vue aérienne d'une mangrove à Unyee, une des îles Loyauté en Nouvelle-Calédonie. · ©Sylvain Corbel

On connait la liste rouge des espèces menacées d'extinction. Il existe aussi la liste rouge des écosystèmes, une méthode d'évaluation du risque d'effondrement de milieux naturels comme les dunes côtières ou les forêts de montagne.

Parmi les écosystèmes que l'on trouve dans les Outre-mer, les mangroves. Celles de Wallis et Nouvelle-Calédonie sont d'ores et déjà menacées. C'est ce que révèle un rapport publié le 11 décembre 2025 par le comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l'Office français de la biodiversité (OFB) et le Muséum national d'Histoire naturelle.

Il existe huit catégories de risque d'effondrement du moins au plus grave, comme le montre le graphique ci-dessous, et les mangroves de Wallis et de Nouvelle-Calédonie sont déjà dans la zone rouge :

Les catégories du risque d'effondrement des écosystèmes selon l’Union internationale pour la conservation de la nature. · ©UICN
Les catégories du risque d'effondrement des écosystèmes selon l’Union internationale pour la conservation de la nature. · ©UICN

Wallis au dernier stade avant extinction

Bien que cette évaluation soit une première dans ces territoires, Wallis est déjà "en danger critique" soit le dernier stade avant leur extinction. Cette situation s'explique par sa localisation, selon Olivia Cherrier, chargée de mission "Liste rouge des écosystèmes" au comité français de l'UICN. "Elles ont une distribution très restreinte" en bord de mer, détaille-t-elle, c'est-à-dire qu'elles sont "prises en sandwich" entre d'un côté une route "qui va ceinturer toute l'île" et empêcher sa progression vers l'intérieur des terres, et de l'autre côté l'océan. "Elles pourront, dans le futur, difficilement progresser vers la mer, puisque le niveau de la mer augmentant, elles se feront noyer dans l'eau", indique-t-elle.

Changement climatique et urbanisation, voici les deux pressions qui pèsent à Wallis alors que "leur surface semble stable, voire en légère augmentation", précise le communiqué de presse. En Nouvelle-Calédonie, la principale menace est pour l'instant l'urbanisation qui place les mangroves dans la catégorie "vulnérable", avec une possibilité d'être réévaluées comme "en danger" selon l'élévation future du niveau de la mer.

Vue aérienne avec des palétuviers morts dans une mangrove à Ouvéa en Nouvelle-Calédonie. · ©Sylvain Corbel
Vue aérienne avec des palétuviers morts dans une mangrove à Ouvéa en Nouvelle-Calédonie. · ©Sylvain Corbel

Le rapport s'est en fait basé sur les différents scénarii climatiques du GIEC, avec une montée des eaux allant de 19,4 cm sous la projection intermédiaire à 66,8 cm sous la projection pessimiste d'ici 2080. "Pour chaque catégorie, il y a des seuils, analyse Olivia Cherrier. Et selon le scénario climatique qu'on utilise, on passe d'un palier à un autre, on aboutit à deux catégories différentes."

Car les mangroves sont capables de "compenser un petit peu la montée du niveau de la mer selon la montée de la sédimentation en dessous". Mais si l'eau montait de 40,3 cm d'ici à 2080, l'élévation serait trop rapide et la moitié des mangroves de Nouvelle-Calédonie se retrouverait noyée.

Des conséquences pour la biodiversité

Or la disparition de cet écosystème a de véritables conséquences pour la biodiversité. "C'est à la fois une grande richesse écologique car elle abrite beaucoup d'espèces. Cela permet aussi de protéger les côtes de l'érosion. Cela protège des submersions marines", rappelle la chargée de mission à l'UICN.

Les palétuviers abritent de multiples espèces animales, comme ces poissons en Nouvelle-Calédonie. · ©Association Hô-üt
Les palétuviers abritent de multiples espèces animales, comme ces poissons en Nouvelle-Calédonie. · ©Association Hô-üt

D'où ce rapport pour tirer la sonnette d'alarme. "On ne se rend pas forcément compte, on a plus de mal à se dire que cet écosystème est menacé, parce qu'on le voit justement présent, souligne-t-elle. Déjà, cela permet d'alerter sur le fait qu'il y a des problèmes et qu'il faut mettre en place des choses pour protéger cette mangrove." La première étant par exemple d'arrêter d'urbaniser près des mangroves.

Olivia Cherrier garde espoir car "on sait que les écosystèmes peuvent se restaurer si on leur laisse cette place" et le temps. Les mangroves du Pacifique ne sont pas les seules à être étudiées : un premier chapitre sur cet écosystème à Mayotte avait été publié en 2017 et d'autres rapports sont attendus pour la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

Par  Julie Postollec

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