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Les violences en Haïti ont fait plus de 5500 morts entre mars 2025 et mi-janvier selon l'ONU

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme fait aussi état de plus de 2000 blessés.

Par  Rédaction Outre-mer La 1ère AFP

Une rue de Port-au-Prince, en février 2026. · ©GUERINAULT LOUIS / ANADOLU
Une rue de Port-au-Prince, en février 2026. · ©GUERINAULT LOUIS / ANADOLU

Les violences perpétrées par les gangs et les attaques visant ces derniers en Haïti ont fait plus de 5500 morts entre mars 2025 et mi-janvier, indique un nouveau rapport du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme publié mardi.

"Haïti continue de faire face à des niveaux alarmants de violence des gangs, qui compromettent l'exercice des droits humains" annonce ce rapport, qui insiste aussi sur des "violences meurtrières" ayant impliqué forces de sécurité, sociétés de sécurité privées et groupes d'autodéfense.

Selon des données vérifiées par le Haut-Commissariat, "au moins 5519 personnes ont été tuées et 2608 blessées en Haïti entre le 1er mars 2025 et le 15 janvier 2026". Mais une grande partie de ces décès ont été consécutifs aux opérations menées contre les gangs par les forces de sécurité. Ces opérations ont fait au moins 3497 morts et 1742 blessés sur la période, note le Haut-Commissariat, alors que les violences perpétrées par les gangs eux-mêmes ont fait au moins 1424 morts et 790 blessés. Par ailleurs, note-t-il, les attaques menées par les groupes d'autodéfense contre les gangs ont fait au moins 598 morts et 76 blessés.

Assassinats ciblés

Haïti, pays le plus pauvre d'Amérique, est rongé depuis des années par la violence des bandes criminelles, qui commettent meurtres, viols, pillages et enlèvements. Les gangs, qui contrôlent la quasi-totalité du territoire de la capitale Port-au-Prince "ont étendu leur influence au-delà de la capitale" ces 12 derniers mois, principalement dans sa périphérie et vers le nord, indique le rapport.

Le rapport documente également des cas d'usage "excessif ou disproportionné" de la force par la police, et a recensé 196 cas d'exécutions sommaires de personnes soupçonnées d'appartenir à des gangs ou de les soutenir. Depuis mars 2025, une société militaire privée, "apparemment engagée par le gouvernement haïtien", participe aussi à des opérations notamment par le biais de frappes de drones et de tirs d'hélicoptères, ajoute le rapport, selon lequel certaines actions "pourraient être qualifiées d'assassinats ciblés".

Le rapport détaille également les violences perpétrées par des groupes d'autodéfense et des foules pratiquant la "justice populaire" en lynchant des personnes soupçonnées d'appartenir à des gangs. Certains de ces meurtres "auraient été encouragés, soutenus ou facilités par des éléments de la police", pointe le rapport.

« Il est essentiel que les autorités assurent la sécurité tout en respectant pleinement les droits humains. »

Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme

"Il est impératif de maintenir la priorité des efforts visant à renforcer l'état de droit, notamment dans les secteurs de la justice et de la détention, afin de lutter contre la corruption et l'impunité, car ces fléaux sapent la confiance de la population", insisté le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme.

Par  Rédaction Outre-mer La 1ère AFP

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