Il est à peine 8 heures, et la zone de fret du Lamentin bruisse déjà du va-et-vient des bras chargés. Cartons empilés, scotch qui claque, formulaires à remplir… À deux semaines de Noël, les familles affluent pour envoyer un morceau de Martinique à ceux qui sont loin.
« Il y a du jambon, des liqueurs, pâtés salés, pâtés sucrés... Tout ce qu'il y a de bon pour Noël pour mes deux filles qui sont en Normandie. Pour les fêtes, je leur envoie toujours un petit cadeau, des choses pour fêter. »
Lise, une cliente
Elle colle soigneusement ses étiquettes d’expédition sur ce colis qui devrait être livré à domicile.
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Juste à côté, Jean-Noël remplit, quant à lui, les derniers formulaires. "Le colis est pour ma fille qui réside en France hexagonale. J'envoie du jambon de Noël, des pâtés, des jouets et d'autres petites choses", explique-t-il.
« Comme elle ne vit pas avec moi, c'est important qu'on partage quelque chose ensemble. »
Jean-Noël, un client
Plus loin, les bras chargés, Alice décharge ses paquets bien ficelés, fidèle au même rituel chaque décembre. "Malgré le coût, je ne regarde pas. Je fais pour lui faire plaisir. Il le faut. Elle est toute seule", justifie-t-elle.
Un timing à respecter
À l’intérieur, les équipes tournent à plein régime. Cette société martiniquaise de fret installée depuis plus de trente ans, est en première ligne. Sa responsable mesure chaque année le même ballet de colis de fin d’année.
« Le pic a commencé depuis le début de la semaine, et nous pensons qu'il va durer, jusqu'au 23 décembre, comme c'est généralement le cas. On n'est toujours sur la même fréquence de personne. Les habitudes des Martiniquais ont un peu changé, certains voyagent un peu plus donc envoient un peu moins de colis. Mais la tendance reste stable tout de même à cette période. »
Leïla Léger, responsable
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Mais même avec cette mécanique bien rodée, tout se joue sur le timing.
« Nous avons des agents qui trempent leur chemise et qui sont là plus longtemps. Ils viennent plus tôt ou partent plus tard. Jusqu'au 23 décembre nous pouvons expédier pour récupérer les colis le 24. »
Et ce ballet ne s’arrête pas au fret : au centre postal de Dillon, près de 150 000 colis passent en un mois. Une cadence qui indique clairement qu'en Martinique, Noël s’expédie autant qu’il se cuisine.
Par Céline Chalono
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