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VIDEO. "Travailler deux fois par mois dans les déserts médicaux, c’est non", [Anne Criquet-Hayot]

Dans un contexte de tension concernant la démographie médicale, en Martinique, Anne Criquet-Hayot tire la sonnette d’alarme, ce 28 avril. Pour la présidente de l'Union régionale des médecins libéraux, imposer aux médecins de se rendre deux jours par mois dans les déserts médicaux est inadapté à la réalité locale. Une grève nationale est prévue dès ce lundi.

Par  Noémie Dutertre Stéphane Lupon

Anne Criquet-Hayot, présidente de l'Union régional des médecins libéraux. Une interview de Stéphane Lupon. · ©Martinique la 1ère

"Ce n’est pas adapté chez nous", lance Anne Criquet-Hayot, la présidente de l'Union régionale des médecins libéraux à propos du "pacte de lutte" contre les déserts médicaux annoncé par François Bayrou, le Premier ministre, le 25 avril. "Si vous ôtez un médecin de son lieu d’exercice habituel, vous le remplacez par qui ?", questionne-t-elle, ce 28 avril. Une grève nationale des médecins est prévue dès ce lundi pour s'opposer à ce pacte.

Le texte prévoit, entre autres, d’imposer aux médecins jusqu’à deux jours de consultations par mois dans une zone sous-dotée en médecins, contre une compensation financière. Anne Criquet-Hayot répond fermement : " Travailler deux fois par mois dans les déserts médicaux, c’est non ! Ce n’est pas en déshabillant un territoire pour en habiller un autre que l’on réglera la pénurie".

La présidente de l'Union régionale des médecins libéraux insiste : l’idée de déplacer des spécialistes du centre vers d’autres zones sans remplacement effectif risque d’aggraver les carences locales. "Je compte sur l’ARS pour trouver des solutions adaptées", ajoute-t-elle.

Des médecins de plus de 65 ans

En Martinique, comme dans de nombreux territoires ultramarins, la situation pour l'installation des médecins inquiète : 34 % des libéraux ont plus de 65 ans.

Elle met également en garde contre des pressions supplémentaires qui pourraient pousser des médecins âgés à prendre leur retraite plus tôt. Le seul aspect positif, selon elle, serait de renforcer les dispositifs en faveur de l’attractivité médicale.

Vaccination contre le chikungunya

Interrogée sur la suspension de la vaccination contre le chikungunya (pour les plus de 65 ans) récemment annoncée à La Réunion, Anne Criquet-Hatot précise : " Il n’est pas encore disponible en Martinique et je n’ai pas d’éléments précis pour l’instant."

Par  Noémie Dutertre Stéphane Lupon

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