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La dissidence des Antillais lors de la seconde guerre mondiale : "soyez fiers de cette période-là" [la ministre Patricia Miralles]

Après la Guadeloupe, Patricia Miralles, déléguée auprès du ministre des Armées, chargée de la mémoire et des anciens combattants, a achevé sa visite de deux jours en Martinique. Durant ce déplacement de 48h dans l’île, elle a pu rencontrer des élus de la Collectivité majeure, ainsi que d’anciens soldats dissidents entre 1940 et 1945.

Par  Guy Etienne

Patricia Miralles, ministre déléguée chargée da la mémoire et des anciens combattants, en visite en Martinique les 28 et 29 juin 2025. · ©Facebook Patricia Miralles / DR
Patricia Miralles, ministre déléguée chargée da la mémoire et des anciens combattants, en visite en Martinique les 28 et 29 juin 2025. · ©Facebook Patricia Miralles / DR

La visite de Patricia Miralles, ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants auprès de Sébastien Lecornu (patron du ministère des Armées), s’est achevée ce dimanche 29 juin, par une visite du RSMA (Régiment du Service Militaire Adapté en Martinique (RSMA).

Auparavant, durant la matinée, elle a présidé la cérémonie de commémoration du 82e anniversaire de la révolte du camp de Balata à Fort-de-France, un acte ayant précipité "la chute définitive de l'autorité de Vichy aux Antilles et finalisé le ralliement des territoires au combat de la France libre".

Au camp de Balata, les autorités militaires saluent la présence de Patricia Miralles, ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants, aux côtés du préfet du territoire, Etienne Desplanques. · ©Facebook Préfet de la Martinique / DR
Au camp de Balata, les autorités militaires saluent la présence de Patricia Miralles, ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants, aux côtés du préfet du territoire, Etienne Desplanques. · ©Facebook Préfet de la Martinique / DR

Du temps de l’amiral Robert

C’était précisément l’époque de l’amiral Georges Robert, alors haut-commissaire des Antilles sous les ordres du maréchal Pétain. Le terme "dissidence" s’est donc imposé pour qualifier les soldats Antillais qui se sont battus contre ce régime.

Huit décennies après, ces combattants ont tendu la main à la ministre, à cause de leur maigre pension : "400 euros tous les six mois". Ces derniers regrettent un manque de reconnaissance de la part de l’Etat.

« C'est peu, 400€ tous les 6 mois à peu près, et non imposable heureusement, mais pas de réversion, c’est-à-dire que mon épouse ne pourra pas la toucher [la pension]. »

« Nous estimons que nous ne sommes pas suffisamment reconnus. Ce sont les politiques qui nous laissent de côté. Lorsqu'on demande ici en Martinique par exemple, une subvention pour nos associations, ne serait-ce que pour remplacer un drapeau qui est vétuste, cela pose problème. »

Parole d’anciens combattants · ©(au micro de Dominique Legros et de Mathieu Fontès)
Patricia Miralles, ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants, en conversation avec des soldats dissidents martiniquais (dimanche 29 juin 2025 à Fort-de-France). · ©Facebook Préfet de la Martinique / DR
Patricia Miralles, ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants, en conversation avec des soldats dissidents martiniquais (dimanche 29 juin 2025 à Fort-de-France). · ©Facebook Préfet de la Martinique / DR

"Reconnaître et réparer ces injustices du passé"

Patricia Miralles a entendu la plainte des anciens militaires.

« Je crois que le ministre des Outre-mer [Manuel Valls] est venu ici avec des projets ; je lui fais confiance. Je sais qu'il y a un regard aujourd'hui qui est porté en tout cas dans l’hexagone. On voit bien les difficultés que vous pouvez rencontrer ici et je crois qu’il est temps de dire les choses pour l'avenir. Se figer toujours dans le passé ne fait pas avancer les choses, et donc moi, j'ai espoir que l'avenir soit plus beau, soit meilleur et qu'on puisse reconnaître et réparer ces injustices du passé. »

Patricia Miralles
Patricia Miralles, ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants auprès de Sébastien Lecornu (du ministère des Armées), rend hommage aux soldats dissidents de Martinique, au camp de Balata à Fort-de-France (29 juin 2025). · ©Facebook Préfet de la Martinique / DR
Patricia Miralles, ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants auprès de Sébastien Lecornu (du ministère des Armées), rend hommage aux soldats dissidents de Martinique, au camp de Balata à Fort-de-France (29 juin 2025). · ©Facebook Préfet de la Martinique / DR

À son arrivée la veille (samedi 28) en provenance de la Guadeloupe, la ministre avait déjà rencontré une délégation d’anciens soldats à la résidence préfectorale, à l’issue d’un échange avec des élus de la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique), à l’hôtel de l’Assemblée, Avenue des Caraïbes à Fort-de-France.

Lors de cette première séquence, Patricia Miralles avait déjà été interpellée par la conseillère territoriale, Josette Manin, sur la situation des dissidents martiniquais.

« C'est vrai, l’Etat n'a pas reconnu nos pères, nos grands-pères qui se sont battus pour la France (…). Mais j'ai envie de dire que nous non plus à la Martinique, nous n'avons pas cette connaissance et cette reconnaissance pour nos anciens combattants (…). Il faut que notre jeunesse s'imprègne la vie de leurs grands-pères et arrière-grands-pères qui ont combattu pour la Nation. »

Josette Manin · ©(au micro d’Alain Livori)
La conseillère territoriale de Martinique, Josette Manin, accueille Patricia Miralles, ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants à l'hôtel de l'Assemblée à Fort-de-France (28 juin 2025). · ©Facebook Préfet de la Martinique / DR
La conseillère territoriale de Martinique, Josette Manin, accueille Patricia Miralles, ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants à l'hôtel de l'Assemblée à Fort-de-France (28 juin 2025). · ©Facebook Préfet de la Martinique / DR

Patricia Miralles a regagné Paris ce dimanche dans la soirée.

Par  Guy Etienne

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