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Sargasses : un scientifique de Barbade découvre des micro-organismes capables de produire des antibiotiques

À l’Université des West Indies, le microbiologiste Bidyut Mohapatra a identifié trois nouvelles espèces de micro-organismes présents dans les sargasses. Une découverte prometteuse pour la pharmacie, l’environnement et la lutte contre la pollution plastique dans la Caraïbe.

Par  Caroline Popovic

A droite: Mia Mottley, premier ministre de Barbade félicite le scientifique, Dr Bidyut Mohapatra pour sa découverte de la transformation des sargasses en antibiotiques. · ©Facebook/Mia Mottley
A droite: Mia Mottley, premier ministre de Barbade félicite le scientifique, Dr Bidyut Mohapatra pour sa découverte de la transformation des sargasses en antibiotiques. · ©Facebook/Mia Mottley

Depuis plus de dix ans, le Docteur Bidyut Mohapatra, microbiologiste à l’Université des West Indies, mène des recherches sur la valorisation des sargasses, qu’il finance lui-même.

Ses travaux ont permis de découvrir trois nouvelles espèces de micro-organismes, dont les Chryseobacterium barbadensis, capables de transformer les sargasses en composés pharmaceutiques.

« J'ai travaillé avec la NASA, en Antarctique, au Groenland, aux pôles Nord et Sud et c'est la première fois que je fais une telle découverte. C'est la première fois que je découvre un micro-organisme. Je ne m'y attendais pas. »

Docteur Bidyut Mohapatra, microbiologiste à l’Université des West Indies

Les résultats de ses recherches ont été validés par le Centre national d’information biotechnologique (NCBI) aux États-Unis. Le processus d’authentification s’est achevé en juillet 2024 avec la délivrance d’un certificat officiel. Depuis, cette découverte a également été reconnue en Belgique et en Allemagne.

Des micro-organismes aux multiples applications

Selon le Dr Mohapatra, ces microbes possèdent un potentiel scientifique majeur.

« Le microbe produira en même temps des enzymes ainsi que des antibiotiques. Les bactéries mangent aussi des plastiques. »

Docteur Bidyut Mohapatra, microbiologiste à l’Université des West Indies

Le scientifique décrit les Chryseobacterium barbadensis comme une véritable « usine cellulaire », capable de produire plus de vingt nouveaux types d’antibiotiques.

Il insiste également sur l’innocuité de ces micro-organismes, naturellement présents dans les sargasses échouées sur les côtes barbadiennes.

« Ils ne produisent pas de toxines. Ils font partie de l'écosystème puisque les bactéries ont déjà été isolées sur les côtes barbadiennes. Elles constituent une partie sûre et intégrée de l'environnement. C'est pour ça qu'il y a beaucoup d'intérêt maintenant. »

Docteur Bidyut Mohapatra, microbiologiste à l’Université des West Indies

Une reconnaissance scientifique internationale

Les découvertes du microbiologiste suscitent désormais l’intérêt de la communauté scientifique mondiale.

En juin 2026, le Dr Mohapatra sera invité par la Société américaine de microbiologie à Washington pour présenter ses travaux, une distinction réservée à seulement six chercheurs dans le monde.

Son projet répond également à l’appel lancé par le chimiste danois Morten Meldal, prix Nobel de chimie 2022, qui encourage les scientifiques caribéens à développer des innovations autour des sargasses.

Garder les bénéfices de la découverte dans la Caraïbe

Malgré l’intérêt croissant d’industriels étrangers, le chercheur souhaite privilégier un développement régional.

« Beaucoup d'industrielles me proposent d'y aller mais mon objectif principal est de faire quelque chose pour la Barbade. »

Docteur Bidyut Mohapatra

Le scientifique a déjà sécurisé les droits de propriété intellectuelle de sa découverte. Dans le quotidien Barbados Today, il rappelle également « qu’il n’existe aucun micro-organisme portant le nom de la Barbade ».

Avec le soutien de jeunes chercheurs barbadien, dont Rachel Sobers, il espère que les retombées économiques profiteront avant tout à la Caraïbe. Mia Mottley, premier ministre de Barbade a reçu le Dr. Mohapatra et la chercheuse, Rachel Sobers.

Le Dr Mohapatra ambitionne de lancer la commercialisation de ses découvertes dès août 2026. Mais il souligne que la Barbade ne dispose pas encore d’infrastructures adaptées à une production biotechnologique à grande échelle.

Une piste prometteuse contre la crise des sargasses

Au-delà des applications médicales, ces nouvelles espèces de micro-organismes pourraient représenter une solution face à l’invasion massive des sargasses dans la région.

Présentes en grande quantité sur les côtes caribéennes, ces algues menacent les écosystèmes marins, dégradent le littoral et provoquent d’importantes nuisances sanitaires pour les populations.

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Par  Caroline Popovic

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Édition du mardi 23 juin 2026
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