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"Un film de traque", les langues se délient au procès pour assassinat avec torture et barbarie à Chiconi

Le procès pour assassinat avec actes de torture et de barbarie se poursuit à la cour d'assises de Mayotte. Ce mardi, les neuf accusés se sont montré plus loquace, tandis que le frère de la victime, incarcéré à Majicavo, est venu témoigner à la barre.

Par  Raphaël Cann , Lhaïmy Zoubert Ravoay

Tribunal de Mamoudzou · ©Aurélien Février
Tribunal de Mamoudzou · ©Aurélien Février

Au troisième jour d'audiences, les neuf accusés ont répondu plus ouvertement aux questions de la cour d'assises de Mayotte. Ce procès, qui se poursuit jusqu'à vendredi, vise à éclaircir la responsabilité des uns et des autres dans la mort de deux jeunes hommes en octobre 2022 à Chiconi. Le corps de l'un était calciné avec des traces de lynchage et de mutilation, l'autre a été retrouvé éparpillé en plusieurs morceaux quelques semaines plus tard.

Les victimes étaient notamment accusées par le groupe d'avoir volé une moto. "On vous a dit que c'était un certain Yassine qui avait volé la moto ? Parmi eux y avait-t-il un Yassine ?", interroge la présidente de la cour d'assises. Un accusé répond par la négative. "Dans ce dossier, rien ne démontre qu'il y a eu un vol de moto", tranche Chantal Combeau. C'est pourtant bien la loi du Talion qui semble avoir motivé ces faits. Si les accusés sont inconnus de la justice et ont des emplois stables, l'un d'eux a reconnu avoir porté plusieurs coups de machette. "Moi, j'ai déjà été victime de jeunes qui faisaient ce genre de choses sans trop penser", plaide-t-il.

"On n'est pas chez Feu Vert ici"

Durant la soirée, l'une des victimes étaient parvenues à s'enfuir. Un accusé raconte s'être assis sur une pierre, tendant l'oreille pour essayer de l'entendre, comme s'il chassait une proie. "Un film de traque", compare amèrement la présidente. La question de la préméditation a été posée, conduisant la magistrate à s'emporter. "On n'est pas chez Feu Vert ici, vous saviez très bien pourquoi vous déplaciez ces pneus", assène l'avocate générale, Françoise Toillon.

La salle d'audience est bondée, notamment par les soutiens des accusés. A la barre, le frère d'une victime témoigne, lui aussi encadré par des forces de l'ordre. Incarcéré à la prison de Majicavo, il avait tenu à assister à cette audience pour raconter que son frère n'était pas un délinquant. L'un des accusés a fini par se tourner vers les familles des victimes, pour présenter ses excuses et reconnaître ses remords. "Je ne pensais pas en arriver là", admet-il.

Par  Raphaël Cann , Lhaïmy Zoubert Ravoay

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Émission du lundi 07 septembre 2026

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