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Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis et Futuna : la France veut-elle abandonner ses territoires du Pacifique ? La sénatrice Lana Tetuanui pose la question

L'élue autonomiste de Polynésie française a critiqué la passivité de la diplomatie française face à l'influence grandissante de la Chine dans la région indo-Pacifique. En réponse, le ministre des Affaires étrangères a listé les exercices militaires réalisés depuis le début de l'année.

Par  Quentin Menu

La sénatrice polynésienne Lana Tetuanui (Union centriste). · ©Sénat
La sénatrice polynésienne Lana Tetuanui (Union centriste). · ©Sénat

La France est-elle assez puissante dans la zone Pacifique ? La sénatrice de la Polynésie française Lana Tetuanui (autonomiste) en doute. Mercredi 28 mai, lors des questions au gouvernement, elle s'est embarquée dans une longue tirade rythmée par l'inquiétude liée à l'expansion des puissances rivales dans la région, et en particulier la Chine.

"La Chine tient actuellement dans la ville de Xiamen un grand sommet avec tous les chefs de la diplomatie des 11 pays du Pacifique (...) ayant pour objectif des échanges et de la coopération à tous les niveaux", a-t-elle déclamé, évoquant "des propos assez édifiants, pour ne pas dire troublants du porte-parle du ministère chinois des Affaires étrangères relayés dans tous les médias du Pacifique".

La puissance chinoise étend de plus en plus ses investissements économiques et diplomatiques dans la région, renforçant son influence géopolitique. Membre d'un parti attaché à la présence française dans cette région du monde, Lana Tetuanui craint que l'étau géopolitique se resserre sur son territoire. 

« Nous sommes inquiets. Et face à toute cette agitation et ces agissements de plus en plus grandissants, ma question est toute simple : que fait notre France ? »

Lana Tetuanui, sénatrice UC de Polynésie française

"La Chine est à notre porte !"

En réponse, Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères, a listé l'ensemble des actions de la France dans la zone indo-Pacifique, contrant l'argument de la passivité diplomatique du pays : "[Il faut] projeter dans la région notre puissance. Ça a été le cas pendant les cinq premiers mois de l'année avec le déploiement dans l'océan Pacifique d'un groupement aéronaval (...) qui a réalisé des exercices avec des armées partenaires en Indonésie d'abord avec neuf autres pays, avec l'armée de l'air australienne, avec le Japon (...) et puis enfin un exercice commun avec la marine indienne d'une ampleur inédite."

Le président de la République Emmanuel Macron est actuellement en déplacement en Asie du Sud-Est, a par ailleurs rappelé le ministre, "pour exprimer la position de la France et de l'Europe avec l'Indo-Pacifique".

Face à cette réponse, la sénatrice Lana Tetuanui n'a pas semblé convaincue : "La Chine est à notre porte ! Il est impératif que la France et l'Europe puissent s'affirmer (...) en toute urgence, avant qu'il ne soit trop tard."

Elle a conclu en posant une question volontairement provocatrice : "À moins que... À moins que... Et ne me forcez pas à le dire... La France n'envisagerait-elle pas de saboter elle-même son porte-avion du Pacifique immatriculé Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et Wallis et Futuna ?" Jean-Noël Barrot a souri.

Par  Quentin Menu

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