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Accord Nouvelle-Calédonie : après les concessions, le temps de la pédagogie, pour les signataires

Le président de la République Emmanuel Macron a rappelé aux représentants politiques "la difficulté" de la tâche qui se présentait désormais à eux. En signant l'accord politique à Paris samedi 12 juillet, ils se sont engagés à le défendre auprès de leurs militants et des Calédoniens.

Par  Théo Rouby Lina Waka-Ceou

La délégation et le ministre des Outre-mer, Manuel Valls · ©Compte X du ministère des Outre-mer
La délégation et le ministre des Outre-mer, Manuel Valls · ©Compte X du ministère des Outre-mer

“Dès demain, il vous reviendra d’expliquer dans vos formations politiques et en Nouvelle-Calédonie cet accord. Je mesure toute la difficulté qui sera la vôtre et la responsabilité que vous avez prise.” Samedi 12 juillet à 9 heures du matin, le président Emmanuel Macron recevait à l’Élysée l’ensemble des partenaires qui venaient de signer l'accord "de la dernière chance" sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie. 

"On va se faire insulter parce que nous avons choisi un chemin différent"

Quelques heures plus tôt, la délégation du FLNKS tenait toujours une visioconférence avec les référents du Front et des différentes composantes restés en Nouvelle-Calédonie. Deux réunions en tout, qui ont duré de longues heures, faisant planer le doute sur la possibilité de conclure un accord jusqu'au dernier moment.

On ne sait pas précisément comment le cours des échanges a basculé. Mais le résultat est inscrit noir sur blanc sur une feuille A4. À 6 heures du matin, les signatures des 18 représentants politiques calédoniens figuraient sur la dernière page de l'accord, à côté de celle du ministre des Outre-Mer Manuel Valls.

Le député Emmanuel Tjibaou, membre du FLNKS, a rappelé aux élus réunis à l’Élysée combien le chemin choisi sera difficile. “Ce matin, quand on va passer le pas de la porte, on va se faire insulter, menacer, parce que nous avons choisi un chemin différent, qui n’était peut-être pas le maintien de manière indéfinie dans la France, qui n'était peut-être pas une solution immédiate pour accéder à la pleine souveraineté, mais la nécessaire convergence d’intérêts pour dire combien, les uns et les autres, on est attachés à ce territoire.”

>> À LIRE AUSSI : "État de Nouvelle-Calédonie", un statut inédit entre association et souveraineté, selon un constitutionnaliste

Dans le camp non-indépendantiste aussi, il a fallu accepter son lot de concessions, depuis deux mois et les positions prises au lendemain du "conclave" de Deva. Mi-mai, Sonia Backès estimait que la proposition de Manuel Valls avait rendu tout accord "impossible".

"On ne peut plus faire les uns sans les autres"

“La confiance a été très abîmée après ce qui s’est passé l’année dernière”, expliquait samedi la cheffe de file des Loyalistes. Pour Sonia Backès, cet accord intitulé “le pari de la confiance” ne porte pas très bien son nom. “C’est un accord qui nous oblige à faire ensemble. On est obligés parce que tous les mécanismes mis en place font qu’on ne peut plus faire les uns sans les autres.”

Le président du Sénat Gérard Larcher appelle maintenant à développer “une pédagogie de l’accord pour qu’en Nouvelle-Calédonie, l’ensemble de nos compatriotes se l’approprient”. Les élus du Congrès et du Parlement français vont désormais s'atteler à convertir cet accord en termes juridiques. D'ici novembre, une loi organique devra être adoptée en Nouvelle-Calédonie pour reporter les élections provinciales à juin 2026.

En France, les parlementaires s'attacheront au projet de loi constitutionnelle modifiant le titre XIII de la Constitution française. Gérard Larcher rappelle que les législateurs seront particulièrement “attentifs au sens des mots pour éviter toute interprétation contraire ou génératrice de division”.

Les Calédoniens auront eux aussi leur mot à dire, puisqu’ils seront amenés à se prononcer pour ou contre cet accord politique en février 2026.

Au bas de l'accord signé à Bougival le 12 juillet 2025, les noms et paraphes des dix-neuf signataires. · ©Ministère des Outre-mer
Au bas de l'accord signé à Bougival le 12 juillet 2025, les noms et paraphes des dix-neuf signataires. · ©Ministère des Outre-mer

Par  Théo Rouby Lina Waka-Ceou

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