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Australie: une ONG accuse le gouvernement de sous-estimer les émissions de méthane

En 2020, l’Australie aurait émis 40 % de méthane de plus que ce qu’elle annonçait. C’est ce que le groupe Ember estime dans un rapport qui vient de paraître. Le méthane est le deuxième gaz à effet de serre généré par les activités humaines après le CO2.

Par  Caroline Moureaux AFP

Mine de charbon en Australie · ©CC/Max Phillips
Mine de charbon en Australie · ©CC/Max Phillips

Le groupe international de recherches Ember accuse l'Australie de sous-estimer de jusqu'à 40% les émissions de méthane liées à ses mines de charbon, dans un rapport publié mercredi 16 avril."Il y a une différence significative entre les émissions annoncées et les estimations réalisées par satellite", note une porte-parole, Sarah Shannon.Les images satellite font ainsi apparaître qu'en 2020, les émissions réelles de méthane des mines de charbon australiennes avait été supérieures de 40% aux données gouvernementales, selon cette étude.

L'activité minière représente près du tiers des quelque 5,3 millions de tonnes de méthane émises annuellement par l'Australie, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Une accusation récurrente 

Le pays, qui figure au 12e rang des émetteurs mondiaux de ce gaz, est régulièrement accusé de sous-estimer ses émissions.En 2022, l'AIE avait estimé que les émissions du secteur de l'énergie australien étaient environ 70% plus élevées que les chiffres officiels. Le mois dernier, une étude parue dans la revue Environmental Science & Technology avait accusé une mine australienne du groupe Glencore d'émettre de "trois à huit fois" plus de méthane que ce que la société déclarait.

Le méthane, un haut pouvoir de réchauffement 

Le méthane (CH4) est le deuxième gaz à effet de serre généré par les activités humaines après le CO2. Son pouvoir de réchauffement est 84 à 87 fois plus important sur 20 ans que celui du CO2."Etant donné le haut pouvoir de réchauffement du méthane, il est essentiel d'améliorer l'exactitude des déclarations pour pouvoir identifier et mettre en oeuvre des stratégies pour limiter" les émissions, souligne Ember.  Selon la Nasa, les concentrations de méthane dans l'atmosphère mondiale ont doublé en 200 ans et contribuent pour environ 30% à l'augmentation des températures.L'Australie s'est engagée à réduire d'ici à 2030 ses émissions de méthane d'au moins 30% par rapport à 2020.

Par  Caroline Moureaux AFP

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