Trois élus boulevard Vauban, un membre du gouvernement, des conseillers municipaux dans les quatre premières villes de Calédonie. Et la capacité, plusieurs fois éprouvée au Congrès, de faire basculer la majorité dans un sens ou l'autre. "L’Eveil océanien porte beaucoup de responsabilités", a posé son président dimanche soir, dans le JT de NC la 1ère. Voici ce qu'on peut retenir de l'interview.
"Aucune décision arrêtée" pour la présidence du Congrès
Le parti de Milakulo Tukumuli sera attendu au tournant, à la fin du mois, quand il s'agira d'élire le nouveau bureau du Congrès. L'EO va-t-il donner une fois encore ses voix aux indépendantistes ? Réponse de son président, par ailleurs à la tête de la commission permanente : "Les discussions vont se faire et je pense qu'aucune décision aujourd'hui n'est arrêtée." Et plutôt que le terme de "stratégie", l'invité parle de "volonté" : "stabiliser nos institutions parce que dans quelques semaines va s'ouvrir l'un des chapitres les plus importants de notre Histoire, c'est parler de notre avenir. Il faut qu'au niveau institutionnel, en tout cas localement, les choses soient apaisées."
« Depuis trois ans maintenant, nous organisons le paysage politique institutionnel. C’est une lourde responsabilité quand on est charnière. Il faut l’aborder avec beaucoup d’humilité, de sagesse et d’intelligence. »
Milakulo Tukumuli, président de l'Eveil océanien
Concernant une éventuelle chute du gouvernement Mapou, dont un membre est Vaimu'a Muliava de l'EO, "je n'ai pas à être pour ou contre", déclare Milakulo Tukumuli. Mais serait-ce une bonne chose ? "Ça dépend pour faire quoi après. Quelle majorité pour remonter, quel programme, quelle visibilité, quelle lisibilité nous donnons au pays... Quelle image nous donnons aux Calédoniens à l'heure où nous devons trouver un consensus sur l'avenir institutionnel."
« Nous devons collectivement sortir des postures politiques. Localement, ça marche. Mais quand il s'agit de construire l'avenir de nos enfants et de nos petits-enfants, nous devons sortir des postures politiques. »
Milakulo Tukumuli
Des inquiétudes sur le calendrier
Interrogé sur sa position concernant l'avenir institutionnel, le président de l'Eveil océanien se dit "très inquiet d'un point de vue du calendrier. Le référendum s'est tenu en partie le 12 décembre 2021 pour avoir dix-huit mois pour discuter et trouver un consensus. Le constat, c'est que depuis le 12 décembre (…), il n'y a rien qui se passe. Nous devons trouver un consensus politique avant juin 2023 et ensuite, transformer cet accord politique en accord juridique, parce que des élections vont avoir lieu en mai 2024."
« On milite pour trouver une solution calédonienne, entre partenaires politiques calédoniens. En tout cas dessiner les 80 % de convergence sur l'avenir institutionnel. Et ensuite aller le présenter à l'Etat et discuter éventuellement des points de divergence. »
Milakulo Tukumuli
Comité des signataires : "une très bonne chose"
Le ministre de l'Intérieur et des Outre-mer l'a annoncé à la mi-juillet, le comité des signataires doit faire son retour, à Paris, en septembre. "Une très bonne chose", estime Milakulo Tukumuli. "Si le comité des signataires se tient dans des conditions normales où tout le monde est autour de la table, bien sûr, on ira", ajoute-t-il, avant de glisser : "Je crois comprendre que début de semaine, courant de semaine, il y aura des contacts téléphoniques en haut lieu avec Paris pour discuter du fond, de la forme, etc."
Cette remarque en passant : "Je constate que ces dernières semaines, il y a eu trois petites maladresses avec le faux départ de Braun-Pivet pour venir en tant que ministre des Outre-mer, pareil avec Ms Darmanin et Carenco. Et puis avec cette convocation au comité des signataires."
"Quasiment un alignement entre l'Etat et les loyalistes"
Le dimanche précédent, le président du Rassemblement démocratique océanien s'exprimait pour le FLNKS sur notre plateau. Aloisio Sako a déclaré en substance que les loyalistes devaient désormais s'écarter et lasser la place à la représentation nationale. "Les Accords de Matignon ont été signés avec trois partenaires, que sont les loyalistes, les indépendantistes et l'Etat censé être impartial et neutre", répond Milakulo Tukumuli non sans un petit rire. "Avec les récents événements, et notamment la nomination de la présidente de la province Sud comme secrétaire d'Etat, je peux comprendre que les indépendantistes [se posent] des questions, parce qu'il y a quasiment un alignement entre l'Etat et les loyalistes."
Regard sur les législatives
La Calédonie sort d'une séquence politique - les législatives - durant laquelle l'Eveil océanien n'a pas donné de consigne à ses électeurs. Son président a toutefois émis "une position personnelle" : le souhait que la Calédonie ait un député indépendantiste et un député loyaliste. "Oui, j'avais fait cette déclaration, toujours dans l'ADN du mouvement, qui consiste à dire que nous ne pouvons pas faire (…) sans l'autre", a-t-il développé dimanche. "Nous sommes condamnés à vivre, à travailler, à imaginer le futur, ensemble."
« Il me paraissait normal, au vu des résultats des trois référendums, où on a l'impression que la Calédonie est coupée presqu'en deux parts égales, d'avoir ces deux sensibilités. »
Milakulo Tukumuli
Rappelons qu'au terme du scrutin, les deux sièges sont revenus aux candidats, loyalistes, de la majorité présidentielle.
L'urgence de sauver le Ruamm
Au chapitre des dossiers jugés prioritaires, l'invité du JT estime qu'"il y a beaucoup d'urgences en termes de politiques publiques". A commencer par "sauver le Ruamm" et "réaugmenter les recettes fiscales qui vont abonder l'ensemble des collectivités". Les propositions des élus Eveil océanien quant au déficit du Ruamm ne sont d'ailleurs pas passées inaperçues.
"L'inter-patronale m'accusait de venir 'péricliter' le travail concernant la réforme fiscale. Je considère que le travail que nous avions fait à l'Eveil océanien vient au contraire compléter la réflexion", défend Milakulo Tukumuli. "C'est un travail qui existe, il n'est pas parfait. Il demande à avoir les partenaires associés pour abonder, améliorer le texte. C'est le consensus que nous avons trouvé", et d'annoncer une rencontre cette semaine. "On réunira les partenaires. À la fois du patronat, des salariés et du gouvernement pour regarder comment, sur cette base de travail, on arrive à trouver un consensus global."
Face à la pénurie des professionnels de santé
"Comment inciter les professionnels de santé à s'installer en Calédonie ?", demande un internaute. "Le système de santé calédonien fonctionne très bien, c'est son système de financement qui fonctionne très mal", lance le président de l'EO. "C'est pourquoi nous avons déposé notre texte sur le Ruamm. La première réponse est celle-là, il faut déjà avoir les moyens de payer nos personnels de santé pour rendre attractif. 2, je crois comprendre que de manière globale, nous avons des problèmes de sécurité. Il faudra travaille une concertation avec les provinces le haut-commissaire aussi, pour regarder comment on arrive à améliorer ces conditions. Et enfin reparler du numerus clausus concernant les professionnels de santé."
Autre question posée via notre page Facebook : "Souhaitez-vous instaurer une taxe sur l'extraction minière et sur l'exportation du minerai plutôt que de taxer les Calédoniens ? " Réponse dans l'entretien complet avec Steeven Gnipate :
Par
- Nuits sans lumière 2026 : la campagne de sauvetage des Pétrels de Barau se tiendra du 3 avril au 3 maiDirectComme chaque année, la période d’envol des jeunes Pétrels de Barau approche. Le mois d’avril est celui des "Nuits sans lumière" à La Réunion. L’opération organisée par la SEOR, en partenariat avec les collectivités, vise à réduire les éclairages publics, privés et sportifs dans les communes de l’île.
/outremer%2F2024%2F04%2F04%2F0782921001681893555-660e42d4ac3b3327444057.jpg)
- Guerre au Moyen-Orient : "Il est très facile de débuter une guerre, il est beaucoup plus difficile d’arriver à ses objectifs", estime le général martiniquais Jean-Marc VigilantDirectInvité de Franceinfo ce lundi matin, le général martiniquais Jean-Marc Vigilant a analysé le conflit en cours au Moyen-Orient.
/outremer%2F2026%2F03%2F02%2F000-8te42x-1-69a5659d1e679080353176.jpg)
- Autisme : les recommandations de prise en charge actualisées par la Haute Autorité de la SantéDirectIl y a du nouveau dans la prise en charge de l’autisme. La Haute Autorité de la Santé vient d’actualiser ses recommandations. Elle préconise l’individualisation des soins et une plus grande implication des familles.
/outremer%2F2020%2F09%2F03%2F5f510251aba2e_autisme-1464656.jpg)
- Météo : Vigilance jaune vagues-submersion, la mer se dégrade rapidement sur les côtes de la MartiniqueDirectMétéo France appelle à la vigilance : la Martinique est placée en vigilance jaune vagues-submersion. Un vaste anticyclone sur l’Atlantique Nord renforce les alizés et provoque une dégradation rapide de l’état de la mer, avec de gros rouleaux attendus sur plusieurs secteurs exposés dès la matinée
/outremer%2F2026%2F03%2F02%2F919253ff-59a6-4089-91d9-b882e1135902-69a56ae566be8868327643.png)
- Cyclone Gezani : "parfois quand j’arrive aux distributions de riz, il n’y a plus rien", des sinistrés désabusés par le manque d'aidesDirectTrois semaines après le passage du cyclone Gezani, qui a causé la mort de plus de 60 personnes à Madagascar, la situation reste dramatique à Tamatave. 80 à 90 % des infrastructures, habitations et cultures de la ville ont été endommagées ou détruites. Si la Banque mondiale a commencé la distribution d'aides financières, une petite partie seulement a pu en bénéficier, provoquant la colère dans les quartiers.
/outremer%2F2026%2F03%2F02%2Fgezani-hab-69a55f051387a088464797.jpg)
/outremer%2F2022%2F08%2F01%2F62e74814d8661_capture-d-ecran-2022-08-01-a-14-26-48.png)