Les politiques publiques calédoniennes pourraient tirer des enseignements de leurs voisins du Pacifique face aux effets du changement climatique. C'est l'un des principaux constats mis en évidence par le travail de la chambre territoriale des comptes (CTC), qui a contribué à un rapport régional sur les mesures d'adaptation mises en place dans 9 états du Pacifique.
Les conclusions ont été diffusées ce jeudi 2 septembre en anglais. Elles mettent en commun les audits réalisés par différentes institutions supérieures de contrôle. "Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie n'est pas prêt pour faire face à l'érosion", a déclaré Jacques Wadrawane, magistrat à la Chambre territoriale des comptes, dans un compte rendu diffusé en ligne. "Nous avons noté que le gouvernement local n'a pas de plan stratégique, pas d'anticipation, et un manque de ressources, de financements."
Des projets menés "de manière indépendante et isolée"
En Nouvelle-Calédonie, la chambre a choisi d'évaluer les politiques publiques face à la montée du niveau de la mer. "Il représente un risque majeur, et il n'est pas traité correctement par la Nouvelle-Calédonie", explique Florence Bonnafoux, présidente de la chambre territoriale des comptes.
En mars dernier, la CTC avait déjà communiqué une partie des résultats de cet audit. Elle appelait à une meilleure anticipation de phénomènes tels que l'érosion, qui concerne 31 communes sur 33. Les conclusions soulignent notamment le manque de coordination entre les institutions qui traitent ces enjeux : l'État, le gouvernement, les provinces et les municipalités.
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Le rapport publié jeudi dernier met en avant l'exemple d'Ouvéa, où la commune et les habitants se trouvent esseulés face aux enjeux climatiques. "Comme sur l'ensemble du territoire, les aides et les projets ne faisaient l’objet d’aucun référencement, gestion ou coordination d’ensemble. Chaque projet a été mené de manière indépendante et isolée", souligne l'audit de la CTC.
Interdire la construction dans les zones à risque
Au-delà du manque de coordination, Florence Bonnafoux plaide pour une meilleure anticipation des politiques publiques. Elle avance notamment la nécessité, à plus long terme, de "mettre en place une réglementation pour interdire la construction dans les zones à risque et sur d'autres espaces prioritaires."
Selon la directrice de la CTC, la réglementation doit aussi préciser "la manière de choisir entre les bonnes solutions, solutions dures ou solutions douces naturelles, pour supporter le risque." À Nouméa, par exemple, l'aménagement "en dur" de l'Anse-Vata, confronté à un recul du trait de côte, a été contesté par des citoyens et l'association environnementale EPLP.
Dans le rapport régional, piloté par l'association des institutions supérieures de contrôle du Pacifique (Pasai), les mesures politiques calédoniennes sont mises en perspective avec les programmes développés dans la région.
"Nous pouvons tirer des enseignements des bonnes pratiques d'autres pays", conclut Florence Bonnafoux. Elle cite la Nouvelle-Zélande, "qui a une stratégie permettant une réévaluation des risques sur une période donnée et de faire évoluer les mesures prises."
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Parmi les neuf pays évalués dans ce rapport, la Nouvelle-Calédonie est le seul qui n'a pas encore programmé de plan pour faire face aux enjeux climatiques.
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Des mesures jugées "insuffisantes"
Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a voté deux projets de résolution en mai 2025. Le premier déclare l’urgence climatique et le second crée un fonds de résilience. À ce stade, le plan d'adaptation aux enjeux climatiques n'est pas terminé.
"Bien que des mesures aient été mises en œuvre, elles restent insuffisantes", peut-on lire dans le compte rendu de l'audit de la CTC. "La Nouvelle-Calédonie doit (...) élaborer une vision stratégique à long terme pour lutter contre le recul du trait de côte. Une approche équilibrée, alliant protection, adaptation naturelle et acceptation, sera essentielle pour relever ces défis en constante évolution."
Par Théo Rouby
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