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INTERVIEW. Pour Maxime Grousset, participer aux Jeux du Pacifique 2027 avec la Nouvelle-Calédonie "serait potentiellement envisageable"

Après avoir survolé les championnats du monde en grand bassin, à Singapour, Maxime Grousset profite d'un repos bien mérité en Nouvelle-Calédonie. Le nageur multititré était lundi soir l'invité du journal télévisé sur NC la 1ère. Entretien.

Par  Valentin Deleforterie Françoise Tromeur

Maxime Grousset invité du JT · ©NC la 1ère

Après les performances, les vacances. Maxime Grousset, qui n'était pas revenu depuis deux ans, se trouve de passage dans sa Calédonie natale, suite à ces mondiaux de Singapour qu'il a marqués de son empreinte.

Rappel de ses récents exploits avec Karine Arroyo.

Retour sur les exploits de Maxime Grousset aux championnats du monde · ©NC la 1ère

Au soir du lundi 18 août, le "cagou volant" des bassins était l'invité du journal télévisé de NC la 1ère. Retrouvez son entretien avec Valentin Deleforterie.

NC la 1ère : Champion du monde sur le 50 m et le 100 m papillon : est-ce que vous auriez parié là-dessus, il y a neuf ans, au moment de quitter la Calédonie ?

Maxime Grousset : J'y pensais. Mais une médaille d'or, c'était déjà très beau. Et j'avoue que de faire le doublé, c'était vraiment magique.

Il y a eu une marge de progression énorme, entre-temps, des résultats sans cesse meilleurs…

M.G. : Il y a eu une marge de progression qui est réelle. Après, je pense que l'année dernière, j'étais potentiellement capable de faire ces chronos-là. Je n'y suis pas arrivé, ça fait partie de mon histoire. En tout cas, je suis vraiment très fier et content d'avoir pu le faire à un moment comme les championnats du monde.

Champion de France, champion d'Europe, champion du monde… On le disait, votre palmarès s'étoffe chaque année. Il vous manque la médaille d'or aux Jeux Olympiques, le Graal pour tous les sportifs de haut niveau. Qu'est-ce qui vous a empêché jusqu'à présent d'atteindre cet objectif ?

M.G. : La préparation. Je pense que je n'étais pas prêt. Peut-être physiquement, mentalement. Il me manquait quelque chose. C'est sûr, il me manquait quelque chose dans la tête. Je n'étais pas prêt à gagner, à gravir cette plus haute marche du podium aux JO à Paris. Maintenant, je me rapproche de plus en plus de Los Angeles et j'espère la gravir à ce moment-là.

Ça, c'est l'objectif Los Angeles 2028 ? Aller rapporter une médaille d'or ?

M.G. : C'est l'objectif. L'objectif premier, c'est de rapporter une médaille - mais j'espère que c'est l'or. Après, il y a des étapes importantes : les championnats d'Europe à Paris l'année prochaine, les championnats du monde en 2027 et donc, en 2028, les JO. Étape par étape. Mais pour l'instant, je me place bien.

Maxime Grousset en vacances sur le Caillou, avec ses dernières médailles ! · ©Sarra Mejeri / NC la 1ère
Maxime Grousset en vacances sur le Caillou, avec ses dernières médailles ! · ©Sarra Mejeri / NC la 1ère

Il y a aussi ce chrono qui doit vous trotter dans la tête : le record du monde sur le 100 m papillon en grand bassin, 49 secondes et 45 centièmes. Vous êtes à 17 centièmes de le dépasser. C'est beaucoup, ou c'est peu ? 

M.G. : En vrai, c'est très peu. C'est très peu et je ne pensais honnêtement pas nager aussi vite à ce moment-là. Je suis tout proche de Caeleb Dressel, qui a fait le record du monde, et forcément, je vais y penser, maintenant.

C'est un record qui est atteignable ?

M.G. : C'est atteignable, en sachant que j'ai réussi à faire le record d'Europe et je ne pensais vraiment pas faire le record d'Europe à ce moment-là. Mais le principal objectif, à chaque fois que je vais me mettre à l'eau, ça ne va pas être forcément de faire le record. Ça va être de gagner, parce que j'ai des concurrents sérieux, face à moi.

Vous étiez lundi après-midi au CTOS (le Comité territorial olympique et sportif) où vous avez reçu plusieurs récompenses, dont la médaille de la Jeunesse et des sports. Il y a beaucoup d'engouement pour vous localement. Comment est-ce que vous l'accueillez ?

M.G. : Ça fait vraiment plaisir. Honnêtement, je suis très fier de pouvoir recevoir cette médaille, de rencontrer certaines personnes et de faire plaisir aux gens avec tout ce que j'ai fait. Je suis juste super content et heureux de partager ça avec la Calédonie.

Et le fait de revenir en Calédonie, c'est important pour vous ? Est-ce que ça peut faire partie de la préparation, par exemple mentale, pour les prochaines échéances ?

M.G. : Ça fait clairement partie de la préparation. C'est une partie importante de la performance : savoir récupérer, savoir se ressourcer, prendre le temps pour voir ses proches, prendre le temps pour se faire plaisir. Je vais reprendre l'entraînement quand j'en aurai envie, même si c'est toujours au même moment : au bout d'un mois, un mois et demi, ça commence à me "gratter", j'ai envie de reprendre l'entraînement. Mais je pense qu'il faut prendre le temps de tout ça.

Est-ce que vous voir avec la sélection calédonienne aux Jeux du Pacifique 2027 est une possibilité ?

M.G. : On m'en a beaucoup parlé. C'est une possibilité, bien sûr. Maintenant, je suis dans l'incapacité de dire que je vais y être, je ne peux pas l'affirmer.

C'est quelque chose qui vous plairait, en tout cas ?

M.G. : C'est quelque chose qui me plairait. En plus, la destination est assez sympa. On m'a dit aussi que c'était juste après les championnats du monde, ça collerait plus dans ma préparation (…) Ce serait potentiellement envisageable.

Parmi les jeunes pousses du Caillou, il y en a un qu'on surveillera également de très près : votre coéquipier Ethan Dumesnil. Quelle est votre relation ? Est-ce que vous l'accompagnez dans sa progression ?

M.G. : On s'entend très bien. Toute l'année, on est restés ensemble. On se cherchait l'un, l'autre parce qu'on faisait les mêmes séries, soit en papillon soit en crawl. Des fois, il me battait, attention ! Et franchement, il a été très fort, même pendant les championnats du monde où il n'a fait que les relais pour une première sélection. Il a explosé, il a fait un super chrono. Il est en constante progression et j'espère qu'il va continuer comme ça, mais je pense qu'on peut compter sur lui.

Vous vous êtes lancé depuis l'année dernière dans des études de kiné. Vous préparez votre après-carrière de sportif professionnel ?

M.G. : Oui, je prépare mon après-carrière. Même ce n'est vraiment pas évident de concilier les deux. Pour les études, les examens, ça va, j'y arrive à peu près. Mais c'est pour les stages, que c'est compliqué. Par exemple, en deuxième année, j'ai deux fois six semaines de stage. Elles ne sont pas évidentes à caler dans mon emploi du temps qui rime avec sollicitations, entraînement, stages et compétitions.

Par  Valentin Deleforterie Françoise Tromeur

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