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"On a besoin d'apaisement et de calme pour le devenir politique du pays", affirme le président de l'UPM Victor Tutugoro

Invité du journal télévisé, dimanche 26 janvier, le président de l'UPM a lancé un appel à la modération en vue de la période de négociation qui s'ouvrira début février. Une ligne à contre-courant des déclarations portées lors du 44e congrès du FLNKS ce week-end.

Par  Stéphanie Chenais

Victor Tutugoro, le président de l'Union progressiste en Mélanésie, était l'invité politique du JT dimanche 26 janvier. · ©NC la 1ère
Victor Tutugoro, le président de l'Union progressiste en Mélanésie, était l'invité politique du JT dimanche 26 janvier. · ©NC la 1ère

Au sortir d'une fin de semaine marquée notamment par la ligne dure du 44e congrès du FLNKS à Saint-Louis (Mont-Dore), c'est une voie guidée davantage par l'apaisement et la modération qu'est venu promouvoir au journal télévisé Victor Tutugoro, dimanche 26 janvier. Son parti, l'Union progressiste en Mélanésie, n'a pas participé à la réunion du Front, tout comme le Palika. Tous deux ont à la place organisé leur propre comité central.

La continuité d'un boycott que les composantes du groupe UNI ont décidé début septembre 2024, en guise de protestation suite au 43e congrès du FLNKS tenu à Pagou. L'évènement avait abouti à la nomination de Christian Tein à la présidence de la coalition, ainsi qu'à l'intégration en son sein de la CCAT et des petits partis nationalistes. 

La consécration d'une ligne radicale, à nouveau promue ce week-end, à travers les conditions posées par le FLNKS pour reprendre les discussions : une accession ferme à l'indépendance, dont la date devra être annoncée au plus tard le 24 septembre 2025. "On ne décide que de la pleine souveraineté", a ainsi résumé Dominique Fochi, le secrétaire général de l'Union calédonienne.

Deux philosophies différentes

"Le FLNKS est engagé aujourd'hui dans la logique qui est la sienne. Nous ne partageons pas cette logique-là", a indiqué Victor Tutugoro, reconnaissant toutefois que les composantes du front "restent des partenaires pour le combat politique et le projet politique que l'on porte".

Pour l'UPM, la stratégie du FLNKS doit s'articulier autour de la négociation politique. Or, "ce qui s'est passé le 13 mai, les actions qui ont été faites ne vont pas dans cette stratégie de négociation". L'objectif final d'indépendance "reste le même" des deux côtés mais "il y a ceux qui le portent de manière plus modérée, dont on fait partie avec le Palika, et il y a ceux qui s'ont beaucoup plus vindicatifs dans leurs propos et dans la manière d'amener les choses".

Une référence notamment aux propos polémiques tenus ce week-end par Rock Wamytan. L'ancien président du congrès, participant au congrès du FLNKS, a déclaré qu'il "y aura encore des morts, mais on va continuer, parce que l'on vit une sorte d'esclavage"

Un objectif d'indépendance-association

"On ne peut pas continuer à aller dans la déstabilisation", a pointé Victor Tutugoro, dont le parti penche en faveur d'un "projet de souveraineté partagée avec la France, qui reste une grande nation, parce qu'on a besoin de se reposer sur des grandes nations notamment pour la défense et la justice".

L'accession à la souveraineté du pays devrait toutefois être explicitée pour le président de l'UPM. "Une stabilité s'instaurera de facto, les esprits seront apaisés", a estimé Victor Tutugoro. Dans cette optique, l'UNI souhaite "négocier le temps et les modalités" pour atteindre son objectif. En l'état, le groupe estime raisonnable un délai de deux mandatures du Congrès, soit dix ans, pour y aboutir.

Une position qui sera portée dès le mois de février, lors des discussions à Paris, auxquelles UPM et Palika participeront au nom de l'UNI. "Il y aura des bilatérales qui seront ouvertes à tous les groupes institutionnels. Le gouvernement nous donnera ensuite les méthodes, parce qu'il a prévu qu'il y ait des discussions plénières qui suivent ces bilatérales", a expliqué Victor Tutugoro, dont le groupe continuera "à indiquer le projet, expliquer et chercher la méthode".

Le nécessaire retour de la sérénité

Reste que le contexte actuel semble peu propice à des discussions sereines. "On a besoin d'apaisement, on a besoin de calme pour entrer en négociation, pour le devenir politique du pays", a rappelé l'invité du JT. Un appel à la détente que l'UPM souhaite relayer sur le terrain : "On veut aller chercher les personnes de bonne volonté qui aspirent à vivre ensemble, à travailler ensemble pour un avenir de paix, un avenir dans le destin commun, mais qui soit un avenir pour tout le monde".

Le parti a décidé de travailler autour de deux axes. Il s'agit "d'aller informer les communautés et populations de Nouvelle-Calédonie sur le projet porté par l'UNI au regard de l'accord politique à aller chercher et des élections qui se profilent", ainsi que de "défendre le bilan que l'on porte depuis plusieurs années maintenant", a conclu Victor Tutugoro.

Retrouvez en vidéo l'interview complète du président de l'UPM :

Le président de l'UPM était l'invité du JT ce dimanche 26 janvier. · ©NC la 1ère

Par  Stéphanie Chenais

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