En short et claquettes : c'est en tenue décontractée que Hmana Wawalaha aime profiter de ses vacances sur le Caillou. Bien loin des codes de Bercy où Hmana travaille depuis six mois. L’enfant de la tribu de Kumo à Lifou a intégré le ministère de l’Économie et des Finances au poste de consultant juridique ; un contrat de deux ans.
"Mon bureau s'occupe de réglementations, en matière de commandes publiques. Quotidiennement, ça peut être énormément de choses, comme la rédaction de fiches techniques pour le cabinet politique, qui demande une réponse à une question posée par les parlementaires. Et c'est à nous, le bureau, notamment moi, de rédiger la position de l'État, du gouvernement et du ministre."
Passionné de politique
Diplômé d’un master en contentieux public, c’est au départ son intérêt pour la politique qui conduit ce jeune Calédonien dans les arcanes des ministères. Curieux et passionné par la politique locale et nationale, il intègre Sciences Po Paris, à l'issue de son baccalauréat obtenu en 2014 au lycée Do Kamo. C'est dans l'Hexagone, à 17 000 kilomètres de son île, qu'il se passionne pour un cours en particulier. "C’était les institutions politiques" se souvient Hmana. "C'était à la fois la compréhension du monde politique en France, mais aussi sur l'organisation politique institutionnelle."
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Avant de trouver sa voie et de poser ses cartons à Paris, Hmana Wawalaha raconte sans détour son parcours de galères. Des échecs qui sont devenus, ces dernières années, un moteur de réussite. "Quand j'ai intégré Sciences Po à l'époque, j'ai fait deux ans mais je ne suis pas allé au bout de l'expérience. J'ai dû me réorienter. Au départ, j'ai considéré ça comme un échec, donc j'ai eu du mal à rebondir par la suite" avoue le jeune homme.
Mais le Calédonien ne se décourage pas. Porté par le soutien de ses proches, et plus particulièrement de sa mère, Hmana s'inscrit à l'université de la Nouvelle-Calédonie. "Je dois beaucoup à ma mère qui a beaucoup été présente et qui m'a dit : 'Ce n'est pas grave, tu as essayé, personne ne pourra te le reprocher et si tu veux faire autre chose, tu peux t'inscrire dans d'autres formations.'"
L'objectif d'un retour aux sources
Fort de toutes ces expériences professionnelles, Hmana Wawalaha ambitionne à long terme de rentrer travailler au pays. "J'ai eu énormément de chance, j'ai été accompagné par le pays notamment par la province des îles, par les bourses. Donc, si à la fin de ces deux ans de Bercy, j'ai des opportunités de revenir au pays, je reviendrai sans problème. J'ai toujours cet objectif, aussi, professionnel, qui je l'espère se concrétisera un jour : réussir le concours de la magistrature administrative."
C'est avec beaucoup d'humilité qu'aujourd'hui, Hmana jette un regard sur le chemin parcouru. "J'ai réussi à rebondir et le conseil que je donnerais aux Calédoniens qui veulent faire de longues études, c'est d'essayer. Il y aura des échecs dans vos vies, c'est normal. Mais essayez et aller jusqu'au bout, personne ne pourra vous reprocher d'aller essayer. " En attendant, c’est à Bercy qu’il met son expérience à profit. "Je trouvais qu'on manquait énormément de cadres calédoniens, kanak, océaniens et cette volonté de retourner au pays, c'est quelque chose qui m'a toujours animé et qui m'animera toujours, jusqu'à mon retour."
Par Sheïma Riahi , Lizzie Carboni
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