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ASSISES. "Je suis allé, j’ai tiré et je suis reparti", la cour veut comprendre pourquoi un habitant de Pouembout a tué son oncle

Le 27 avril 2022, à Pouembout, un homme était mortellement blessé par balle à la poitrine par son propre neveu. Celui-ci comparaît depuis ce mardi et encore aujourd’hui devant la cour d’assises de Nouvelle-Calédonie, pour assassinat. Compte rendu d’audience.

Par  Lina Waka-Ceou Rédaction Nouvelle-Calédonie la 1ère

L'affaire de l'homme tué par son neveu à Pouembout en 2022 a commencée à être jugée aux assises le 18 novembre 2025.  · ©NC la 1ère
L'affaire de l'homme tué par son neveu à Pouembout en 2022 a commencée à être jugée aux assises le 18 novembre 2025. · ©NC la 1ère

Une altercation dans un magasin de Koné, le 26 avril 2022. C’est comme ça qu’aurait commencé l’enchaînement des faits qui a mené au drame. Le lendemain, à l'aube, un habitant de Paouta, fortement alcoolisé, tire sur son oncle au fusil. La balle, de calibre 25-06, atteint à la poitrine son aîné, âgé d’une cinquantaine d’années. Il ne survivra pas. 

"Il y a eu des provocations"

Trois ans et demi plus tard, l’affaire est arrivée aux assises de Nouvelle-Calédonie. Mardi 18 novembre, après le rappel des circonstances, plusieurs témoins sont entendus. À commencer par la sœur de l’homme, lui-même âgé d’une quarantaine d’années, qui est jugé pour assassinat. "Si mon frère en est arrivé là, soutient-elle, c’est parce qu’il y a eu des provocations de la part de Roger", la victime.

Les témoins se succèdent devant la cour d'assises, le 18 novembre 2025. · ©Nicolas Yann Martin / NC la 1ère
Les témoins se succèdent devant la cour d'assises, le 18 novembre 2025. · ©Nicolas Yann Martin / NC la 1ère

Deux caractères qui semblent à l’opposé

L’ensemble des témoignages s’accorde sur son caractère. L’oncle défunt est décrit comme quelqu’un de "dur", qui "dit les choses franchement que ça plaise ou pas". "Il est spécial, mon petit frère. Quand il s’énerve, bah attention !", lance même le père de l’accusé. Accusé quant à lui dépeint comme une personne calme, presque timide, qui n’aurait jamais eu un mot plus haut que l’autre. 

"Ça ne donne pas le droit de faire ça" 

Qu’est-ce qui a bien pu le mener à commettre un acte pareil ? La cour d’assises tente de comprendre. Le fils de la victime vient s’exprimer. "J’ai trop de rancœur, confie-t-il. Mon père, il était ce qu’il était. Mais ça ne donne le droit à personne de faire ce qui a été fait." Il l’assure, son papa "était un bon vivant, certes avec un franc-parler, mais il a toujours eu un grand cœur. Il faisait des crédits pour les gens de la tribu, les arrangeait quand ils avaient besoin de pièces." 

L’accusé ne nie pas

Un des experts psychiatriques est entendu par visioconférence depuis l’Hexagone. Il estime que l’accusé présente une grande immaturité intellectuelle et affective, mais aucun trouble neuropsychique qui pourrait altérer son discernement. 

Puis le principal intéressé est à son tour entendu. Il ne nie rien de ses actes et raconte tout. "Que se passe-t-il dans votre tête à ce moment-là ?", demande le président du tribunal. Réponse : "Rien. Je suis allé, j’ai tiré et je suis reparti aussitôt. Arrivé chez mon beau-frère, je lui ai dit d’appeler les gendarmes."

Au premier jour de ce procès, tout le monde semble s’accorder sur le fait que le problème central dans cette affaire est un contexte familial tendu, sur fond de conflit foncier. Le verdict est attendu ce mercredi. L’accusé encourt  une peine de réclusion criminelle à perpétuité.

Par  Lina Waka-Ceou Rédaction Nouvelle-Calédonie la 1ère

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