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Une journée d'échange autour du don d'organe à la tribu de Bangou à Païta

C'est encore un sujet sensible dans certaines communautés en Nouvelle-Calédonie. À la tribu de Bangou, coutumiers, soignants et familles se sont réunis pour parler du don d'organe qui est possible sur le territoire depuis 2020. Une journée organisée par la fondation Xérè et le comité consultatif coutumier environnemental.

Par  Marion Thellier Cédric Michaut Marie-Gwenaelle Gohe

Entre témoignages et partage de craintes, à la tribu de Bangou à Païta, la parole se libère autour du don d'organe. Autour d'un espace commun, les personnes greffées ont échangé sur leur expérience avec les coutumiers et soignants.

Un sujet encore délicat dans la société kanak

Les témoignages de personnes greffées peuvent aider à réconcilier le don d'organes avec la société kanak où le sujet est encore délicat. Comme l'explique Maurice Kaateu, président de l'aire coutumière Djubea-Kapumë et représentant des chefferies de l'île des Pins, "Prélever chez quelqu'un dans notre société c'est difficile parce que la vie est donnée par l'oncle utérin." Le Sénat coutumier avait exprimé en 2015 la position de la société kanak sur le prélèvement d'un organe, qui ne dépend pas de la personne seule, mais aussi de ses oncles utérins et de son clan.

D'autres aspects du don d'organes interrogent la société kanak, comme l'identité des personnes opérées, protégée par le secret médical. Le Sénat coutumier explique "qu'une relation s'établit entre la personne qui donne (et son clan) et la personne qui reçoit (et son clan)." L'anonymat n'est donc pas compatible.

La journée d'échanges à la tribu de Bangou permet de pousser la réflexion pour arriver à un consensus. Avec les contraintes imposées par la coutume, "il faut beaucoup discuter pour faire comprendre au monde coutumier que la vie est importante." confie Maurice Kaateu.

Chaque année, des journées de sensibilisation ont lieu sur le territoire pour ouvrir le débat sur la transplantation d'organe et le don du sang.

Depuis 2020, la Nouvelle-Calédonie est compétente sur l'ensemble du parcours de transplantation

Depuis la première greffe réalisée grâce au don d'un patient décédé en 2020, la Nouvelle-Calédonie est compétente sur l'ensemble du parcours de transplantation. Les départs de patients vers l'Hexagone se font donc plus rares, d'autant que, d'après Marion Roux, médecin en réanimation au Médipôle, "il y a une histoire de compatibilité. L'Hexagone a son patrimoine génétique qui est plutôt un patrimoine européen et y aller est peut-être une perte de temps."

À présent, le défi reste de convaincre davantage de familles à franchir le pas. Elles sont encore six sur dix à le refuser, deux fois plus que dans l'Hexagone.

Par  Marion Thellier Cédric Michaut Marie-Gwenaelle Gohe

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Édition du samedi 01 août 2026
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