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La Nation prête à perdre ses enfants ? L'angoisse des familles polynésiennes face au discours du général Mandon

Le général Fabien Mandon, chef d'état-major des armées, a tenu mardi un discours choc sur la nécessité pour la France d'être prête à la souffrance économique et à la perte de ses enfants en cas de conflit avec la Russie. Ces propos, jugés "alarmistes" par certains, ont provoqué une vague d'inquiétude chez les familles de militaires. Notamment au fenua.

Par  Rédaction Polynésie la 1ère Eric Tang

Mireille s'entretient avec son fils qui est militaire. Elle aussi s'inquiète pour lui. · ©Polynésie la 1ère
Mireille s'entretient avec son fils qui est militaire. Elle aussi s'inquiète pour lui. · ©Polynésie la 1ère

S’adressant il y a quelques jours aux maires réunis en congrès, le général Mandon a exposé sans détour les enjeux d'un potentiel conflit armé entre la Russie et la France. Il a déclaré que : « Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à perdre ses enfants, parce qu'il faut dire les choses, de souffrir économiquement (...), si on n'est pas prêt à ça, alors on est à risque ».

Le général Mandon face aux maires de France. · ©France Télévisions
Le général Mandon face aux maires de France. · ©France Télévisions

Ce discours survient alors que d'autres chefs d'état-major européens ont également tenu des propos alarmistes sur les menaces potentielles.

Onde de choc chez les parents

Pour Annick Tchong, mère de trois enfants engagés dont deux (dans la marine et l'armée de terre) sont susceptibles d'être directement envoyés « sur les fronts » au cas où, l'onde de choc a été immédiate. Elle confie que l'annonce a « retourné » la famille. « Déjà le fait qu'ils partent seulement, ça nous a fait mal », explique-t-elle, ajoutant que se retrouver « en face d'une grande tragédie » est inconcevable.

Elle avoue que la situation lui « arrache le cœur » et que sa famille « n'arrête pas de prier » et de penser à toutes les possibilités. Bien que sa fille, elle-même militaire dans les relations humaines ou la logistique et donc pas susceptible d'aller « directement sur le front », l’inquiétude demeure, surtout pour ses fils.

Engagement et devoir militaire

Woullingson Raufaore, maire de Maupiti et ancien parachutiste fort de 30 ans de carrière militaire, comprend les craintes soulevées par le discours du chef d'état-major, qu’il reconnaît être « un peu alarmiste ». Mais il rappelle que le métier de militaire est avant tout un engagement.

Il précise que l'armée inclut l'armée de terre, l'armée de l'air et la marine, et que « tout le monde est appelé à un moment ou un autre à partir en intervention ».

Le maire de Maupiti a participé à la rencontre des élus d'outre-mer lundi 17 novembre et était présent au congrès des maires lors du discours du chef d'état-major des armées.  · ©Outremer la 1ère
Le maire de Maupiti a participé à la rencontre des élus d'outre-mer lundi 17 novembre et était présent au congrès des maires lors du discours du chef d'état-major des armées. · ©Outremer la 1ère

M. Raufaore insiste sur le fait que l'engagement dans l'armée est un « métier d'armes ». « À partir du moment où nos enfants ou les jeunes ont signé leur contrat, ça veut dire qu'ils ont pris un engagement vis-à-vis de l'institution militaire ». Il rappelle que cela implique d'être prêt pour les théâtres d'opération extérieure. Il souligne l'importance d'être prêt, malgré l'amertume des parents, car il faut « être prêt à ce que nos enfants aillent sur les théâtres d'opération extérieure parce que c'est leur métier ».

Concernant la menace directe, il se dit persuadé que « la Russie n'attaquera pas la France » en premier lieu, mais plutôt l'Europe, ce qui obligerait alors la France à intervenir. Il reconnaît toutefois que le chef d'état-major des armées a insisté sur la nécessité de se préparer à un conflit éventuel d'ici 2030.

Chaque année, environ 600 jeunes Polynésiens s'engagent dans l'armée.

Par  Rédaction Polynésie la 1ère Eric Tang

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