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Locations de voitures: les premières conséquences de loi "narcotrafic"

Depuis le 1er janvier et l’application stricte de la loi "narcotrafic", les paiements en espèces sont désormais interdits pour la location de voitures. Un secteur ciblé, car potentiellement une source de blanchiment d’argent. Désormais, tout paiement doit être absolument tracé. Les loueurs de véhicules déplorent depuis une perte de revenus.

Par  Pierre-Emmanuel Garot Lucile Guichet

C'est l'inquiétude chez les loueurs de voitures. L'interdiction d'accepter les paiements en espèces représente pour eux une perte sèche · ©P.1ère
C'est l'inquiétude chez les loueurs de voitures. L'interdiction d'accepter les paiements en espèces représente pour eux une perte sèche · ©P.1ère

C'est l'inquiétude chez les loueurs de voitures. L'interdiction d'accepter les paiements en espèces représente pour eux une perte sèche. "Les clients sont un peu en rage quand je les informe de cette loi. Je leur explique que, comme ils peuvent le voir dans les informations, beaucoup d'argent de location est impliqué dans le blanchiment d'argent" explique Manuarii Barsinas, loueur.."De mon côté j'essaie aussi de donner une bonne image, toutes les agences de location ne sont pas impliquées. Il y a quand même des bons loueurs".

Dans les districts ou dans les îles, ou la bancarisation est plus rare, difficile de demander à la clientèle locale un paiement par carte ou par virement. Le syndicat des loueurs de Polynésie dénonce une stigmatisation de la profession, et demande une révision de la loi. Poetea Mervin, présidente du syndicat, martèle: "pourquoi la location de voitures en tous genres devrait être la seule impactée ? Pourquoi pas demain matin, on va au magasin, et on paye seulement en espèces aussi, cela serait logique et normal. Parce que là aussi, on peut blanchir de l'argent. Y compris auprès des roulottes quand on va manger notre steak frites".

Le syndicat des loueurs de Polynésie dénonce une stigmatisation de la profession, et demande une révision de la loi. · ©P.1ère
Le syndicat des loueurs de Polynésie dénonce une stigmatisation de la profession, et demande une révision de la loi. · ©P.1ère

Pourtant, tous les loueurs ne respectent pas la loi. Nous en appelons un au hasard en nous faisant passer pour un client. Et nous demandons à régler la location en espèces. "C'est pas possible de faire pour toi en carte ?" commence à demander le loueur. Nous tentons de négocier: "Non, comme je n'ai plus mes cartes. Si je peux payer en liquide, ça m'arrange !"..Réponse de l'intéressée: "Si tu n'as que cela comme moyen de paiement, mon collègue il va prendre". Nous concluons: "26 125 FCP, je vais voir avec le collègue s'il a du liquide, comme cela on va payer en liquide". Dernier échange avec le loueur: "OK, il n'y a pas de souci".

La Polynésie compte près de 600 loueurs aujourd'hui. Leur nombre a triplé en 10 ans. En cas de non-respect de la loi, ils encourent une amende. Et en cas de sinistre, les assurances ne prendront pas en charge les réparations sur un véhicule loué en espèces.

Par  Pierre-Emmanuel Garot Lucile Guichet

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Édition du samedi 05 septembre 2026

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