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Mama Natura sonne l'alarme : les déchets s'accumulent « plus vite que les décisions » en Polynésie

Dans un communiqué, l’association Mama Natura dénonce un état d’urgence écologique en Polynésie française. Malgré des dépôts de plainte et des signalements documentés, la présidente Adeline Yvon alerte sur l’accumulation des déchets dans les rivières et lagons, soulignant le manque flagrant de suivi judiciaire par les autorités compétentes.

Par  Rédaction Polynésie la 1ère

Et quand vient la saison des pluies, tout est rejeté à la mer. · ©Mama Natura
Et quand vient la saison des pluies, tout est rejeté à la mer. · ©Mama Natura

L'association de protection de l'environnement Mama Natura, active depuis plusieurs années sur les dépollutions, monte à nouveau au créneau. Dans un communiqué, Adeline Yvon, sa présidente, souhaite faire part « d’une réalité environnementale dont on parle peu, mais que nous observons quotidiennement sur le terrain ».

La rivière a pris une drôle de couleur à cause de rejets douteux. · ©Mama Natura
La rivière a pris une drôle de couleur à cause de rejets douteux. · ©Mama Natura

Car plusieurs cas illustrent des atteintes à l'environnement. Par exemple, à Papeete, une entreprise de BTP qui rejette sa laitance de ciment directement dans la rivière de Tipaerui continue ses actions.

De même, la rivière de Tepapa est devenue « un véritable dépotoir en plein lit de rivière », écrit Mama Natura.

Un véritable dépotoir. · ©Mama Natura
Un véritable dépotoir. · ©Mama Natura

Près du collège de Mahina, un terrain appartenant au Pays est « jonché de déchets depuis plusieurs semaines », confrontant élèves et riverains quotidiennement.

Inaction face aux pollueurs

Malgré l'engagement de Mama Natura dans la dépollution des littoraux, rivières et lagons, Adeline Yvon constate que très peu d’actions sont engagées par les autorités. Pour le cas de Tipaerui, une plainte a été déposée il y a deux ans, et malgré « plusieurs relances par courrier » adressées à la procureure de la République, celle-ci est restée « sans suite à ce jour ». Ce manque de suivi judiciaire se retrouve également à Papara, où des documents ont permis d’identifier les auteurs d’un dépotoir sauvage, mais il n'y a eu « aucune suite judiciaire à ce jour ».

"Pas nécessaire"

Les constats posent la question de « comment sont réellement traités les signalements environnementaux en Polynésie française ? ». Le lagon de Vairai à Punaauia, site appartenant au Pays, a nécessité le retrait de 448 batteries usagées en juin dernier. Bien qu’il en reste « probablement autant encore dans l’eau et la terre », lorsque l’association a demandé à la DIREN d’effectuer des prélèvements, « la réponse a été que cela ‘n’était pas nécessaire’ ».

Un gros sac plein de... · ©Mama Natura
Un gros sac plein de... · ©Mama Natura

Par ailleurs, près du stade Bambridge, des big bags remplis de plastique sont entreposés sur un pont, et lors des pluies, « les déchets tombent directement dans l’eau puis rejoignent le lagon ».

La voix du terrain

Toutes ces situations sont « accessible[s] et consultable[s] publiquement sur les réseaux sociaux de Mama Natura, où chaque action et chaque constat est documenté en toute transparence », indique le communiqué. La fondatrice de l'association, Adeline Yvon, déplore surtout l’écart entre les discours et la réalité du terrain : « L’écologie ne se fait pas dans les conférences, mais sur le terrain là où, aujourd’hui, les déchets s’accumulent plus vite que les décisions ».

avec communiqué

Par  Rédaction Polynésie la 1ère

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Édition du mercredi 24 juin 2026
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