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Tueuses ou sauveuses des coraux ? Le rôle des taramea ne laisse personne indifférent

Depuis des années maintenant, les Polynésiens essayent de limiter les effets dévastateurs des taramea qui mangent le corail et laisse les récifs sans vie ou presque. Pourtant, certains scientifiques estiment qu'elles ont un rôle à jouer, que ces étoiles de mer pourraient permettre au récif de se regénérer. Le dérèglement climatique entre aussi dans l’équation et apporte son lot d’incertitudes. Alors faut-il vraiment les tuer ?

Par  JULES BOURGAT Mélissa Chongue Dylan Fels Eric Tang

Bénéfique ou non pour nos récifs ? · ©Polynésie la 1ère
Bénéfique ou non pour nos récifs ? · ©Polynésie la 1ère

"On a une prolifération sur toute l'île de Moorea, sur la pente externe et maintenant un peu dans le lagon, depuis 3 ans et demi. Elle a mangé tout le corail, elle vient comme une armée des profondeurs jusqu'au récif et mange tout le corail sur sa route. Elle laisse le squelette mais le polype, la partie vivante, est mort", explique Suzanne Mills, directrice d’étude à l’EPHE et chercheuse au Criobe.

Trois piqûres avec du vinaigre et son sort est joué. · ©Polynésie la 1ère
Trois piqûres avec du vinaigre et son sort est joué. · ©Polynésie la 1ère

Fin août à Moorea, une campagne d'élimination des taramea a eu lieu. Mais est-ce que les tuer (notamment avec du vinaigre) permet vraiment de résoudre le problème du récif ? Au fond, les taramea existent depuis toujours, elles vivent avec le récif, alors faut-il vraiment les tuer ? Le problème n'est-il pas plus complexe que ça en vérité ?

Les dates clés de l'état du récif en fonction de la présence ou non des taramea. · ©Polynésie la 1ère
Les dates clés de l'état du récif en fonction de la présence ou non des taramea. · ©Polynésie la 1ère

Avec cette courbe, on voit que le récif n’est pas quelque chose de stable, il évolue dans le temps, il est parfois très vivant puis parfois en mauvaise santé.Alors qu’à Moorea, le récif était au plus bas en 2010 après le passage des taramea, il s’est reconstitué pour un taux de recouvrement de 50% en 2017.Mais les taramea sont revenues en force il y a quelques années et en 2025, il ne reste plus que 1 à 2% du corail vivant à Moorea.

La place du prédateur

Pour autant, l’idée de dire qu’aujourd’hui, le récif n’est pas en bonne santé et qu’il faut vite le sauver, n'est pas forcément vrai. "La complexité d'un récif corallien est telle qu'il faut ne faut pas aller trop vite dans conclusions et se poser les questions. Pourquoi un prédateur existe et est-ce qu'il n'a pas un rôle à jouer ? Peut-être que ces vagues de haut et de bas sont peut-être nécessaires au récif. Mais là, remis dans un contexte de changement climatique, c'est là où on se dit que comme celui-là c'est un prédateur majeur et qu'il est très puissant, en le touchant on ne peut pas rééquilbrer les choses ?", se demande Yannick Chancerelle, responsable des suivis sur le long terme de l’état de santé du récif.

Quand un corail meurt, de nouvelles larves s’implantent et une nouvelle colonie peut se développer. C’est là l’intérêt des taramea.Mais des études récentes sembleraient montrer que le réchauffement des océans favoriserait un peu trop la prolifération des taramea. L’acidification de l’océan cause un blanchissement des coraux… et aussi une surproduction d’algues qui rendent la vie des coraux très, peut-être trop difficiles. "On se questionne sur la capacité res récifs à revenir. Ils sont revenus par le passé, mais parce qu'il n'y avait pas toute cette prolifération de macro-algues qu'on a aujourd'hui sur la pente externe, mais des fois les récifs nous surprennent", explique Laetitia Hédouin, directrice de recherche au CNRS.

Laisser faire la nature

En 2010, le passage du cyclone Oli a permis de nettoyer le récif des taramea, des algues et des squelettes de coraux. Les larves ont pu s’implanter et le récif a retrouvé ses couleurs. Quand l’homme n’a pas les clés pour lui venir en aide, la nature parvient elle-même à trouver des solutions.

Par  JULES BOURGAT Mélissa Chongue Dylan Fels Eric Tang

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Édition du mercredi 24 juin 2026
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