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Airbags défectueux : un arrêté ministériel impose l'immobilisation des 19 000 véhicules concernés à La Réunion

Malgré les alertes et les rappels, environ 19 000 voitures équipées d'airbags Takata défectueux sont toujours en circulation à La Réunion. Ce mercredi 30 juillet, un arrêté ministériel est publié au Journal Officiel pour forcer les immobilisations.

Par  Annaëlle Dorressamy / Erwann Ponnet / Florence Bouchou

Airbags défectueux : un arrêté ministériel impose l'immobilisation des 19 000 véhicules concernés à La Réunion · ©Imaz Press Réunion
Airbags défectueux : un arrêté ministériel impose l'immobilisation des 19 000 véhicules concernés à La Réunion · ©Imaz Press Réunion

Un arrêté ministériel publié ce mercredi 30 juillet impose l'immobilisation immédiate de tous les véhicules encore équipés d'airbags Takata. À La Réunion, environ 19 000 voitures seraient concernées.

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :

Face au scandale Takata, le gouvernement demande aux constructeurs de prêter un véhicule de remplacement pour les voitures immobilisées. Mission impossible à La Réunion selon l'UFC Que Choisir · ©Réunion la 1ère

Une mesure de sécurité publique

L'arrêté est paru ce 30 juillet au Journal Officiel. Il impose l'immobilisation de tous les véhicules encore équipés d'Airbags Takata. Les constructeurs doivent proposer un véhicule de remplacement à leurs clients concernés, le temps de réparer un défaut si cela dépasse 15 jours d'intervention. 

Cette décision du gouvernement s'inscrit dans une réponse ferme face à la dangerosité de ces airbags défectueux, responsables de 18 décès en France, dont deux à La Réunion.

Des milliers de véhicules concernés

Sur l'île, environ 19 000 voitures n'ont toujours pas été prises en charge, selon les chiffres du syndicat mixte de l'importation et du commerce de La Réunion (SICR). En février dernier, une campagne de sensibilisation avait été lancée sous le nom de "Stop Drive"

En janvier déjà, la préfecture avait lancé une campagne d'information en appui de l'action des constructeurs concernés.

Les constructeurs auront désormais jusqu'à la fin de l'année pour effectuer les réparations. Ils devront aussi proposer un rendez-vous à domicile ou prendre en charge un remorquage jusqu'au garage le plus proche.

Une association de consommateurs monte au créneau

L'UFC-Que Choisir étudie les recours contre certains constructeurs. Une action de groupe est engagée étant donné que les délais de prise en charge et les solutions proposées sont jugés insuffisants.

Jean-Marie Potin, président de l'UFC-Que Choisir à La Réunion, pointe également un problème d'offre locale : "il semblerait qu'il n'y a pas assez de voitures de prêt, ni d'airbags de remplacement".

« Par rapport à notre plainte de groupe qu'on a fait, ils réagissent complètement à côté de la plaque. Il n'y a pas de possibilité de donner des voitures de location aux personnes concernées. Aujourd'hui, il faut qu'on trouve des solutions avec ces concessionnaires. »

Jean-Marie Potin, président UFC-Que Choisir à La Réunion

Écoutez Jean-Marie Potin, président de l'UFC-Que Choisir sur Réunion La 1ère : 

Airgbag Takata : interview de Jean-Marie Potin, président de l'UFC-Que Choisir · ©Réunion la 1ère

Airbags défectueux : deux morts à La Réunion

En 2021, une mère de famille de 39 ans perdait la vie dans un accrochage à la Saline-les-Bains. L'airbag Takata défectueux était en cause.

Dans la nuit du 30 janvier 2025, un automobiliste avait perdu la vie sur la nouvelle Route du Littoral au niveau de la Grande Chaloupe après une perte de contrôle lors d'un dépassement.

Une crise de confiance

À La Réunion, comme ailleurs, cette affaire des airbags Takata défectueux, ravive les tensions entre les consommateurs et les marques automobiles. Failles logistiques, manque de transparence, délais à rallonge... Le rappel massif des airbags défectueux devient aussi révélateur d'un système à bout de souffle, où la sécurité routière dépend souvent des arbitrages économiques. 

Par  Annaëlle Dorressamy / Erwann Ponnet / Florence Bouchou

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