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Crise politique et sociale à Madagascar : Antananarivo sous tension, les stations balnéaires en refuge pour les touristes

Après une pause "stratégique" hier, jeudi 2 octobre, le mouvement de la "Gen Z" se poursuit à Madagascar ce vendredi. La violence de la répression pousse certains à quitter ou éviter la colère qui agite les rues d'Antananarivo, pour la douceur des stations balnéaires, comme Nosy Be, île à la réputation touristique du Nord de la Grande Ile.

Par  Adjaya Hoarau / Hermione Razafinarivo / Précilla Etheve

La violence de la répression pousse certains à quitter ou éviter la colère qui agite les rues d'Antananarivo, pour la douceur des stations balnéaires, comme Nosy Be, île à la réputation touristique du Nord de la Grande Ile. · ©Hermione Razafinarivo
La violence de la répression pousse certains à quitter ou éviter la colère qui agite les rues d'Antananarivo, pour la douceur des stations balnéaires, comme Nosy Be, île à la réputation touristique du Nord de la Grande Ile. · ©Hermione Razafinarivo

Les manifestations de la "Gen Z" malgache ne sont pas près de prendre fin.

Alors que le mouvement Gen Z exige toujours la démission d'Andry Rajoelina, qui lui, doit nommer un nouveau gouvernement prochainement. 

Mais le limogeage du gouvernement n'a pas suffi à calmer la fronde. En attendant un retour à l'apaisement, les touristes semblent éviter la capitale malgache et se réfugient dans certaines stations balnéaires.

Atmosphère bien différente à Nosy Be

À Nosy Be, le temps est comme suspendu. Alors que la Gen Z de Madagascar descend dans les rues de la capitale et des grandes villes pour dénoncer les coupures d'eau et d'électricité abusives, la petite île du nord du pays est relativement calme. Les commerçants ne veulent pas manifester, car la région est touristique. Une mobilisation représenterait un véritable manque à gagner pour eux.

Les touristes réunionnais rencontrés à l'aéroport de l'île, n'ont pas souhaité décaler ou annuler leurs billets. Ils comprennent le mouvement des jeunes malgaches.

« Ici à Nosy Be ça va mais on va aller sur Tana et là on ne sait pas. Mais le combat du peuple on le comprend, nos ancêtres viennent de Mada. On ne voulait pas décaler notre voyage, on prend les bons et les mauvais côtés du territoire. Si il faut ça pour que le peuple soit entendu, on respecte. »

Roxanne, de Saint-André.

« Nosy Be c'est plus vraiment Madagascar, y'a un grand contraste avec le reste de la Grande Ile. Et c'est malheureux mais à La Reunion on est pas assez mobilisés, ça me met hors de moi. Nou lé kreol, nou sort ici, faut pas nou oublie. »

Pricilla, une Réunionnaise qui vit entre Saint-Gilles les Hauts et Fort Dauphin.
Crise politique et sociale à Madagascar : Nosy Be, le refuge des touristes

Quelles solutions pour les voyageurs depuis La Réunion ?

Depuis le début des manifestations il y a une semaine, les agences de voyages et les compagnies aériennes de La Réunion enregistrent des annulations ou des reports des voyages de leurs clients.

Comme Patrick, qui connaît bien Madagascar pour y avoir séjourné plusieurs fois. Le 11 octobre prochain, il devait accompagner un groupe religieux d'une vingtaine de personnes à Antananarivo.

« Mon épouse c'est la première fois li sava, ma pas envie fait découvre a elle la violence. Ma pas envie d'aller dan un pays oussa nou gayn coup de balles. »

Patrick

Mais rien n’est perdu pour ce voyage qu’il prépare depuis un an, grâce à son assurance, il peut décaler son voyage de plusieurs mois, en attendant que la situation se calme.

Évidemment, ces reports sont exceptionnellement modifiables sans frais. Un manque à gagner tout de même ce mois-ci pour la compagnie Corsair.

« Une fois que les grandes vacances d'hiver austral sont passées, octobre et ses deux semaines de vacances scolaires sont la seconde grosse période avant la fin d'année. Il fait partie des mois stratégique de l'année. »

Jules Perreau, directeur régional de Corsair Océan Indien

La compagnie aérienne a mis en place des conditions particulières, les clients qui le souhaitent peuvent modifier les dates de leur voyage, sans frais.

Pour l'heure, l'aéroport d'Antananarivo est toujours en capacité d'accueillir les avions en toute sécurité. Aucune raison pour la compagnie de modifier ses programmes de vol, mais les destinations situées dans le Nord de la Grande-Ile pourraient être privilégiées par les voyageurs les semaines à venir.

Par  Adjaya Hoarau / Hermione Razafinarivo / Précilla Etheve

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