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Le tribunal correctionnel prononce la nullité de la citation pour injures à caractère raciste à l'encontre du directeur du Crédit Agricole

Didier Grand, directeur général du Crédit Agricole était jugé pour injures publiques à caractère raciste. Ce vendredi 23 mai, le tribunal correctionnel prononce la nullité de la citation à son encontre.

Par  Adjaya Hoarau

Didier Grand (à gauche), déguisé en "Gandalf" lors du séminaire de décembre 2023, devant la diapositive polémique · ©DR
Didier Grand (à gauche), déguisé en "Gandalf" lors du séminaire de décembre 2023, devant la diapositive polémique · ©DR

Il lui était reproché des faits d'injures publiques à caractère raciste. Didier Grand, directeur général de la banque, avait évoqué un cliché visant les malbars, les « 3V : Vilain, voleur, vantard » lors d’une grande réunion du Crédit Agricole en décembre 2023.

Le tribunal prononce la nullité de la citation

Ce vendredi 23 mai, le tribunal correctionnel annonce la nullité de la citation du prévenu, pour défaut de précision suffisante de l'infraction reprochée à Didier Grand.

Il avait été présenté au tribunal de Grandes Instances à Saint-Denis vendredi 16 mai, pour “injures à caractères racistes.” Mais le principal intéressé ne s’était pas rendu à l’audience.

Pour rappel, en décembre 2023, lors de la soirée de Noël, rassemblant l'ensemble des salariés de la banque, il avait qualifié l'un de ses employés de "malbar 3V", comprenez "vilain, voleur, vantard", et est même allé jusqu'à l'illustrer dans un diaporama.

Le reportage de Réunion La 1ère :

"Une manipulation" pour la défense

Didier Grand s'était défendu en expliquant qu'il souhaitait au contraire, déconstruire les clichés sur la communauté malbar. Son avocate, Lucile Collot, pointait aussi du doigt une instrumentalisation des propos de son client.

Une vidéo, fournie par les parties civiles, montrait ce salarié sur scène, avec les mots "vilain, voleur, vantard" affichés sur un écran géant.

Selon Me Lucile Collot, cette vidéo aurait été "volontairement tronquée" par les parties civiles, alors qu'elle serait en fait une réponse à une première vidéo d'un salarié ayant candidaté pour co-animer la soirée. Il s'était désigné lui-même comme un "vilain malbar" lors de cette video de candidature.

« Dans sa vidéo, le salarié indiquait qu'il était un "vilain malbar" et c'est dans la perspective de déconstruire ce préjugé que M. Grand lui a répondu que non, il n'était "pas le plus vilain mais le plus beau d'entre nous" et que le seul V qu'il pouvait faire valoir, c'était le V de veinard. »

indique maître Lucile Collot
Didier Grand aurait expliqué au salarié que le seul V qu'il pouvait faire valoir, c'était le V de veinard. · ©Extrait de la citation directe devant le tribunal correctionnel
Didier Grand aurait expliqué au salarié que le seul V qu'il pouvait faire valoir, c'était le V de veinard. · ©Extrait de la citation directe devant le tribunal correctionnel

Cette affaire pourrait avoir une suite, le 13 mai dernier, Didier Grand a porté plainte pour tentative d'escroquerie au jugement.

Par  Adjaya Hoarau

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Édition du mercredi 30 septembre 2026

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