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"On est en 2026, il faut changer de mentalité" : une journée pour montrer aux jeunes filles qu'elles ont toute leur place en filières scientifiques

Comme à Saint-Pierre mardi, ce jeudi, une journée "Filles et maths" a accueilli quelque 120 collégiennes et lycéennes d'établissements de La Réunion, afin de les inciter à oser se lancer dans des filières scientifiques, qui ne sont pas réservées qu'aux garçons.

Par  Johanne Chung To Sang Amandine Rivière

Conférence sur les mathématiciennes pour la journée filles et maths  · ©DR
Conférence sur les mathématiciennes pour la journée filles et maths · ©DR

Les mathématiques, pas pour les filles ? Et pourtant : Ada Lovelace, Emma Chenu, Charlotte Scott, Sofia Kovalevskaïa, Marie Curie, ou encore Emmy Noether comptent parmi les nombreuses femmes mathématiciennes ces derniers siècles, comme l'a montré Marion Le Gonidec, lors de sa conférence ce jeudi 30 avril 2026 sur le campus du Moufia à l'Université de La Réunion.

Cette maîtresse de conférence en mathématiques, directrice de l'institut de recherche sur l’enseignement des mathématiques et de l'informatique (IREMI), a ainsi présenté les femmes qui ont marqué l'histoire dans cette discipline, mais qui sont pourtant méconnues du grand public.

L'objectif : montrer que oui, des femmes ont été expertes en mathématiques dans le passé, et d'autres ont vocation à l'être encore demain.

Conférence sur les mathématiciennes, journée filles et maths  · ©Amandine Rivière
Conférence sur les mathématiciennes, journée filles et maths · ©Amandine Rivière

Plus de 120 collégiennes et lycéennes

L'événement qui trouvait sa place au sein de toute une "Journée Filles, Maths, et Informatique, une équation lumineuse", adressée à plus de 120 élèves de 3e et de 2nde d'établissements scolaires du bassin nord-est de l'île. Des filles, exclusivement.

Car le but de cette journée, également organisée auprès des élèves du bassin sud-ouest mardi, était de "combattre les stéréotypes sexués et promouvoir les carrières scientifiques nécessitant des compétences mathématiques et informatiques".

4 filles sur 10 suivent l'enseignement de spécialité mathématiques en terminale

En lycée général, 42% des filles suivent l'enseignement de spécialité mathématiques en terminale. Soit 4 sur 10 seulement.

Depuis la réforme du lycée, en particulier, et la disparition de la filière scientifique, les filles oseraient encore moins s'orienter vers les mathématiques, fait valoir Marjorie Jalla, enseignante en maths et référente égalité au lycée Sarda Garriga.

La faute aux stéréotypes

La faute aux représentations et aux stéréotypes émanant de la famille ou de la société, selon lesquels les garçons seraient plus doués en sciences que leurs camarades de sexe féminin. Or, il y a eu des femmes avant elles qui ont osé se lancer dans les sciences, comme l'a montré cette conférence.

« Il faut encourager les filles pour ouvrir le champ des possibles lors de l'orientation, pour choisir entre autres les mathématiques, l'informatique ou les sciences de manière générale. »

Marjorie Jalla, enseignante en maths et référente égalité au lycée Sarda Garriga

"Le mérite est la principale cause de la réussite"

"J'ai trouvé que c'était très intéressant de parler des stéréotypes", sourit Lola, lycéenne qui se dit passionnée autant d'histoire que de physique et mathématiques, et qui se destine à une carrière dans les sciences... ou les sciences politiques.

« On est en 2026, il faut changer de mentalité : de nos jours, les études sont accessibles à tous les sexes, et le mérite est la principale cause de la réussite, j'espère que beaucoup de femmes vont réussir dans les années à venir, comme il y en a qui ont déjà réussi jusqu'à présent. »

Lola, lycéenne

Océane et Anna, deux autres adolescentes, abondent : "Tout le monde peut réussir en maths".

Présenter des exemples à suivre

Si elles manquaient encore d'exemples concrets, les femmes scientifiques invitées à partager leur expérience ce vendredi après-midi ont pu achever des les convaincre, voire de les inspirer. L'idée : présenter davantage de "role models" aux jeunes filles pour leur montrer qu'elles peuvent réussir elles aussi dans ces voies.

Sur le format d'un "speed-dating", les collégiennes et lycéennes ont pu rencontrer des étudiantes ou des ingénieures dans divers domaines scientifiques, et à qui elles ont pu pendant 15 min poser toutes les questions qu'elles avaient en tête sur leur parcours.

Des femmes ingénieures et des étudiantes en sciences

Ainsi retrouvait-on, par exemple, une géomètre-expert, une ingénieure chez EDF, une administratrice de réseaux chez Air Austral, une ingénieure de recherche en chimie analytique ou en mathématiques appliquées... Des étudiantes en filières scientifiques étaient aussi là pour mettre le pied à l'étrier à leurs successeurs.

"Ce n'est pas une question de genre"

Arielle Macaire-Noah, étudiante de 19 ans, a eu l'occasion de décrire son parcours à ses cadettes : baccalauréat obtenu à 17 ans, puis une première année en classe préparatoire aux grandes écoles, et une réorientation en CPES (Cycle pluridisciplinaire d'études supérieures) Economie et Sciences de l'ingénieur.e, afin de devenir "ingénieure dans le BTP ou l'aéronautique".

"Depuis le lycée j'ai toujours aimé les sciences, j'ai décidé de continuer mes études dans la voie scientifique. Si on aime les sciences, ce n'est pas une question de genre. Il faudrait que les filles soient un peu plus représentées dans les formations scientifiques", juge la jeune fille.

Égalité filles-garçons

D'autres activités, comme des ateliers autour des stéréotypes, ou encore une pièce de théâtre-forum intitulée "Codée", ont complété cette journée organisée pour la première fois à La Réunion par l'association Femmes et Mathématiques, l’inspection pédagogique régionale de mathématiques et l’Association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public (APMEP), avec le soutien de la Direction régionale du droit des femmes et à l'égalité, de la préfecture de La Réunion, et en partenariat avec la Faculté des Sciences.

Une manifestation aux profonds enjeux d'égalité filles-garçons, quand on sait que la France manque d'ingénieurs et de techniciens, et que parmi les 55% de filles parmi les étudiants, seulement 25% intègrent des formations d'ingénieurs et du numérique. Les priver de ces formations, c'est donc les orienter vers des métiers moins porteurs d'emplois, mais aussi moins rémunérateurs.

Par  Johanne Chung To Sang Amandine Rivière

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Édition du lundi 03 août 2026
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