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Rentrée scolaire à La Réunion : le scepticisme des syndicats après la visite éclair d’Elisabeth Borne

Au lendemain de la rentrée scolaire et de la visite éclair d’Elisabeth Borne à La Réunion, les syndicats sont sceptiques. Hier, mardi 19 août, la CGTR Educ'Action, FSU, FO et le Saiper-Udas ont manifesté devant le rectorat avant d’être reçus par la ministre.

Par  Laura Philippon

Elisabeth Borne en visite à La Réunion, mardi 19 août. · ©Imaz Press
Elisabeth Borne en visite à La Réunion, mardi 19 août. · ©Imaz Press

Pour les syndicats, le bilan est mitigé. Au lendemain de la rentrée scolaire, ils font part de leurs craintes et de leur scepticisme.

Hier, mardi 19 août, des représentants de la CGTR Educ'Action, la FSU, FO et le Saiper-Udas ont rencontré la ministre de l’Education nationale, Elisabeth Borne, avant son départ pour Paris. Ils ont été reçus après avoir manifesté devant le rectorat à Saint-Denis. Tous estiment que les annonces d'Elisabeth Borne étaient "de la communication", lors de cette visite éclair d'une journée.

"De l'esbrouffe" pour la CGTR Educ'action

Pour Joël de Palmas, secrétaire général de la CGTR Educ'Action, invité du journal de Réunion La 1ère, hier soir, ces annonces sont "de l’esbrouffe". Il estime pourtant qu’il y avait "foule de dossiers à évoquer", à commencer par le problème de l'absentéisme dans les lycées professionnels après les examens du mois de mai.

"J'aurais voulu savoir sa position là-dessus", dit-il. Il aurait aussi aimé parler de l'autonomie énergétique du bâti scolaire, ou encore des difficultés financières de l'université.

Regardez son interview sur Réunion La 1ère :

Visite d’Elisabeth Borne : réaction de Joël De Palmas, secrétaire général syndicat CGTR Educ’Action

Joël de Palmas, secrétaire général de la CGTR Educ'Action retient toutefois une note positive : l’annonce de la mise en place des Pôles d'Appui à la Scolarité. "Nous aurons du personnel dédié pour les élèves en situation de handicap qui n'auraient pas encore été détectés", souligne-t-il, même s’il reste sceptique sur les moyens donnés au dispositif. Il espère qu’il ne s’agira pas d’un "échelon administratif de plus".

Les craintes du Saiper-Udas

Ce scepticisme est partagé par Gladys Robert, secrétaire générale du Saiper-Udas. Elle craint que ces Pôles d'Appui à la Scolarité ne revienne à "diminuer le nombre d'AESH indispensables dans les écoles".

"On veut des moyens sur le terrain" notamment pour lutter contre la violence dans les écoles", soutient-elle. Elle aurait aussi voulu attirer l'attention sur la problématique de la surrémunération supprimée pour les agents de l'Education nationale en congés longue maladie.

Regardez son interview sur Réunion La 1ère :

Rentrée scolaire : Gladys Robert, secrétaire générale du SAIPER UDAS

"L’Education nationale à sec" pour la FSU

De son côté, Marie-Hélène Dor de la FSU Réunion, balaie d'un revers de la main les annonces de la ministre, et appelle à les relativiser. Le Pôle d'Appui à la Scolarité (PAS) est "un dispositif qui vient s'empiler sur un autre", qui reviendrait à "baisser les moyens et le temps de présence des AESH auprès des élèves", avance-t-elle.

"Nous avons un message à faire passer à madame Borne (...) : les coupes budgétaires et suppressions de postes mettent les services publics et en particulier l'Education nationale à sec, l'empêchant de réaliser ses missions dans les meilleures conditions possibles", dénonce Marie-Hélène Dor de la FSU Réunion.

Une manifestation des syndicats enseignants devant le rectorat lors de la visite d'Elisabeth Borne à La Réunion, mardi 19 août. · ©Imaz Press
Une manifestation des syndicats enseignants devant le rectorat lors de la visite d'Elisabeth Borne à La Réunion, mardi 19 août. · ©Imaz Press

"Aucune dotation" rappelle FO

Enfin, le syndicat FO a lui aussi été représenté lors de l'audience avec Elisabeth Borne hier, en fin d'après-midi. Dominique Brochart, secrétaire départementale Snudi-FO, fait remarquer que s'il n'y a pas de suppression de poste cette année, il n'y a pas de dotations non plus.

"C'est la première année à La Réunion qu'on a aucune dotation", regrette-t-elle, soulignant une situation problématique dans l'académie vis-à-vis des remplacements. "L'année dernière, on a eu jusqu'à 700 classes non-remplacées au plus fort de l'épidémie de chikungunya", souligne-t-elle.

La ministre de l'Education nationale Elisabeth Borne aura effectué une visite express d'une journée à La Réunion, sans réussir à convaincre les syndicats. Elle s’est rendue dans trois établissements scolaires de l'île, pour rencontrer élèves, enseignants, et autres personnels. Retrouvez ici ce qu’il faut retenir de sa visite.

Par  Laura Philippon

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Édition du mercredi 09 septembre 2026

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