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Spécialité du bac en langue régionale : une annonce saluée mais "impossible à réaliser" à La Réunion, selon une professeure certifiée de créole

Si une spécialité a été suivie pendant deux années en langue régionale, comme le créole, l’épreuve correspondante au bac pourra être passée dans la même langue. La mesure annoncée par le ministre de l'Education nationale séduit sur le papier, mais risque d'être impossible à appliquer dès 2028, regrettent les syndicats.

Par  Lise Hourdel Precilla Etheve

Les épreuves du baccalauréat à La Réunion se déroulent en même temps que dans l'Hexagone. · ©Sly / Imaz Press Réunion
Les épreuves du baccalauréat à La Réunion se déroulent en même temps que dans l'Hexagone. · ©Sly / Imaz Press Réunion

A partir de 2028, les élèves de terminale ayant suivi une de leurs spécialités en corse, en breton ou encore en créole, pourront passer l’épreuve dans la langue régionale. Le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, l’a annoncé en fin de semaine dernière.

 

Impossible à réaliser pour 2028

Si Aurélie Filain, membre du syndicat enseignant UNSA et professeure certifiée de créole, salue l’annonce gouvernementale, elle sait que dans les faits la mesure sera impossible à mettre en pratique.

« Ça ne concernerait que très peu d’élèves en France, et aucun élève à La Réunion pour l’instant, puisqu’il faudrait en fait ouvrir une spécialité créole dans un lycée, et que les élèves poursuivent le créole entre la première et la terminale à la rentrée.  »

Aurélie Filain, membre du syndicat enseignant UNSA et professeure certifiée de créole

 

Le timing est, pour l’enseignante, très serré. L’annonce est en effet faite fin mai, or les classes et les spécialités ont déjà été bouclées pour la rentrée prochaine, explique Aurélie Filain.

 

Les moyens manquent

Des professeurs certifiés en langue régionale devraient ainsi enseigner dans les disciplines non-linguistiques, comme par exemple enseigner les Maths en créole, explique Aurélie Filain. Ce qui n’est pas le cas à La Réunion, faute de moyens selon elle.

« On sait tous que l’Education nationale manque de moyens que ce soit pour les langues régionales, les langues vivantes ou tous les dispositifs depuis la maternelle jusqu’au lycée. Donc c’est impossible que ce dispositif soit mis en place à La Réunion. »

Aurélie Filain, membre du syndicat enseignant UNSA et professeure certifiée de créole

 

Des élèves favorables à la mesure

Pour Charlyse Maurée, passer une épreuve du bac en créole aurait été une fierté. L’élève de terminale technologique au Lycée Paul Vergès de Saint-Paul étudie le créole en option depuis presqu’un an.

« C’est une fierté de passer une épreuve, surtout du bac, qui compte pour l’avenir, en créole.  »

Charlyse Maurée, candidate au baccalauréat

 

Pour l’instant, l’option créole apporte surtout des points aux élèves pour le baccalauréat. Pour ceux qui ont commencé en première, le coefficient est de 4, et ceux qui l’ont faite en terminale bénéficient d’un coefficient 2.

Par  Lise Hourdel Precilla Etheve

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Édition du mercredi 24 juin 2026
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