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Saint-Laurent-du-Maroni : une jeune policière française enlevée et torturée au Suriname a vécu l’enfer

L’émotion et l’incompréhension sont totales après cet enlèvement d’une rare violence qui choque la Guyane. Vendredi 20 mars dans la soirée, une fonctionnaire de la Police aux frontières (PAF), âgée de seulement 21 ans, a été enlevée en pleine rue à Saint-Laurent-du-Maroni. Des vidéos de cet acte brutal, diffusées sur les réseaux sociaux, montrent la jeune femme contrainte d’embarquer en pirogue avec ses ravisseurs, en direction du Suriname.

Par  Nella Bipat

D’après les informations du quotidien "France-Guyane", les malfaiteurs ont traversé le Maroni avant de l’emmener dans une villa située sur le territoire voisin.

Selon les premiers éléments, la policière a été attachée à un arbre et fouettée à de multiples reprises. Une brutalité qui interroge, qui sidère, et qui soulève une question simple : comment une telle scène a-t-elle pu se produire si près de la frontière française, en si peu de temps, et dans un silence total jusqu’à sa diffusion sur les réseaux ?

fleuve à Saint-Laurent du Maroni · ©Vanessa Porphyre
fleuve à Saint-Laurent du Maroni · ©Vanessa Porphyre

C’est finalement son oncle, également policier, qui a décidé de traverser lui-même le fleuve pour aller la récupérer. Il l’a ramenée samedi matin à Saint-Laurent-du-Maroni.

Séquestrée, attachée, et fouettée : des images insoutenables

Physiquement, la victime est désormais en sécurité. Elle a été hospitalisée et prise en charge dès son retour par les équipes médicales. Mais sur le plan psychologique, le traumatisme s’annonce considérable. Selon la procureure en charge de l'affaire Aline Clérot, « ses jours ne sont pas en danger. Une association d’aide aux victimes a été saisie en urgence ce [samedi] matin ». Cette affaire rappelle aussi le kidnapping présumé d'une enseignante en 2024.

Une enquête ouverte, un mobile encore flou

La section de recherches de la gendarmerie de Cayenne a été saisie alors que plusieurs questions restent sans réponse :

  • S’agissait-il d’une vengeance ?
  • Une rançon a-t-elle été demandée ?
  • Les ravisseurs voulaient-ils s’en prendre spécifiquement à une policière, ou à cette jeune femme en particulier ?

Une source aurait également évoqué un possible lien avec une agression récente. Il pourrait aussi s'agir de tensions politiques internationales, de trafic de stupéfiants ou d'un règlement de comptes. Le parquet n’exclut quant à lui aucune piste.

Des zones d’ombre qui appellent des réponses

L’enquête devra désormais répondre à toutes ces questions, tandis que la jeune femme, elle, entame un long chemin de reconstruction après tant de sévices, le traumatisme sera profond pour la victime. Reste que la violence extrême de cet enlèvement, son déroulement transfrontalier, l’intervention familiale pour récupérer la victime constituent autant d’éléments qui rendent cette affaire exceptionnelle… et inquiétante.  

 

Par  Nella Bipat

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