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Desserte inter-îles, démographie, attractivité du territoire : les priorités d’Annick Girardin, sénatrice de Saint-Pierre-et-Miquelon

Après un an d’inéligibilité, Annick Girardin a retrouvé son siège de sénatrice de Saint-Pierre et Miquelon ce dimanche 14 septembre. Ses priorités : la desserte inter-îles, l'attractivité de l’archipel, une fiscalité plus juste, plus de place pour les collectivités, etc. 

Par  Flavie Bry Cécile Rubichon

Annick Girardin élue sénatrice invitée du JT de SPM la 1ere · ©saintpierreetmiquelon

Cette fois-ci, elle a ouvert un compte bancaire pour sa campagne. Ça a même été “la première étape. Quand on a payé pour ses erreurs, on ne les recommence pas”, pose Annick Girardin, invitée du journal télévisé de ce dimanche 14 septembre. Quelques heures plus tôt, elle a retrouvé sa place de sénatrice, perdue après avoir été déclarée démissionnaire d’office et inéligible pendant un an.

« Je n’ai pas apprécié la dissolution. Je crois qu'on a rajouté un niveau de bordel. »

Annick Girardin

Dans la journée, son téléphone a sonné mais pas pour lui demander d’entrer au gouvernement, assure-t-elle. "Je crois qu'on ne me le proposera pas parce que quand je suis sortie du gouvernement, après le premier mandat d'Emmanuel Macron, j’ai dit que je ne reviendrai pas.”

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Première habitante de Saint-Pierre et Miquelon à être nommée ministre, elle quittait alors son quatrième portefeuille ministériel. Des missions pour lesquelles elle avait dû interrompre son mandat de députée.

“Je crois qu'il faut effectivement que les très riches participent davantage"

Cette fois, elle semble souhaiter rester centrée sur l’archipel. Par désaccord avec Emmanuel Macron ? "Je n’ai pas apprécié la dissolution. Je crois qu'on a rajouté un niveau de bordel", assume-t-elle. Tout en comptant sur Sébastien Lecornu, le nouveau Premier ministre, dont elle a été proche.

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“Je lui souhaite, pour la France, de réussir à former un gouvernement” et de concilier les forces politiques "pour faire passer un certain nombre de dossiers et donner un budget à notre nation. (...) On a besoin d'union, j'espère que ça marchera.”

« Retrouver cette confiance avec les Français, c'est essentiel ou on va à la catastrophe. »

Annick Girardin

Elle en a conscience, “les Français réclament plus de justice, plus d'équité, il faut être au rendez-vous". En osant revoir l’imposition sur les revenus, précise-t-elle. “Je crois qu'il faut effectivement que les hyperriches ou les très riches participent davantage”, estime-t-elle, en référence au projet de taxe Zucman.

À ses yeux, le système fiscal, social et de santé, à bout de souffle, “doit être repensé. L'effort repose sur les travailleurs qui sont une petite tranche de la population, qui ont leurs enfants à l'école et ont besoin de financer leur scolarité, qui ont leurs parents souvent dans les EHPAD. Pour cette tranche de population, il faut vraiment qu'on puisse travailler autrement sur les ressources” tout en réduisant les dépenses, estime-t-elle.

Contre "une France du contrôle"

De la classe politique nationale, elle s’est éloignée, indique-t-elle. Avec une association, elle a en revanche, beaucoup réfléchi à “comment on peut réécrire un contrat de confiance entre l'État et les collectivités et notamment les provinces, qui peuvent être les régions d'aujourd'hui.”

Une alternative à “une France du contrôle (...). La France est trop compliquée aujourd'hui. C'est presque une dictature administrative française et européenne. Il faut retrouver le sens du service public au service des populations, au service des collectivités”, défend-elle.

Le numérique comme perspective économique ?

Son premier rendez-vous de sénatrice, le 30 septembre, à l'Élysée, porte d’ailleurs sur la question des statuts des territoires d'outre-mer. Elle ira aussi à la rencontre des élus locaux, à Miquelon-Langlade, à Saint-Pierre et à la collectivité territoriale ”pour porter effectivement les projets des collectivités.”

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Il sera question d’attractivité du territoire et de desserte inter-îles, ses deux priorités. “La nouvelle vague de départ que nous connaissons aujourd'hui, de jeunes et de moins jeunes, me fait très peur.” Pour enrayer ce déclin démographique, il faut redonner des perspectives à la population, déroule-t-elle. Pour cela, “on a besoin, avec le soutien de l'État, de relancer l'économie du territoire”, son attractivité. Au-delà de la pêche et du tourisme, "on peut parler de numérique, on peut parler du positionnement de Saint-Pierre et Miquelon en Amérique du Nord. Je crois que ça c'est essentiel”, pose-t-elle.

Sur la desserte aérienne, "il faudra se battre"

Sa deuxième préoccupation concerne la desserte inter-îles et les évacuations sanitaires. “Ça rajoute encore de l'angoisse à ceux qui vivent sur le territoire.” Sur cette question, la collectivité territoriale, l’Etat, la caisse de protection sociale et les élus locaux doivent travailler ensemble selon elle.

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“La solution, ça ne peut pas être que de dépendre des Canadiens. Il faut un travail collectif, un seul positionnement, il faudra se battre parce qu'il y aura besoin de moyens. Il va falloir s'entendre.”

L'interview complète est à retrouver ci-dessus.

Par  Flavie Bry Cécile Rubichon

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