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Des initiatives locales pour aider les malades du diabète

Près de 4 millions de personnes vivent avec un diabète en France. En 2020, on en recensait 77 sur l’ensemble de l’archipel. Une maladie qui reste malgré tout méconnue, alors qu’elle nous concerne tous, de près ou de loin. Cette semaine, plusieurs initiatives ont été organisées pour inviter les habitants à se faire piquer le bout du doigt...

Par  Yvana Navion

Marché de Noël de l'association diabète SPM · ©Yvana Navion
Marché de Noël de l'association diabète SPM · ©Yvana Navion

À quand remonte votre dernière prise de sang pour contrôler votre glycémie ? La question peut sembler anodine, mais elle ne l’est pas. Le diabète progresse souvent en silence, sans douleur ni signe spectaculaire. Nombreuses sont les personnes qui découvrent leur maladie tardivement, à l’occasion d’un bilan de santé ou d’un autre problème médical.

Un marché de Noël solidaire pour financer des soins

Ce samedi, une dizaine de stands ont pris place dans les locaux de l’école du Feu Rouge. Dès l’entrée, la musique, les guirlandes et les décorations plongent les visiteurs dans l’ambiance de Noël. Les enfants, happés par les lumières et les odeurs de biscuits, zigzaguent entre les tables, les yeux brillants. Mais derrière ce décor festif, c’est bien le marché de Noël de l'association diabète SPM qui se tient là. Au programme : vente de décorations de Noël, de jouets en tout genre, d'objets pour la maison, sans oublier gâteaux et douceurs pour les plus gourmands.

Marché de Noël de l'association diabète SPM · ©Yvana Navion
Marché de Noël de l'association diabète SPM · ©Yvana Navion
Stand de maquillage au marché de Noël · ©Yvana Navion
Stand de maquillage au marché de Noël · ©Yvana Navion

Ce week-end a un double objectif : aider l’association mais aussi sensibiliser dès le plus jeune âge. Les enfants peuvent participer à des ateliers maquillage, à la fabrication de petites montgolfières ou encore de pantalons de Père Noël. Comptez 2 euros pour le maquillage de Noël et 15 euros pour une activité manuelle à la suite de laquelle les enfants repartent avec leur création. Autant d’activités dont les bénéfices sont reversés aux personnes atteintes de diabète. Les intervenants sont tous bénévoles de l'association, certains préparent cette journée depuis longtemps et ont à cœur de donner de leur temps pour cette cause.

"Les fonds de ce marché nous permettent de venir en aide à nos adhérents sur des paires de lunettes et des appareils auditifs, à hauteur de 200 euros par an", confie Stéphanie Thomson, présidente de l'association diabète SPM. Un soutien concret, qui soulage le budget de nombreuses familles et facilite le suivi médical.

Des objets de Noël à la vente pour soutenir financièrement les personnes atteintes de diabète · ©Yvana Navion
Des objets de Noël à la vente pour soutenir financièrement les personnes atteintes de diabète · ©Yvana Navion
Une dizaine de stands présents lors de cette édition du marché de Noël · ©Yvana Navion
Une dizaine de stands présents lors de cette édition du marché de Noël · ©Yvana Navion

Pour l’Association diabète SPM, ce rendez-vous est un temps fort voire vital. Depuis trente ans, son marché de Noël permet de récolter des fonds pour accompagner les malades. L’association, non subventionnée, vit en grande partie grâce à cette vente, qui constitue sa principale rentrée d’argent et se prépare plusieurs mois à l’avance.

"Les maisons de Noël pour Miquelon ont été commandées au mois de mars et puis on est partis six jours au Canada pour chercher des objets qu’on ne trouve pas ici afin d'avoir un marché assez varié et rempli", explique Stéphanie Thomson, la présidente de l’association.

Le diabète, une maladie chronique encore mal comprise

En France, on ne meurt pas directement du diabète dans tous les cas mais cette maladie peut provoquer de graves complications et favoriser l’apparition de pathologies plus lourdes. C’est ce qui la rend particulièrement redoutable.

"Le diabète est une maladie qui est mal perçue donc il faut changer ça pour que les gens puissent prendre en main leur pathologie. On l’associe toujours à la sédentarité, à une mauvaise hygiène de vie, à l’obésité ou au manque d’activité physique… alors que ce ne sont pas les seules causes", insiste Stéphanie Thomson.

A lire aussi : Le diabète à Saint-Pierre et Miquelon : les bons réflexes pour prévenir et dépister la maladie

Si le diabète peut parfois refléter un déséquilibre global de la santé, il est aussi, dans de nombreux cas, lié à des facteurs indépendants des choix de vie. C’est le cas du diabète de type 1, une maladie auto-immune qu’on ne peut pas prévenir. Le diabète de type 2, peut, lui, survenir à la suite d’une autre maladie, tel qu'un cancer, ou être favorisé par une prédisposition génétique.

Enfin, le diabète gestationnel apparaît lors de la grossesse. Pour certaines femmes, l’épisode ne s’arrête pas complètement après l’accouchement - l’équilibre glycémique peut rester fragile et le risque de développer un diabète peut persister dans les années qui suivent.

« On a des cas de diabète qui explosent et on parle d’une pandémie mondiale, donc il faut faire attention : ça attaque tous les organes. »

Stéphanie Thomson

Au-delà du diabète lui-même, ce sont surtout ses conséquences qui inquiètent. Parmi elles, la rétinopathie diabétique - une complication qui touche une partie des patients diabétiques de type 2. Elle s’explique par l’atteinte des vaisseaux sanguins de l’œil, appelés les capillaires. L’excès de sucre dans le sang fragilise la paroi de ces vaisseaux, qui finissent par se rompre, entraînant des lésions de la rétine. Selon la Fédération des diabétiques, la rétinopathie diabétique serait la première cause de cécité avant 65 ans.

Stand de la Caisse de Prévoyance Sociale pour sensibiliser au diabète · ©Rédaction SPM
Stand de la Caisse de Prévoyance Sociale pour sensibiliser au diabète · ©Rédaction SPM

Pour éviter d’en arriver à ces situations, la Caisse de Prévoyance Sociale se mobilise depuis plusieurs années pour informer et sensibiliser la population de l’archipel. Hier, un dépistage gratuit était proposé au centre commercial de Saint-Pierre.

Le principe est simple : une petite piqûre au bout du doigt, une goutte de sang déposée sur une bandelette puis analysée par un appareil. En quelques secondes, le résultat tombe et permet de vérifier si la glycémie se situe dans la norme, généralement entre 0,70 et 1,10 g/L de sang. Laurie Arrossaména, diététicienne au centre de santé, explique que "grâce à un petit dépistage avec la glycémie capillaire, on peut avoir un premier repère, orienter les gens, les inciter à amorcer une conversation avec leur médecin lors d’une consultation et puis donner les grands conseils alimentaires et d’activité physique pour éviter d’avoir un diabète plus tard".

Prise de glycémie au stand de la CPS · ©Rédaction SPM
Prise de glycémie au stand de la CPS · ©Rédaction SPM

Ce type d’opération permet de toucher un public large et surtout des personnes qui ne consultent pas régulièrement de professionnels de santé. Le diabète est une maladie insidieuse qui évolue lentement et parfois sans symptôme. Le dépistage est donc essentiel, voire vital afin de changer le cours de la maladie et d'éviter des conséquences irréversibles.

Par  Yvana Navion

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