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À Wallis : le lū, symbole culinaire avant la fête paroissiale de Mu'a

Le district de Mu'a, dans le sud de Wallis fête son saint Patron ce vendredi 1er mai. Selon la tradition wallisienne, de nombreux habitants ont préparé le lū. Un mets traditionnel incontournable des grandes célébrations coutumières d'Uvea.

Par  Stéphanie Vili

lu  · ©Leone Vaitano'a
lu · ©Leone Vaitano'a

Ce 30 avril, veille de la fête de St Joseph, une euphorie particulière anime le district de Mu’a. L’église paroissiale a été richement décorée de nattes confectionnées pour l’évènement.

Un chatoiement de rouge et de blanc couvre les colonnes de l’édifice centenaire et annonce la couleur : le district sud se prépare à célébrer son Saint Patron.

Un évènement fédérateur et synonyme de fierté pour toute la population de Vaimalau à Lavegahau. En dehors de l'église, la fête se traduit et surtout dans le folklore traditionnel. Cette année encore, de nombreuses familles continuent à faire perpétuer la tradition du "fai lû", de la préparation au partage.

Plus qu'une préparation culinaire : une tradition ancrée

A l’extrémité sud du district, à Vaimalau, toute une famille s’agite. Entouré de ses fils et de quelques "copains", Elia Magoni déterre ses « lû » cuits à l’étouffée, une nuit entière, dans le « ‘umu » le four traditionnel. Une odeur suave, envahit peu à peu le paito et indique à l’assemblée que les mets sont parfaitement cuits.

A Wallis, le « lû faka’afû » n’est pas qu’un dessert. C’est une préparation culinaire réservée aux occasions, particulièrement les fêtes paroissiales.

Du lait de coco en abondance, de la farine de manioc, seuls deux ingrédients composent le lû. Pourtant, la fabrication nécessite de nombreuses mains et de longues heures de cuisson. Avec le temps, la recette s'est simplifiée mais elle reste complexe.

« La seule chose qui a changé par rapport aux lû de l'époque, c'est la farine. Avant on râpait le manioc nous même et on le filtrait dans un tissu fin avec de l'eau pour faire la farine. Maintenant tu l'achètes au magasin, c'est vite fait! »

Elia Magoni

Aujourd'hui, seuls les hommes préparent le lû des grandes occasions. On peut mesurer l’effort déployé à la satisfaction qui se lit sur les visages de la famille Magoni. Tel un trésor sorti de terre, le « lû » se révèle et il est cuit à point pour la Saint Joseph.

Accompagné de bananes mises à mûrir quelques jours plus tôt, le « lû » est prêt à être savouré.

Pas de fête sans partage

Selon la tradition wallisienne, la majorité de ces desserts seront distribués aux familles et amis avec un point d’honneur pour les habitants d’autres districts.

« en premier pour mes deux fils et leurs familles et puis pour mon copain parce-qu’il vient de Hihifo, deux ou trois familles et puis ma mère qui vit seule, ma sœur .. »

Elia Magoni

S’il estime ses « lû » assez dignes, Elia Magoni en fera don aux autorités religieuses et coutumières. Une telle offrande devra s’accompagner d’un cochon cuit au four traditionnel.

Pour le père de famille, le devoir a été accompli. Toute cette journée du 30 avril sera destinée au partage des mets. Comme un avant-goût de la célébration à venir.

Par  Stéphanie Vili

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Édition du lundi 15 juin 2026
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