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Wallis-et-Futuna : sensibiliser pour mieux protéger la tortue imbriquée

Menacée d’extinction, la tortue imbriquée ne vient pondre dans le Pacifique qu’à Wallis. Considérée comme un animal emblématique du territoire, elle est aujourd’hui au cœur d’une campagne de sensibilisation portée par le service de l'environnement et CapForm et Découverte pour mobiliser la population et assurer sa survie.

Par  Youssrah Mahadali

Tortue imbriquée à l'îlot de Faioa · ©WF la 1ère
Tortue imbriquée à l'îlot de Faioa · ©WF la 1ère

À Wallis-et-Futuna, la mobilisation se poursuit pour protéger la tortue imbriquée, une espèce classée en danger critique d’extinction. Invitée du journal télévisé de Wallis et Futuna la 1ère, Marie Capdeviolle, membre de l’association CapForm et Découverte, a rappelé l’importance de sensibiliser la population locale :

« La sauvegarde de la tortue imbriquée passe aussi par les témoignages des habitants, qui nous permettent de mieux comprendre ses déplacements et ses habitudes. »

Marie Capdeviolle - CAPFORM et DECOUVERTE

Son intervention s’inscrit dans le cadre du projet IMAPCS (Imbriquée du Pacifique Sud), financé par l’Union européenne via le programme BEST Life 2030. L’objectif : approfondir les connaissances scientifiques sur cette espèce et renforcer son suivi dans la région. Depuis le 26 août et jusqu’au 3 septembre, CapForm et Découverte, en partenariat avec le service de l’environnement, anime une tournée de conférences dans les villages sous le thème « Devenez observateurs du réseau tortues marines », pour impliquer les habitants dans la préservation de ce patrimoine naturel exceptionnel.

Conférence au fale fono de Lavegahau, sur la protection des tortues imbriquée. Très riche et constructive. · ©WF la 1ère
Conférence au fale fono de Lavegahau, sur la protection des tortues imbriquée. Très riche et constructive. · ©WF la 1ère

Une espèce fragile, un cycle de vie exigeant

La tortue imbriquée est particulièrement vulnérable à cause de son rythme de reproduction :

• Une femelle dépose en moyenne 100 œufs par nid, parfois jusqu’à 250.

• Elle peut pondre plusieurs fois par saison, à intervalles de 15 jours.

• Mais seuls 1 % des jeunes survivent : pour 1 000 œufs pondus, une seule tortue atteindra l’âge adulte.

• La maturité sexuelle n’est atteinte qu’au bout de 10 à 20 ans, ce qui accentue la fragilité de l’espèce.

PETITES TORTUES EMERGEANTES · ©WF la 1ère
PETITES TORTUES EMERGEANTES · ©WF la 1ère

Un enjeu culturel et local

À Wallis et Futuna, la tortue a longtemps été consommée, notamment lors de cérémonies coutumières. Certains continuent encore aujourd’hui, même si sa pêche est fortement déconseillée depuis plusieurs années. Au-delà de son rôle alimentaire, la tortue est surtout considérée comme un animal noble, voire royal, ce qui renforce son importance symbolique sur le territoire.

« Sensibiliser et éduquer, c'est le travail de tous. Si nous voulons transmettre aux générations futurs un environnement que nous connaissons actuellement, leur donner la chance d'avoir des tortues dans le lagon. »

Eva, Chef de Village de UTUFUA · ©Wallis et futuna la 1ère

C’est pourquoi les associations insistent sur la sensibilisation des pêcheurs et des communautés villageoises. L’enjeu est de trouver un équilibre entre traditions et sauvegarde d’une espèce menacée, afin d’éviter sa disparition définitive du territoire.

Le reportage télévisée, sur les menaces pour les tortues imbriquée sur le territoire.

Reportage de Leone Vaitanoa et Youssrah Mahadali · ©Wallis

Par  Youssrah Mahadali

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