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Des turbulences de plus en plus fréquentes, conséquence du changement climatique

Le 11 septembre, le vol Air France AF771 reliant la Guadeloupe à la capitale a connu de violentes secousses en plein service du repas. Trois membres d’équipage et un passager ont été blessés. Un épisode impressionnant, qui illustre la hausse des turbulences sur les grandes routes aériennes.

Par  Ludivine Guiolet , Ronhy Malety , Yasmina Yacou

Plateaux-repas au sol, passagers secoués et une peur bien réelle dans la cabine. Le vol Air France AF771, parti de Pointe-à-Pitre pour relier Paris, le 11 septembre avec 494 passagers à bord, a traversé une zone de fortes turbulences alors que le service du dîner venait de commencer. Bilan : quatre blessés, dont trois membres d’équipage.

« Ils venaient de nous distribuer les repas et, en plein milieu, d’un coup, l’avion a fait comme une chute d’ascenseur. On a senti qu’il descendait brutalement. Tout le monde a été surpris. Il n'y avait pas de turbulences avant. Les plateaux ont volé, mes fesses se soulevaient du siège. Heureusement que j’avais ma ceinture »

Anne Chalançon, passagère

« La sensation était super forte. J’avais l’impression d’avoir les fesses qui se décollaient du siège. C’était assez désagréable et, quelques secondes après, une deuxième turbulence est intervenue. J’ai même demandé à mon voisin d’un côté si c’était le moment de faire notre signe de croix. »

Willy Dabriou, passager

Et ce n’est pas un cas isolé. Depuis quelques années, les turbulences sont en augmentation sur les grandes routes aériennes. Certaines sont invisibles et impossibles à prévoir. Selon Patrick Moutou, ancien pilote de ligne, le vol du 11 septembre a probablement été confronté à ce qu’on appelle une turbulence en ciel clair. L'ancien pilote de ligne à la retraite, en a fait l’expérience à de nombreuses reprises au cours de sa carrière.

« On a sur les cartes météo, parce qu’on sait ce qui provoque un peu ces turbulences en ciel clair, ce sont des différences de températures entre des masses d’air. Comme on connaît, on a une prévision sur les températures, on peut prévoir un peu ces turbulences en ciel clair, mais quelquefois, non, et elles peuvent arriver de manière subite, et on y rentre dedans. Je pense que c’est le cas qui s’est produit sur ce vol du 11 septembre. »

Patrick Moutou, pilote de ligne à la retraite

Le pilote rappelle qu’il existe en réalité plusieurs types de turbulences : celles liées aux nuages, aux reliefs, au sillage d’un autre avion.

Pour les professionnels, la règle est simple. Face à l'imprévu, la sécurité passe avant tout par le respect des consignes données à bord, notamment garder la ceinture attachée.

« On attache parce qu’on pense qu’il va y avoir une turbulence. Ensuite, les turbulences peuvent s’arrêter et on ne détache pas tout de suite les passagers parce qu’on n’est pas encore sûrs qu’on soit bien sortis de la zone de turbulences; »

Patrick Moutou, pilote à la retraite

Plusieurs centaines de passagers sont blessées chaque année dans le monde à cause des turbulences. Des secousses qui, selon les études, devraient devenir plus fréquentes et plus fortes avec le changement climatique. Mais que les passagers se rassurent, les avions sont conçus pour y résister et les pilotes, formés pour y faire face.

Par  Ludivine Guiolet , Ronhy Malety , Yasmina Yacou

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Émission du samedi 03 octobre 2026

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