C'est un jour dont la Guyane se souvient encore. Le 8 avril 2024, Hélène Tarcy Cétout, 34 ans, est agressée par un homme non loin de son officine à Saint-Laurent du Maroni. Le meurtre de cette mère de famille, docteur en pharmacie et pompier volontaire, suscite de nombreuses réactions jusqu'à la sphère politique. C'est une vie d'engagements et de projets fauchée par la violence.
"Les choses avancent petit à petit mais pas assez vite"
Une violence omniprésente en Guyane, que les professionnels de santé dénoncent au lendemain de ce drame et aujourd'hui encore. José Manantsara est pharmacien et président de l'Union Régionale des Professionnels de Santé des Pharmaciens en Guyane. Selon lui, en ce qui concerne la mise en place de dispositifs de sécurité pour protéger ces professionnels, "il y a des freins, les choses avancent petit à petit mais pas assez vite".
Depuis le meurtre d'Hélène Tarcy Cétout, il y a eu des formations avec la gendarmerie et la police pour savoir comment prévenir une agression et comment réagir face à cette situation. "Ça a été mis en place sur Cayenne mais pas en Guyane", précise toutefois le pharmacien. Il existe aussi un bouton "panique" à l'intérieur des pharmacies. Il sert à prévenir le centre de contrôle de surveillance.
« À notre niveau on a fait des demandes, on nous a dit que certains dispositifs étaient compliqués à mettre en place [...] Nous sommes des professions exposées, c'est un métier public. Vous êtes connus dans la ville, ils connaissent vos habitudes, etc. La première formation a permis d'apprendre à prévenir en amont, à changer nos habitudes. »
José Manantsara, pharmacien et président de l'URPS des Pharmaciens en Guyane
Il ajoute : "Ce que je trouve dommage, c'est la banalisation de la violence et de l’insécurité. Ça touche toute la société. C'est devenu une fatalité alors que ça ne doit pas être banal. Il faut combattre l'insécurité de plusieurs manières. Il faut répondre aux maux qui entraînent ça et agir sur les causes."
"Je n'ai pas de colère [...] je suis peinée et attristée de ne plus voir ma femme"
Hélène Tarcy Cétout était une femme avec une vie bien remplie, une compagne et mère de quatre enfants. Aujourd'hui, "je n'ai pas de colère, je refuse tout sentiment négatif, je suis peinée et attristée de ne plus voir ma femme, c'est un sentiment de tristesse", confie son compagnon, Judicaël Tarcy. Il se console notamment à travers les hommages rendus à Hélène.
Le 8 mars 2025, la Collectivité territoriale de Guyane a voulu honorer sa mémoire. Une stèle a été érigée son honneur et le planning familial de Saint-Laurent-du-Maroni porte désormais son nom.
« Je suis content de voir ce qu'elle a laissé comme image après son passage à Saint-Laurent du Maroni, que ça a touché beaucoup de personnes, je suis content de la reconnaissance qu'il y a eu envers elle. »
Judicaël TARCY
Justement, un temps de recueillement est prévu ce mardi 8 avril à 8h00, sur les lieux du drame. "Le recueillement se fera en petit comité, à la demande de la famille et des proches. C'est pour ne pas oublier. C'était une Guyanaise qui voulait rendre la Guyane meilleure", ajoute José Manantsara.
"Tout est entre les mains de la juge d'instruction"
Pour rappel, l'auteur présumé du meurtre d'Hélène Tarcy Cétout est un homme âgé de 35 ans, né à Kourou et sans domicile fixe à Saint-Laurent du Maroni. Il a été interpellé en avril 2024, dans les jours suivant le drame. "Il y aura un procès, tout est entre les mains de la juge d'instruction", déclare Judicaël Tarcy.
Par Ludmïa Lewis
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