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Lauréline Fontaine, une spécialiste de la Constitution pour accompagner le choix de la Guyane

Le congrès des élus de Guyane a été clair. Pas question de rester dans un débat entre les articles 73 et 74 de la Constitution en vue de l'évolution statutaire de la Guyane. Les Guyanais veulent du neuf avec l'ajout d'un titre spécifique de la table des lois de la république. Un article qui doit dire clairement le type et le niveau d'autonomie retenus. C'est là qu'intervient Laureline Fontaine.

Par  Bertrand Villeneuve

Lauréline Fontaine, constitutionnaliste, professeur de doit public à Sorbonne nouvelle. · ©Guyane la 1ere
Lauréline Fontaine, constitutionnaliste, professeur de doit public à Sorbonne nouvelle. · ©Guyane la 1ere

La particularité de la constitutionnaliste qu'est Lauréline Fontaine, est que son savoir et ses analyses nous emmènent quelque part, en un lieu que nous ne soupçonnions pas au regard de la pensée commune à propos de la Constitution. Par exemple dans un ouvrage paru en début d'année, "la constitution au 21ème siècle", elle explique selon son éditeur que "les textes constitutionnels n'ont jamais eu les vertus qu'on leur prête : plutôt que de favoriser le progrès social et l'égalité, ils ont le plus souvent été des outils de domination".

Poursuivons avec ce regard de son éditeur, Amsterdam, "Lauréline Fontaine propose dans cet ouvrage une critique novatrice de ce fondement des sociétés libérales. Elle montre que l'ère de l'homo constitutionalis, entamée aux XVIIIème siècle, est celle de la foi dans une religion qui desert le plus grand nombre, en maintenant les peuples à distances de l'exercice du pouvoir".

Quel rapport avec la Guyane ?

Le débat institutionnel est plus vivace que jamais au sein de la classe politique locale. En tout cas poussée par l'ardeur de certains partis, la collectivité territoriale de Guyane, la CTG, semble déterminée (par la force des choses ?) à faire avancer le choix arrêté par le le microcosme politique local, au terme d'un travail de plusieurs mois et validé par le congrès des élus de Guyane.

Il ne s'agit plus seulement d'une large autonomie basée sur les articles existants de la constitution française. La Guyane veut un article spécial lui ouvrant un large panel de possibilités en termes d'autonomie, dans le cadre de la république, qui n'existe pas actuellement dans la table des lois de ladite république.

Pour cela, il faut convaincre le gouvernement… Opération lancée lors de la visite du ministre des outre mer, Manuel Valls qui a longuement rencontré les élus dans une configuration congrès. Malgré des annonces de rendez-vous, notamment avec le président de la république, rien ne dit que la détermination guyanaise sera d'emblée partagée.

Pour convaincre, en tout cas mettre toutes les chances de son côté, la CTG a fait appel à une constitutionnaliste, professeure de droit public à la Sorbonne nouvelle : Lauréline Fontaine, une dame qui a passé sa vie à étudier les constitutions. Elle va accompagner les élus pour qu'ils aient l'argumentaire le plus précis possible et même une écriture, sans défaut, du titre propre à la Guyane, qu'ils veulent voir inscrire dans le saint des saints.

Par  Bertrand Villeneuve

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