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Sexualité dans les outre-mer: moins de contraception et une couverture vaccinale insuffisante

La santé sexuelle dans les outre-mer révèle des "difficultés persistantes dans l'accès à la prévention et aux soins", selon une enquête publiée mardi 14 avril par l'Inserm, qui constate une contraception insuffisante, une couverture vaccinale lacunaire et un niveau de violences sexuelles élevé dans les quatre DROM étudiés.

Par  Megan Bourdon-Cohen AFP

Le préservatif est un moyen de contraception qui protège également des infections sexuellement transmissibles. · ©Canva
Le préservatif est un moyen de contraception qui protège également des infections sexuellement transmissibles. · ©Canva

Volet ultramarin de l'enquête nationale sur les sexualités en France publiée en 2024, cette étude a recueilli les réponses de 10 259 ultramarins de 15 à 89 ans en Guyane, Guadeloupe, Martinique et La Réunion. Mayotte n'ayant pu être incluse.

Une contraception moins utilisée que dans l'hexagone

Selon les résultats, entre un quart et un tiers des femmes concernées par la contraception n’y recourent pas, une proportion « très largement supérieure » aux 9 % observés en France hexagonale.

En Guadeloupe, ce taux atteint 35,1 % chez les 18-29 ans. Dans le même temps, entre 29 % et 37,2 % des femmes déclarent que leur dernière grossesse n’était pas souhaitée, dans un contexte de fort recours à l’IVG dans les territoires ultramarins.

Une couverture vaccinale contre le HPV préoccupante

Autre point d’alerte : la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV).

Chez les femmes de 18 à 29 ans, la couverture ne dépasse pas 27,9 % dans le meilleur des cas (à La Réunion). Chez les jeunes hommes, elle plafonne à 18,9 %.

Des niveaux jugés « nettement inférieurs » à ceux de l’Hexagone, qui restent eux-mêmes en deçà de l’objectif national fixé à 80 %.

Le préservatif encore trop peu utilisé

Le recours au préservatif reste également insuffisant dans les DROM. L’étude indique qu’il est utilisé dans moins de 55 % des cas lors d’un premier rapport avec un nouveau partenaire, quel que soit le sexe ou le territoire.

Des violences sexuelles à un niveau élevé

Les chiffres sur les violences sexuelles sont particulièrement marquants.

Entre 22,7 % des femmes à La Réunion et 28,7 % en Guyane déclarent avoir subi un viol ou une tentative au cours de leur vie. Cette proportion dépasse même un tiers chez les 18-29 ans.

L’étude souligne toutefois que cette hausse peut aussi s’expliquer par une meilleure reconnaissance et une plus grande déclaration de ces violences, longtemps restées sous silence.

Des évolutions dans les comportements sexuels

Les résultats mettent également en évidence une remontée de l’âge au premier rapport sexuel depuis 2008 dans tous les DROM, sauf en Guyane, où l’entrée dans la sexualité reste plus précoce (17,4 ans pour les femmes et 15,7 ans pour les hommes).

Par ailleurs, les jeunes générations tendent davantage à « s’affranchir de l’hétéronormativité ». Jusqu’à une femme sur trois parmi les 18-29 ans déclare une attirance ou des pratiques avec des personnes de même sexe.

L’acceptation sociale de l’homosexualité reste toutefois plus faible que dans l’Hexagone.

Adapter les politiques de prévention aux réalités locales

Pour Emmanuelle Rachou, il est essentiel de prendre en compte les spécificités locales :

« Chaque territoire est différent, de par son histoire, ses caractéristiques sociodémographiques ».

Elle appelle ainsi à développer « des stratégies de prévention adaptées aux réalités de chaque territoire » et à ne pas considérer les DROM comme un ensemble homogène.

Par  Megan Bourdon-Cohen AFP

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